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Les fjords de la Colombie-Britannique explorés comme jamais

Un sébaste à dos épineux
Un sébaste à dos épineux Photo: Central Coast Indigenous Resource Alliance (CCIRA)
Radio-Canada

Des dizaines de scientifiques vont explorer les fonds marins de la côte centrale de la Colombie-Britannique pour mieux protéger la biodiversité des océans et par ricochet les poissons.

Un texte de Noémie Moukanda

Cette semaine, des chercheurs, dont l’exploratrice Alexandra Cousteau, plongeront à plus de 200 mètres pour explorer les différents habitats des fjords du bras de mer Kynoch, du passage Seaforth et du détroit de Fitz Hugh Sud.

Cette expédition organisée du 7 au 14 mars est un partenariat entre les scientifiques, Pêches et Océans Canada et des Premières Nations de la côte centrale de la Colombie-Britannique.

Un navire de la Garde côtière canadienneLe navire de la Garde côtière canadienne sur lequel l'expédition sous marine part Photo : Pêches et Océans Canada

Kim Juniper, professeur en sciences marines à l’Université de Victoria et chef scientifique d’Ocean Networks Canada, partenaire dans cette expédition, parle de ce projet pilote comme une première au Canada. La base des opérations se situe à Bella Bella, mais le parcours comprend neuf grands arrêts. Il y aura « beaucoup de mouvements », dit M. Juniper, vu l’ampleur de cette aventure et les dizaines de personnes qui la constituent.

Une caméra robotique sous-marineLa caméra robotique qui sert dans l'expédition sous-marine de la côte centrale de la C.-B. Photo : Ocean Networks canada

Dès dimanche, les explorateurs feront plusieurs plongées par jour. Lundi, les chercheurs diffuseront en direct sur les réseaux sociaux leur exploration des zones marines plus ouvertes que les fjords. Ils nageront dans des eaux profondes qui regorgent de coraux et d’éponges, précise M. Juniper, mais aussi de fausses étoiles de mer ou encore de sébastes.

Ces explorations permettent d’identifier des zones riches en biodiversité qu’on veut protéger. Mais il faut savoir ce qu’il y a là avant de déterminer que c’est une zone à protéger.

Kim Juniper, professeur en sciences marines à l'Université de Victoria et chef scientifique d'Ocean Networks Canada

Exploitation des connaissances autochtones

Les Premières Nations de Heiltsuk et Kitasoo/Xai’xais jouent le rôle de boussole dans cette expédition. Avec leurs connaissances des lieux, les peuples autochtones vont indiquer aux scientifiques où chercher avec la caméra robotique les récifs d’éponges, uniques aux eaux côtières de la Colombie-Britannique, précise M. Juniper, mais aussi des coraux d’eau profonde et de récifs rocheux et de poissons.

Nous arrivons dans ces zones-là avec des technologies super puissantes et nous ne savons pas vers où les pointer.

Kim Juniper, profeseur en sciences marines à l'Université de Victoria et chef scientifique d'Ocean Networks Canada
Un corail avec des étoiles de merUn corail avec des étoiles de mer Photo : Tunnicliffe, UVic, CCSF, Pêches et Océans Canada

Impact pour l’être humain

Selon le scientifique, 30 % des protéines que nous mangeons dépendent de la biodiversité de la mer. Kim Juniper explique que « pour pouvoir exploiter des stocks de poissons, de coquillages et de fruits de mer, il faut un écosystème en santé ». Il ajoute que « pour ce faire, il faut beaucoup d’espèces différentes qui contribuent à des fonctions diverses à l’écosystème ».

C’est urgent que la science et nos sociétés en apprennent plus sur les composantes qui font la biodiversité dans les océans et comment cela fonctionne ensemble pour notre survie.

Kim Juniper, profeseur en sciences marines à l'Université de Victoria et chef scientifique d'Ocean Networks Canada

Cette compréhension de la biodiversité permet de conserver une partie de l’alimentation des êtres humains, mais sert aussi dans l’exploitation de la biotechnologie avec la fabrication de certains médicaments notamment.

Un récif d'éponges siliceusesUn récif d'éponges siliceuses Photo : Pêches et Océans Canada

Cette expédition rentre dans le cadre de l’engagement que le Canada a pris en ce qui concerne la conservation de la biodiversité (Nouvelle fenêtre). Ottawa s’est, entre autres, engagé à protéger au moins 10 % des zones côtières et marines d’ici 2020 en créant des aires marines protégées. « On a encore du chemin à faire », lance le scientifique de l'Université de Victoria. Cependant, il est crucial « d’assurer la stabilité des écosystèmes exploités ».

Kim Juniper déclare que cette expédition est « le début d’un programme qui ouvre la porte à d’autres collaborations ».

Colombie-Britannique et Yukon

Protection des écosystèmes