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L'enquête de la GRC sur la mort de Colten Boushie a été « bâclée », selon des experts

Le visage du jeune Colten Boushie en gros plan

Colten Boushie a été abattu en 2016 dans une ferme en Saskatchewan.

Photo : Colten Boushie/Facebook

Radio-Canada
Mis à jour le 

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a bâclé son enquête sur la mort de Colten Boushie et a fait preuve de négligence, affirment des experts indépendants.

Plusieurs enquêteurs critiquent le fait que la police fédérale n’a pas protégé la scène du crime. Ils dénoncent aussi le fait que la GRC n'a pas envoyé d’analyste sur le terrain après la mort du jeune Autochtone de 22 ans.

« C’est un travail bâclé », affirme Michael Davis, un enquêteur à la section des homicides de Toronto. « Visiblement, la GRC a besoin de plus de formation », tranche-t-il.

Le 9 février, un jury a déclaré Gerald Stanley, un fermier saskatchewanais de 56 ans, accusé du meurtre au deuxième degré de Colten Boushie, non coupable.

La famille de Colten Boushie s'était déjà plainte auprès de la GRC au sujet du traitement de la famille le soir où ce dernier avait été tué. Debbie Baptiste, sa mère, a raconté à plusieurs reprises que des agents de police lui avaient demandé si elle avait consommé de l'alcool. Ils ont senti son haleine et même fouillé sa résidence sans mandat de perquisition.

Alvin Baptiste, l'oncle de la victime, soutient que les policiers ont manqué de dignité envers sa soeur, au moment où elle venait d'apprendre la mort de son fils.

« Je crois honnêtement que la GRC en Saskatchewan ne sait pas comment mener proprement une enquête sur un homicide ou a décidé de ne pas donner les ressources nécessaires à cette enquête », affirme l'avocat de la famille de Colten Boushie, Chris Murphy.

Mardi, la Commission civile d'examen et de traitement des plaintes relatives à la GRC a indiqué qu’elle enquête sur le travail mené par la GRC dans l'affaire Boushie.

Un pistolet noir Tokarev de calibre 22.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'arme qui a tué Colten Boushie était un pistolet Tokarev de calibre 22 appartenant à Gerald Stanley.

Photo : Gendarmerie royale du Canada (GRC)

Des preuves clés perdues

Le véhicule dans lequel Colten Boushie a reçu une balle dans la tête n’a pas été protégé et a été exposé à la pluie.

Joe Slemko, qui a 25 ans d’expérience en analyse de taches de sang, y voit une marque de négligence. « Surtout dans un cas où ont été utilisées des armes à feu, où les preuves sont éphémères et peuvent disparaître avec le vent, à plus forte raison dans un cas où il y a une forte pluie », dit-il.

« Les preuves sont parties. Les dommages ont déjà été faits », ajoute M. Slemko.

L'adolescent et d'autres jeunes se trouvaient à bord d'un véhicule utilitaire sport lorsqu'ils sont entrés dans la propriété de Gerald Stanley, le soir du 9 août 2016.

Gerald Stanley. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Même si la Gendarmerie royale du Canada a arrêté Gerald Stanley le 9 août 2018, elle n'a pris sa déclaration que le lendemain.

Photo : Gendarmerie royale du Canada

« Pas une vraie enquête »

Correction : Dans une version précédente de ce texte, on pouvait lire que Gerald Stanley avait été libéré le soir de son arrestation et que les policiers n'avaient recueilli sa déposition que le lendemain. En réalité, Gerald Stanley n'a pas été libéré ce soir-là. Par ailleurs, le texte mentionnait que rien n'indiquait que les agents de la GRC avaient saisi les vêtements que portait Gerald Stanley au moment de la mort de Colten Boushie. En fait, la GRC a bien saisi les vêtements que portait Gerald Stanley ce jour-là.

Après avoir été arrêté le 9 août, 2016, Gerald Stanley a été photographié au détachement de la GRC le plus proche de sa ferme.

La GRC a confié l’interrogatoire à un simple gendarme plutôt qu’à un enquêteur d'expérience.

Selon l'avocat de la famille Boushie, cela démontre que la GRC n'était pas très investie dans l'enquête.

La GRC n’a pas voulu commenter les remarques des enquêteurs indépendants ainsi que les préoccupations de la famille. La police fédérale affirme qu’elle ne pourra pas faire de commentaires tant que la période de mise en appel de la décision du jury est toujours d’actualité.

La Couronne a jusqu’au 12 mars pour faire appel.

Les experts consultés confirment que des erreurs ont été faites dans l'enquête, mais ne peuvent en conclure que celles-ci auraient pu changer l'issue du procès.

Avec les informations de David Common de CBC

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