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Légalisation du cannabis : les écoles seront-elles prêtes?

Les récoltes annuelles d'un producteur de cannabis

La légalisation du cannabis doit avoir lieu cet été.

Photo : Radio-Canada / Pascal Robidas

Radio-Canada

La légalisation du cannabis aura lieu dans quelques mois et amène avec elle son lot de défis. Les écoles sont-elles prêtes à cette légalisation? La question a été posée aux conseils scolaires français du sud de l'Ontario.

Le conseil scolaire francophone Viamonde répond que le ministère de l'Éducation de l'Ontario attendait que la loi soit officiellement adoptée au niveau fédéral. Ce sera seulement à ce moment-là que les ressources et un appui seront offerts aux conseils scolaires.

Est-ce que le gouvernement ontarien va s'y prendre trop tard pour commencer à former le personnel des écoles?


D'après une entrevue de Marjorie April avec la criminologue Line Beauchesne de l'Université d'Ottawa


Mme Beauchesne estime que la situation n'est pas simple : il faut que tout le monde ait reçu le même message, or tant que la réglementation n'est pas adoptée, il manque des éléments de réponse. « Mais on pourrait déjà, il me semble, outiller les parents. Les parents n'ont pas nécessairement les formations », ajoute-t-elle.

La criminologue rappelle que les produits seront totalement différents, « les vapoteuses sont ce qu'il y a de plus populaire aux États-Unis, parce que c'est beaucoup mieux pour la santé, car fumer de l'herbe séchée c'est très nocif pour les poumons ». Il s'agit déjà d'un message « simple » selon elle, qui pourrait être véhiculé aux parents.

Le premier message et qu'on pourrait transmettre très tôt c'est la notion de dépendance. On peut déjà très tôt avec un enfant on peut lui expliquer qu'il peut avoir des problèmes de dépendances, comme au jeu ou autre chose.

Line Beauchesne, criminologue à l'Université d'Ottawa

Elle cite en exemple le cas de la jeune fille décédée près d'une école secondaire de Laval après avoir ingéré de l'alcool ou d'autres substances. « Il y a très peu de prévention qui existe là-dessus. On peut déjà préparer le terrain, on n'a pas besoin d'attendre la réglementation, quitte à compléter ensuite », estime-t-elle.

L'étiquetage

La criminologue rappelle par ailleurs que l'on sait déjà que sur tous les produits il y aura des indications précises : taux de THC et le taux de CBD (un cannabinoïde présent dans le cannabis). « Les gens ne savent pas ce que c'est. On peut déjà apprendre aux gens à le lire. »

Selon Line Beauchesne, il y a une question financière derrière ces questions. « Le fédéral peut difficilement débloquer l'argent pour les provinces sur une loi qui n'est pas adoptée. Cela reviendrait à dire que le processus démocratique n'a pas lieu et que la loi va être de toute façon adoptée. », souligne-t-elle.

Elle pose toutefois la question de savoir si les gouvernements provinciaux doivent vraiment attendre cet argent du fédéral pour se lancer dans la prévention et en parler.

Il risque d'être trop tard si les écoles attendent l'été selon elle.

Écoutez l'entrevue avec Line Beauchesne en intégralité : Légalisation du cannabis et milieu scolaire

Gros plan sur les mains d'une femme qui roulent un joint

La préparation d'un joint

Photo : iStock / Instants

Réaction du ministère

De son côté, la porte-parole du ministère de l'Éducation de l'Ontario, Heather Irwin, rappelle que le gouvernement fédéral mène actuellement une campagne nationale de sensibilisation sur les risques de la consommation de cannabis pour la santé ainsi que la conduite automobile.

« Le gouvernement de l'Ontario appuiera la campagne du gouvernement fédéral et lancera sa propre stratégie d'information du public pour mieux faire connaître les règles spécifiques à notre province, dont les mesures de lutte contre la conduite avec les facultés affaiblies par les drogues, l'âge légal des consommateurs et les points de vente et lieux de consommation autorisés du cannabis », écrit-elle dans un courriel.

Elle ajoute que le ministère collabore déjà avec des groupes d'intervenants du secteur de l'éducation et des groupes communautaires pour élaborer les ressources nécessaires.

Mme Irwin cite par ailleurs les cours déjà existants pour sensibiliser les jeunes, comme le programme-cadre d'éducation physique et santé de la province qui aborde la consommation de substances, l'alcoolisme et la toxicomanie. Le ministère examine actuellement les possibilités de révisions à apporter au curriculum.

Toronto

Société