•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Écrivain public : une deuxième saison et un message d’espoir

Trois personnage de la série <i>Écrivain public</i> sont assis dans des estrades en regardant le ciel, ébaubis.
Emmanuel Schwartz incarne de nouveau un écrivain public pour personnes analphabètes dans la série de TV5. Photo: TV5
Radio-Canada

Mathieu, l'écrivain public, et les habitués d'un centre communautaire montréalais sont de retour, mercredi, sur le site de TV5. La deuxième saison de la websérie basée sur le roman de Michel Duchesne garde son objectif politico-social, soit celui de montrer les dégâts immenses de l'analphabétisme, sans laisser entrevoir des jours meilleurs.

Il y a eu le poids des mots, ceux d’un premier roman très réussi, sorti en 2016. En décrivant sa propre expérience d’écrivain public et le quotidien de personnes en détresse dans un centre communautaire d'Hochelaga-Maisonneuve, Michel Duchesne a montré combien la non-maîtrise de l’écriture et de la lecture plongeait des milliers de femmes et d'hommes dans une terrifiante misère sociale.

Le texte avait été précédé par la force des images, avec une websérie scénarisée par l’auteur et mise en ligne sur tv5.ca, à la fin de 2015, puis sur ICI Tou.tv quelques mois plus tard. Le temps de neuf courts épisodes, Emmanuel Schwartz y a revêtu les habits de l’écrivain militant, sous la direction d’Hervé Baillargeon.

Quelque deux ans plus tard, l’acteur – vu entre-temps dans les séries Trop et Lâcher prise – est de retour pour une deuxième saison, entouré d’une myriade de partenaires (dont Ève Duranceau, Johanne Fontaine et Luc Senay). Le nouveau réalisateur, Éric Piccoli, également coproducteur et coscénariste, concentre son propos sur cinq épisodes d’une vingtaine de minutes.

L’univers reste le même, tout comme la problématique. En entrevue, Michel Duchesne rappelle qu’environ un Québécois sur deux serait analphabète fonctionnel, ne maîtrisant pas l’écriture ou la lecture d’un article.

Une situation explosive

« Les milieux communautaires n’ont pas les moyens pour tout faire » face à la situation, a indiqué le romancier dans une entrevue accordée mardi à Gravel le matin. Michel Duchesne y a dénoncé également les compressions budgétaires, qui ne font, selon lui, que rendre la situation explosive, tant pour les associations que pour le système éducatif.

Devant ce défi immense, il compare les personnes engagées, tel l’écrivain public, à « la résistance à l’époque des guerres ». Si la série montre une réalité lourde, elle met de l’avant aussi celles et ceux qui parviennent à s’en sortir. « Il y a la lumière en bout de ligne », veut croire Michel Duchesne.

Créer des vocations

L’auteur souhaite aussi que la deuxième saison de la série crée des vocations, permettant à quelques-uns de passer « du cynisme à l’action ». Qui sait, Écrivain public pourrait même permettre à l’analphabétisme de devenir un sujet de société prioritaire.

Emmanuel Schwartz va dans le même sens. « On espère toujours que la fiction puisse trouver un écho, servir à une sensibilisation, à une ouverture d’esprit concernant le sujet », a-t-il expliqué à René Homier-Roy, dimanche dernier, dans l’émission Culture club.

Séries télé

Arts