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Oscar Romero, l'archevêque salvadorien des « sans-voix », sera canonisé

Le pape tient une photo d'Oscar Romero, qu'il regardre.

Le pape François contemple un portrait d'Oscar Romero lors d'une audience privée accordée à une délégation salvadorienne, le 30 octobre 2015.

Photo : La Presse canadienne / AP/L'Osservatore Romano/Pool

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'archevêque salvadorien Oscar Romero, figure emblématique de la théologie de la libération, prônant la lutte pour la justice sociale, est en voie d'être canonisé par l'Église catholique.

Le Vatican a fait savoir que le pape François a signé mardi un décret lui attribuant un miracle, dernière étape avant qu’il soit canonisé et accède à la sainteté.

François a également signé un décret similaire pour le pape Paul VI (1963-1978), dont la canonisation prochaine avait déjà été annoncée plus tôt cette année.

Homme simple et proche du peuple, Mgr Romero est devenu une légende après avoir été assassiné par un escadron de la mort pendant qu’il célébrait une messe dans la chapelle d’un hôpital, le 24 mars 1980, au Salvador.

La dictature militaire s’opposait avec véhémence à ses prêches dénonçant la répression subie par les pauvres, plus particulièrement les paysans sans terre.

La mort de celui qui était surnommé la « voix des sans-voix » avait d’ailleurs marqué le début d’une sanglante guerre civile qui a duré jusqu’en 1992, faisant 75 000 morts et au moins 7000 disparus.

La veille de son assassinat, Mgr Romero avait pressé la junte militaire de cesser sa répression et d'arrêter de tuer des paysans.

Mgr Romero, tué dans la haine de la foi

Sa canonisation prochaine est significative dans la mesure où les membres les plus conservateurs du clergé latino-américain ont longtemps bloqué toute manifestation officielle de l’Église à son endroit.

La situation s'est débloquée lorsque le pape François a reconnu son « martyr », ouvrant la voie à sa béatification, consacrée le 24 mai 2015 lors d’une messe qui avait rassemblé 200 000 fidèles à San Salvador.

Le Saint-Père avait ainsi tranché une question-clé : Mgr Romero avait-il été tué pour ses opinions religieuses ou politiques? Selon François, il a été tué « in odium fidei », dans la haine de la foi.

Outre la reconnaissance d’un miracle, l’octroi du statut de « martyr » est la seule autre façon d’accéder à la béatification.

Les détails du miracle qui a été attribué par le décret ouvrant la voie à la canonisation d'Oscar Romero n’ont pas été révélés.

Le monde des pauvres nous apprend que la libération arrivera non seulement quand les pauvres seront les destinataires privilégiés des attentions des gouvernements et de l’Église, mais bien quand ils seront les acteurs et les protagonistes de leur propre lutte et de leur libération en démasquant ainsi la dernière racine des faux paternalismes, même ceux de l’Église.

Une citation de : Oscar Romero, recevant un doctorat honorifique de l'Université Louvain, le 2 février 1980

Paul VI : histoire d'une naissance heureuse

Paul VI, né Giovanni Battista Montini, a achevé durant son pontificat le concile Vatican II, lancé par son prédécesseur Jean XXIII. Il avait été béatifié en octobre 2014.

Il est surtout resté célèbre pour son encyclique Humanae Vitae de 1968 qui consacrait l'opposition de l'Église à toute méthode artificielle de régulation des naissances.

François avait déjà annoncé il y a trois semaines qu'il serait canonisé cette année, et son bras droit, le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État, a dit mardi que cela aura lieu fin octobre, lors du synode des jeunes, une institution que Paul VI a fondée en 1965 et à laquelle François veut insuffler un nouveau souffle.

Selon le quotidien catholique français La Croix, le miracle qui lui est attribué porte sur la naissance d’une jeune fille née en bonne santé le jour de Noël 2014, après seulement 26 semaines de grossesse et malgré une rupture placentaire.

Refusant l’avortement thérapeutique que lui conseillaient ses médecins, la mère aurait plutôt suivi les conseils d’une religieuse en allant prier au sanctuaire de Santa-Maria-delle-Grazie de Brescia, ville natale de Paul VI, devant une relique du pape.

Rentrée chez elle, près de Vérone, elle a accouché d’une fillette aujourd’hui en bonne santé. « Cette naissance ne s’explique pas avec les canons habituels de la science », auraient reconnu des médecins.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et La Croix

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