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La police avait interrogé McArthur des années avant son arrestation

Dessin de Bruce McArthur habillé en orange.

Bruce McArthur, lors de sa comparution en cour par vidéoconférence, le 28 février.

Photo : CBC/Pam Davies

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La police de Toronto a interrogé le présumé tueur en série Bruce McArthur des années avant son arrestation, selon une source policière proche de l'enquête. Les policiers auraient parlé à McArthur dans le cadre d'une enquête qui n'était pas liée aux deux enquêtes alors en cours sur les disparitions dans le quartier gai.

Ces deux enquêtes (connues aussi sous les appellations de Projet Houston et Projet Prism) ont été lancées respectivement en 2012 et en 2017 en réponse aux mystérieuses disparitions de plusieurs hommes dans le village gai de Toronto.

Selon la source policière, aucun policier lié à ces deux enquêtes ou à celle en cours sur Bruce McArthur n'a participé à cet interrogatoire. Celui-ci a eu lieu entre 2014 et 2017, selon cette source.

Plus tôt mercredi, le quotidien Toronto Star a rapporté que McArthur avait été interrogé en 2014, tandis que le Globe and Mail a affirmé que cela s'était passé en 2013.

Les deux publications citent des sources anonymes et disent que M. McArthur a ensuite été relâché sans accusation.

L'unité des normes professionnelles de la police de Toronto a depuis lancé une enquête interne sur la question, même si la police n'a pas confirmé qu'un interrogatoire avec McArthur avait bel et bien eu lieu par le passé. C'est le détective Hank Idsinga qui a demandé que cette enquête interne soit menée.

« Après l'arrestation de McArthur, les agents ont pris connaissance de renseignements liés à un incident distinct survenu après le projet Houston et avant le projet Prism », a indiqué la porte-parole de la police Meaghan Gray dans un courriel.

« Nous savons que cette information sera décevante pour certains membres de la communauté. En plus d'écouter leurs préoccupations, nous avons toujours dit que nous sommes ouverts à une enquête publique et le chef Saunders a déjà pris des mesures pour déterminer ce qui doit être examiné durant l'enquête en cours », précise-t-elle.

Bruce McArthur portant une veste, accoté sur le rempart de la promenade des chutes Niagara.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'accusé Bruce McArthur pose devant les chutes Niagara sur son compte Facebook.

Photo : La Presse canadienne / Facebook

Des révélations qui « n'étonnent pas » la communauté

La police de Toronto a commencé à enquêter sur les disparitions en 2012, mais a essuyé plusieurs critiques de la part de la communauté LGBTQ. Celle-ci estime que ses préoccupations au sujet d'un possible tueur en série n'ont pas été prises en compte assez tôt par les autorités.

Selon Nicki Ward, la directrice de l'Association du quartier Church-Wellesley, plusieurs membres de la communauté étaient déjà au courant depuis longtemps.

« Ce n'est pas une surprise. C'est un secret pour personne au sein de la communauté, que Bruce McArthur a été arrêté puis relâché », dit-elle.

La nouvelle vient exacerber la frustration de la communauté, selon elle, qui critique depuis longtemps le travail de policiers dans cette affaire. « C'est au moins encourageant de voir des preuves qui peuvent appuyer ce qu'on dit depuis le début. »

« Cela arrive souvent », dit un criminologue

Le criminologue à la Western University Michael Arntfield rappelle quant à lui le cas du tristement célèbre violeur et tueur Paul Bernardo. Ce dernier avait été interrogé sur des agressions sexuelles commises à Toronto bien avant d'être arrêté et incarcéré.

La plupart des tueurs en série au Canada ont déjà été interrogés par la police par le passé et la plupart du temps, le nom de cette personne était déjà dans le dossier, mais a été négligé. Cela arrive souvent.

Une citation de : Michael Arntfield, criminologue, Western University

M. Arntfield n'est donc pas surpris que la police ait entrepris une enquête interne. « Dès qu'une sorte de déficience est reconnue, ou que l'on reconnaît que quelque chose aurait pu être mieux fait, chaque étape doit être examinée plus attentivement ainsi que le rôle des équipes en place au moment de l'enquête », dit-il.

Le maire Tory annonce des mesures

Dans un communiqué envoyé aux médias mercredi, le maire de Toronto, John Tory, s'est dit « profondément troublé » par les éléments de l'enquête en cours sur Bruce McArthur.

Il demande la tenue d'une enquête indépendante publique sur la manière dont les enquêtes sur les personnes disparues sont tenues.

Je sais que le public a beaucoup de questions liées à cette affaire et j'ai aussi des questions. C'est pourquoi j'appuie des examens ouverts et transparents sur la façon dont notre service de police s'occupe des cas de personnes disparues en général et sur la façon dont ces enquêtes ont été menées.

Une citation de : John Tory, maire de Toronto

Il ajoute qu'il prendra des mesures pour répondre aux questions que peuvent se poser les Torontois : 

  • Présenter une motion à la Commission des services policiers de Toronto pour soutenir la demande du chef Saunders de lancer un examen externe indépendant sur les pratiques du Service de police de la Ville quant aux enquêtes sur les personnes disparues. Cet examen devra inclure la consultation du public et des recommandations.
  • Demander à la province d'envisager la tenue d'une enquête publique à fin de toute procédure criminelle

Certaines de ces mesures ont été recommandées par des représentants de la communauté LGBTQ, selon le maire.

Bruce McArthur, un paysagiste indépendant de 66 ans, a été arrêté en janvier et fait maintenant l'objet de six accusations de meurtre au premier degré.

Avec les informations de La Presse canadienne

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