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Le nombre de papillons monarques aurait baissé de 16 millions

Un papillon monarque butine une fleur jaune.
Ce papillon monarque est photographié sur un souci, à Ciudad Juarez au Mexique. Photo: Reuters / Jose Luis Gonzalez

Les ouragans et les tempêtes tropicales ont été nombreux à croiser la route migratoire des monarques, l'automne dernier, contribuant au déclin du roi des papillons.

C'est à cette époque de l'année que les monarques émergent de leur hibernation au Mexique, prêts à se multiplier.

Les scientifiques ont toutefois fait une mise en garde cette semaine : le nombre de monarques qui amorceront leur périlleuse migration de 5000 kilomètres vers le Canada est en déclin important, en raison des intempéries de l'automne dernier.

Selon une étude dévoilée lundi par le Fonds mondial pour la nature (WWF) et la Commission nationale mexicaine des aires protégées, on remarque un recul de 15 % de la superficie de zones forestières occupée par les monarques dans le centre du Mexique cet hiver.

En termes absolus, cela représente probablement 16 millions de papillons en moins par rapport à l'an dernier.

Les monarques sont un rouage essentiel de l'écosystème nord-américain, parce qu'ils pollinisent plusieurs fleurs sauvages et servent de nourriture aux oiseaux et à des insectes.

Une spécialiste de la conservation des espèces à WWF-Canada, Emily Giles, explique que la population de monarques fluctue, mais qu'on observe une tendance à la baisse depuis 25 ans.

« On pense que c'est un autre indice d'une autre espèce, une autre espèce de pollinisateurs, qui est en déclin », dit-elle.

Les monarques sont déjà considérés comme menacés au Canada, rappelle Emily Giles.

Au cours de la dernière année, un automne plus chaud que prévu a incité les papillons à retarder leur départ pour le Mexique. Lorsqu'ils se sont finalement envolés, nombre d'entre eux ont été tués par les ouragans et les tempêtes tropicales qui ont balayé l'Amérique du Nord. « Cette année, des chercheurs américains ont constaté que plusieurs événements météorologiques ont probablement eu un impact sur les populations qui migraient », ajoute Mme Giles.

Un habitat qui rétrécit

La population de monarques est mesurée à partir de la superficie de forêt où les scientifiques les trouvent pendant leur hibernation de décembre et de janvier. En 1993, les papillons occupaient 6,23 hectares de forêt dans le centre du Mexique, dans les États de Mexico et du Michoacan. C’est l'équivalent d'environs 12 terrains de football.

L'an dernier, les monarques n'ont eu besoin que de 2,48 hectares, soit seulement 4,5 terrains de football.

La perte d'habitat entraînée par la déforestation et les intempéries associées aux changements climatiques sont les principaux facteurs de ce déclin, selon le rapport du WWF.

Les monarques se reproduisent sur au moins quatre générations chaque année, dont trois qui durent entre six et dix semaines et qui ont lieu au Canada et aux États-Unis, entre mars et septembre. La quatrième génération survit plusieurs mois, migrant vers le sud jusqu'en Californie et au Mexique, où les papillons hibernent avant de repartir vers le nord pour pondre au printemps.

Des chercheurs de l'université Cornell croient que le déclin de la population est attribuable à la mortalité pendant la migration, en raison du mauvais temps et de problèmes touchant les forêts où les papillons hibernent.

Des fleurs pour aider les papillons

Un papillon monarque butine le nectar de fleurs d'asclépiades.Un papillon monarque butine le nectar de fleurs d'asclépiades. Photo : iStock

Mme Giles indique que les Canadiens peuvent aider les papillons en plantant des asclépiades dans leurs jardins. Cette plante indigène est la seule dans laquelle les monarques pondront leurs oeufs. Elle explique que les asclépiades ont été éradiquées par les herbicides au cours des dernières décennies et que leur remplacement est donc essentiel à la survie des papillons.

« C'est une espèce que nous pouvons tous soutenir. Je pense que nous l'aimons et que nous tenons à elle, dit Emily Giles. C'est un peu un emblème national. »

Avec les informations de La Presse canadienne

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