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L'insécurité en milieu rural et les droits de propriétaires au cœur de discussions à Biggar

s’adresse aux participants présents à l’assemblée publique.
Une autre assemblée publique est prévue cette semaine à Perdue, une municipalité située près de Biggar. Photo: La Presse canadienne / Liam Richards
Radio-Canada

Plus d'une centaine de personnes étaient présentes mardi soir dans les bureaux de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) à Biggar, à une centaine de kilomètres à l'ouest de Saskatoon, pour manifester leurs inquiétudes au sujet de crimes commis en milieu rural.

De nombreux participants, incertains des gestes qu'ils peuvent faire lorsqu’ils sont témoins d’un crime comme un vol, ont questionné les agents de la GRC sur leurs droits de se défendre et de défendre leurs biens.

Mike Walkers, propriétaire d’un ranch au sud de Biggar, a dit s’être fait voler deux petits véhicules tout-terrain au cours des dernières années. S’adressant au commandant du détachement de Biggar, le sergent Colin Sawrenko, Mike Walkers lui a demandé ce qu'il aurait le droit de faire s’il attrapait le voleur en flagrant délit. Plus précisément, M. Walkers voulait savoir s’il serait approprié pour lui de tirer quelques projectiles d’une arme à feu pour effrayer l’intrus.

Selon lui, il est nécessaire de poser ces questions et d’envisager ce type d’action, parce que le temps de réponse des policiers aux crimes commis dans les propriétés privées est beaucoup trop long.

Entre le moment où le crime est commis et le moment où les policiers arrivent, les criminels sont partis depuis longtemps.

Mike Walkers, propriétaire d’un ranch au sud de Biggar

Le commandant du détachement de Biggar a indiqué que le Code criminel prévoit certains droits pour les citoyens qui veulent assurer leur protection, mais leurs gestes doivent être raisonnables. Le problème, reconnaît le sergent Sawrenko, c’est qu’il y a tellement de facteurs en jeu lors d'un crime, qu’il devient difficile de déterminer ce qui est raisonnable ou non.

La GRC encourage les résidents des communautés rurales à éviter la confrontation et de contacter les autorités au lieu de prendre les choses en main.

Le sergent d'état-major Greg Abbott a indiqué aux journalistes qu’au cours de la dernière année les policiers avaient eu à répondre à de plus en plus de questions semblables à celles de Mike Walkers, l’une des raisons étant, selon lui, la médiatisation de l’affaire Boushie-Stanley.

Colten Boushie, un Cri de 22 ans, a été abattu par une balle dans la tête, après que, en compagnie de quatre autres Autochtones, tous étant en état d’ébriété, étaient entrés sans permission dans la ferme de Gerald Stanley. Le fermier de 56 ans a indiqué au cours de son procès qu’il avait craint pour la sécurité de sa famille et que le tir meurtrier était « parti tout seul ». Il a été acquitté de l’accusation de meurtre au deuxième degré qui pesait contre lui.

Bien que l’assemblée publique se soit déroulée à Biggar, près de la ferme de Gerald Stanley, le sergent Colin Sawrenko a tenu à souligner que l’objectif de cette rencontre n’était pas de répondre au verdict de non-culpabilité de Gerald Stanley.

La GRC prévoit plusieurs autres assemblées publiques à travers la province afin d’entendre les préoccupations des résidents. L’organisation fédérale veut également profiter de ces discussions pour expliquer aux Saskatchewanais les mesures mises en place par les forces policières pour lutter contre le crime en milieu rural.

Saskatchewan

Justice et faits divers