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Best Buy espionnerait des ordinateurs pour le FBI depuis 10 ans

Un magasin Best Buy

Un magasin Best Buy

Photo : La Presse canadienne / Alan Diaz

Radio-Canada

La police fédérale américaine se servirait du programme de réparation d'ordinateurs de Best Buy pour mener des enquêtes criminelles depuis au moins une décennie, selon des documents obtenus par une organisation de défense des droits et libertés américaine. Ces méthodes d'enquête contreviendraient au quatrième amendement de la Constitution américaine.

D’après les documents remis à l’Electronic Frontier Foundation (EFF) à la suite d’une demande d’accès à l’information, le Federal Bureau of Investigation (FBI) aurait payé des employés de Geek Squad, le programme de réparation d’ordinateurs de Best Buy, pour dénoncer les gens possédant des contenus informatiques potentiellement illégaux.

L’histoire remonterait au moins à septembre 2008, lorsque le FBI a été invité à visiter le centre de réparation de Best Buy (Nouvelle fenêtre) à Brooks, au Kentucky. Ce centre, qui s’occupe de la plupart des ordinateurs vendus au centre et dans l’est des États-Unis, répare plusieurs milliers d’appareils chaque jour.

Le même document indique qu’en 2008, le FBI entretenait déjà une relation de proximité avec l’équipe de direction de Geek Squad dans le but d’amorcer des enquêtes.

500 $ pour une dénonciation

Par la suite, le FBI aurait commencé à payer certains employés de Geek Squad qui lui fournissaient des informations personnelles trouvées dans les ordinateurs des clients de l’entreprise.

Cette façon de faire irait à l’encontre des lois américaines, puisque le FBI aurait ainsi accès à des informations personnelles sans avoir de mandat, explique l’EFF tout en soulignant qu’un flou législatif entoure cette question.

Selon les documents, le FBI a parfois demandé l’émission d’un mandat pour fouiller des disques durs, mais seulement après avoir saisi ceux-ci à la suite d’une dénonciation par un employé de Best Buy.

Toujours selon l’EFF, un reçu de paiement de 500 $ (Nouvelle fenêtre) adressé à un employé de Geek Squad serait lié à la poursuite contre Mark Rettenmaier, un oncologue californien accusé de possession de pornographie juvénile. Les fichiers compromettants auraient été découverts par un employé de Geek Squad et remis au FBI sans mandat.

Libre arbitre ou incitation à dénoncer?

Certains documents obtenus par l’EFF semblent indiquer que les employés de Geek Squad n’avaient pas pour instructions de chercher activement des fichiers illégaux sur les ordinateurs de leurs clients.

Or, en se basant sur des informations du Washington Post (Nouvelle fenêtre), l’organisation de défense des droits et libertés souligne qu’une image trouvée sur l’ordinateur de Mark Rettenmaier se trouvait sur l’espace non alloué du disque dur et qu'un logiciel spécial est nécessaire pour y accéder.

Le fait de récompenser financièrement certains employés de Geek Squad pour leurs dénonciations serait aussi comme un encouragement implicite à chercher des fichiers illégaux, avance l’EFF.

L’organisation précise que le FBI a refusé d’indiquer s'il a des ententes similaires avec d’autres entreprises.

Best Buy se défend

Dans une déclaration envoyée au site ZDNet, un porte-parole de Best Buy a indiqué que l’entreprise avait une obligation morale et parfois légale de dénoncer la présence de pornographie juvénile sur les ordinateurs de ses clients. Selon ce porte-parole, les clients sont informés de cette politique avant le début des réparations.

« Comme nous l’avons dit il y a plus d’un an, nos employés de réparation de Geek Squad découvrent ce qui ressemble à de la pornographie juvénile sur les ordinateurs de clients plus de 100 fois par an, a expliqué ce porte-parole. Nos employés ne recherchent pas ce type de contenu; ils les découvrent par inadvertance en tentant de confirmer qu’ils ont récupéré les données perdues d’un client. »

Best Buy se défend d’avoir cherché à recevoir ou d’avoir reçu une formation de la part des forces de l’ordre pour trouver de la pornographie juvénile. L’entreprise dit par ailleurs que ses règles interdisent à ses employés d’effectuer des manipulations non nécessaires à la réparation sur l’ordinateur d’un client.

« Nous avons appris que quatre employés pourraient avoir reçu un paiement après avoir remis de la pornographie juvénile alléguée au FBI. Toute décision d’accepter ce paiement reflétait un mauvais jugement et allait à l’encontre de notre formation et de nos politiques. Trois de ces employés ne font plus partie de notre entreprise et le quatrième a été réprimandé et réaffecté. »

Avec les informations de The Washington Post, CNet, et ZDNet

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