•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Francophonie ontarienne : une rupture entre les organismes et les communautés?

Didier Marotte

Didier Marotte, directeur général du Centre communautaire francophone de Windsor-Essex-Kent

Photo : Radio-Canada / Carolle-Anne Levasseur-Tremblay

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Selon le directeur général du Centre communautaire francophone de Windsor-Essex-Kent, Didier Marotte, les organismes communautaires francophones de l'Ontario ont perdu contact avec leur communauté. Des propos qui ne font pas l'unanimité.

Un texte de Catherine Poisson

« Il faut vraiment savoir ce que la communauté veut, ce dont elle a besoin. C'est quelque chose que beaucoup d'organismes francophones de souche ne savent plus », a déclaré M. Marotte en entrevue à l'émission Matins sans frontières.

Posez la question à un directeur général : qu'est-ce que ta communauté veut? S'il est honnête, il va vous dire " je ne sais pas ".

Une citation de : Didier Marotte, directeur général du Centre communautaire francophone de Windsor-Essex-Kent

« Toutes nos organisations font des choses par habitude, parce qu'elles ont été créées il y a des décennies et on ne s'est pas vraiment adapté au changement de société et de clientèle », estime M. Marotte.

Il est vrai que la communauté francophone n'est plus la même qu'il y a 20 ans, confirme le professeur de gestion et de droit à l'Université d'Ottawa, Gilles LeVasseur.

Aujourd'hui, les jeunes qui poursuivent leurs études jusqu'à l'université tendent à se déplacer vers les centres urbains, tandis que les régions accueillent des populations immigrantes pour qui l'aspect linguistique n'est pas aussi important que l'accès à l'emploi, explique le professeur.

Un manque de financement qui pèse lourd

Or, si certains organismes se sentent déconnectés de cette nouvelle réalité, ce n'est pas par manque de volonté, mais plutôt de ressources financières, affirme le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO), Carol Jolin.

« Avec ce qu'on a vécu au cours des 10 dernières années, c'est-à-dire un gel total des subventions pour ces organismes, cela fait en sorte qu'ils ont dû mettre du personnel à pied, cesser des activités et certaines ont même disparu », souligne le président.

Ça devient très difficile de déléguer des ressources humaines et financières pour aller prendre le pouls de sa communauté comme on voudrait le faire.

Une citation de : Carol Jolin, président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario
Le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, Carol JolinAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, Carol Jolin

Photo : Radio-Canada / Julie-Anne Lamoureux

Il se dit néanmoins optimiste pour l'avenir, précisant que le dernier budget fédéral comprend une bonification de 400 millions de dollars pour les langues officielles. Une enveloppe dont dépend le financement de nombreux organismes communautaires.

Il faudra toutefois attendre le 1er avril pour savoir exactement quel pourcentage de cette somme reviendra aux organismes francophones de l'Ontario.

L'union fait la force

Outre le manque d'argent, M. LeVasseur observe également un manque de communication entre les organismes régionaux et provinciaux.

« Quand on arrive dans certaines régions, on n'a pas nécessairement articulé les mêmes préoccupations et stratégies qu'au provincial et souvent c'est ça le problème, la communication ne s'est pas faite », explique-t-il.

Cette collaboration est d'autant plus importante que les organisations provinciales, comme l’AFO, sont les principaux porte-parole des organismes francophones auprès du gouvernement.

Ce qu'on voit c'est un discours de découragement, parce qu'on n'a pas ces relations, on n'a pas de moyens et on ne sait plus où on s'en va.

Une citation de : Gilles LeVasseur, professeur de gestion et de droit à l'Université d'Ottawa

Pourtant, le président de l'AFO assure que beaucoup de travail est fait pour assurer cette communication.

« Je pense par exemple aux tables de concertation régionale. La table du sud-ouest est celle où on a la meilleure participation en province. Ça permet aux organismes de se concerter autour du plan stratégique communautaire de l'AFO », affirme M. Jolin.

L'exemple de Thunder Bay

Dans le nord-ouest de la province, sept organismes sont regroupés depuis 2000 au sein de la Coopérative du regroupement des organismes francophones de Thunder Bay.

« Nous étions tous isolés, avec des budgets restreints et des ressources limitées, alors en nous mettant ensemble, on a vu une croissance des résultats de nos organismes », affirme la présidente de la Coopérative, Claudette Gleeson.

En plus de pouvoir partager leurs ressources, cette décision a permis aux organismes de maintenir une bonne communication et d'éviter « de se marcher sur les pieds ».

On est trop petits pour être en compétition l'un contre l'autre.

Une citation de : Claudette Gleeson, présidente de la Coopérative du regroupement des organismes francophones de Thunder Bay

La Coopérative tient aussi des consultations auprès de la population à chaque deux ou trois ans.

« Communication, communication, communication. C'est toujours de s'assurer qu'on rejoint les gens qui doivent l'être et qu'on satisfait leurs besoins », conclut Mme Gleeson.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !