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Un centre de consommation contrôlée d’alcool pour les itinérants ouvrira à Montréal d'ici 2020

Le reportage de Jacaudrey Charbonneau
Radio-Canada

Comme l'avait révélé Radio-Canada, la Ville de Montréal compte ouvrir, d'ici 2019 ou 2020, un service de refuge pour itinérants qui permettra la consommation d'alcool. L'administration de Valérie Plante en a fait l'annonce mercredi.

Aussi appelé « wet shelter », ce centre de consommation contrôlée d’alcool permettra d’aider les personnes en situation d’itinérance à réduire et à contrôler leur consommation, a expliqué la Ville de Montréal.

Ces personnes pourront ainsi être « ailleurs que dans la rue », a indiqué le commissaire aux personnes en situation d'itinérance de la Ville de Montréal, Serge Lareault.

Alors que l’administration espère une ouverture d’ici 2020, ce dernier mise sur un lancement en 2019.

« Il y a des clientèles qui ne vont pas dans les refuges », a repris Serge Lareault. « On a fait des entrevues dans les parcs, dans les espaces publics avec eux, et la grande majorité nous [a] dit que c'était la toxicomanie, l'alcoolisme, les troubles de santé mentale qui font qu'elles ne peuvent être enfermées pendant 10 heures dans un refuge. Elles ont besoin d'un lieu adapté à leur [état]. »

La Ville de Montréal n’a en revanche pas précisé si le refuge pourra fournir, lui-même, de l’alcool aux personnes dépendantes.

Accueil favorable

Cette idée avait initialement été proposée par l’ancien maire Denis Coderre, au cours de la dernière campagne électorale municipale.

Le chef de l’opposition, Lionel Perez, ancien homme fort de l’administration Coderre, a appuyé la position de la nouvelle équipe municipale.

« Mme Plante n’a pas cherché à faire table rase du passé. Elle s’est appuyée sur le travail de concertation avec le milieu débuté dès 2016 », a-t-il assuré par voie de communiqué. « Ce sont de bonnes nouvelles pour Montréal. »

Cette nouvelle a également séduit le directeur général de l’Accueil Bonneau, Alain Boudreau. Celui-ci s’est dit « charmé » et « séduit » par cette idée.

D'autres mesures annoncées

Ce projet fait partie intégrante d’un vaste plan d’action pour la période 2018-2020, dévoilé mercredi par la mairesse Valérie Plante.

Un budget de 7,8 millions de dollars y sera consacré afin de réaliser une quarantaine d’actions.

Parmi elles, il y a notamment un nouveau dénombrement des personnes en situation d’itinérance, prévu ce printemps.

Un premier décompte avait été mené en 2015. Près de 3000 personnes vivant dans la rue avaient été répertoriées, mais ce chiffre avait été décrié par plusieurs organismes, qui évoquaient des données nettement plus élevées.

C’est un plan très ambitieux, mais on aime les défis.

Valérie Plante, mairesse de Montréal

La Ville compte aussi créer 950 logements sociaux et communautaires d’ici 2021, qui seront réservés aux personnes en situation d’itinérance ou à risque de le devenir. Au moins une centaine de chambres ou de studios devraient également voir le jour.

Des centres d’accueil hors du centre-ville seront développés, a promis l’administration, afin de mieux répondre aux besoins actuels.

« On va être au centre-ville, mais on va aller partout dans la ville », a spécifié Valérie Plante. « L’itinérance, il y en a qu’on voit, mais il y en a beaucoup qui est cachée. Souvent, c’est dans les arrondissements. On est là pour bien comprendre ce qui se passe, puis donner des ressources. »

Des toilettes publiques seront également installées dans les arrondissements, avec des points d’accès à l’eau, et des formations seront offertes aux employés municipaux, notamment aux agents du Service de police de la Ville de Montréal et aux inspecteurs de la Société de transport de Montréal.

Avec les informations de La Presse canadienne

Grand Montréal

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