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Environnement de travail « toxique » au CCNB

Liane Roy

Liane Roy est présidente-directrice générale du Collège communautaire du Nouveau-Brunswick

Photo : Radio-Canada / Guy LeBlanc

Radio-Canada

Six membres de la direction du Collège communautaire du Nouveau-Brunswick (CCNB) signent une lettre afin de dénoncer « le climat de méfiance, d'abus de pouvoir et/ou d'intimidation » que fait régner, selon eux, la PDG du CCNB, Liane Roy.

Un texte de Anaïs Brasier

La lettre a été envoyée le 29 janvier à Jean-Jacques Roy, président du Conseil des gouverneurs du CCNB. Les six signataires lui demandent notamment de « commander une analyse indépendante sur le climat organisationnel du CCNB ». L’objectif : « éviter à notre organisation de s’engouffrer davantage et de subir des dommages irréversibles ».

« Inconduite et inefficacité graves »

« Les cas d’inconduite et d’inefficacité graves impliquant notre PDG ont créé, au fil des ans, un environnement toxique », peut-on lire dans la lettre. Résultat : de nombreux départs en congé de maladie, des membres de la direction qui partent pour des raisons liées au climat organisationnel et un roulement de personnel « sans précédent ».

Des restructurations à répétition

Cet environnement toxique est notamment « alimenté par les restructurations organisationnelles à répétition », affirment les signataires. Chaque restructuration se superpose à la précédente.

Ces « bouleversements annuels » créent une « lourdeur administrative qui vient désormais paralyser toute l’organisation », peut-on lire dans la lettre.

Ces mouvements incessants et ces multiples changements de cap révéleraient-ils des lacunes majeures en matière de vision, d’orientations et de leadership?

Les six signataires de la lettre

« Un sentiment de détresse et de méfiance »

Ces changements ont créé unclimat d’insécurité au sein des directions et des vice-présidences du CCNB, selon la lettre. Celle-ci fait aussi mention des accès de colère de la PDG, Liane Roy.

Les directions et les vice-présidences sont souvent victimes de diffamation de caractère de la part de la PDG et de certains membres de son entourage.

Les six signataires de la lettre

Des plaintes concernant ces comportements ont été verbalisées par le passé et ont mené à des enquêtes d’experts-conseils qui avaient pour mission d’analyser la situation et de suggérer des solutions.

« Conséquences? Les informations recueillies par ces consultants et enquêteurs ont été utilisées afin de monter des dossiers contre certaines personnes [...] et des lettres de menace de congédiement ont été placées dans des dossiers de certaines directions. »

Une seule enquête en sept ans

Les six signataires de la lettre dénoncent le fait « que le Conseil des gouverneurs n’aurait mené qu’un seul exercice depuis 7 ans au niveau de l’évaluation du leadership de la PDG ». Le contexte de ce seul exercice d’évaluation laisse d’ailleurs planer des doutes de conflit d’intérêts, peut-on lire.

Les six membres de la direction demandent donc au Conseil des gouverneurs de lancer une enquête sur le climat organisationnel au CCNB. Ils réclament que cette enquête soit menée par un organisme externe indépendant approuvé par eux-mêmes et que d'anciens membres de la direction soient inclus dans les entrevues. Ils souhaitent connaître les résultats de l’enquête avant la fin du mois d’avril 2018.

De notre avis, le statu quo ne peut désormais plus être toléré.

Les six signataires de la lettre

Les signataires de la lettre sont : Paolo Fongemie (directeur du campus de Bathurst), Suzanne Beaudoin (directrice du campus de Campbellton), Pauline Duguay (directrice du campus de Dieppe), François Boutot (directeur du campus d’Edmundston), Alain Boisvert (directeur du campus de la Péninsule acadienne) et Chantal Berthelotte (directrice de la Réussite étudiante).

Le ministre de l’Éducation postsecondaire, Roger Melanson, et la vérificatrice générale du Nouveau-Brunswick, Kim MacPherson, ont aussi reçu cette lettre.

Selon les signataires, la « dénonciation se fait en respect de la politique 5105 Dénonciation d'actes répréhensibles », selon laquelle :

Le CCNB encourage les membres de la communauté collégiale, agissant de bonne foi, à signaler de façon responsable aux autorités du CCNB toute activité répréhensible de la part du CCNB ou de membres de la communauté collégiale, sans crainte de représailles.

Une surprise pour le Conseil des gouverneurs

Le président du Conseil des gouverneurs, Jean-Jacques Roy, affirme avoir été très surpris par cette lettre. Selon lui, le Conseil n’avait vu aucun signe de ce climat toxique et ce, même s’il avait noté plusieurs départs en congé de maladie.

Il y a des congés maladie, oui. L’an dernier on s’est préoccupé de ça et on a fait faire des études de ressources humaines. Les conclusions c’est qu’on n’était pas hors des normes.

Jean-Jacques Roy, président du Conseil des gouverneurs

Une enquête, mais pas de changement pour l’instant

« On répond à la demande des signataires », a assuré Jean-Jacques Roy en entrevue à l’émission Le Réveil Nouveau-Brunswick de Radio-canada. « L’enquête a commencé début mars. On fait notre possible, ce sera réglé dans les prochains mois. »

L’enquête est donc en cours, mais Liane Roy est toujours en poste à la présidence du CCNB.

Comme on dit en bon français, c’est business as usual.

Jean-Jacques Roy, président du Conseil des gouverneurs

Ce qui n’est pas comme d’habitude, reconnaît toutefois le président du Conseil des gouverneurs, c’est la réputation du CCNB, qui est mise en jeu. « C’est pas une gloire tout de suite pour le CCNB. »

Jean-Jacques Roy confirme qu’il s’agit d’une enquête externe et indépendante. Il assure également que tous les efforts sont déployés pour qu’elle soit terminée d’ici la fin du mois d’avril, mais qu’il est possible que ce soit plus long.

Quelles conséquences?

Le président du Conseil des gouverneurs reste muet sur plusieurs points qui sont, selon lui, confidentiels durant l’enquête. Il refuse notamment de discuter des allégations contre le Conseil, selon lesquelles il n’aurait mené qu’un seul exercice d’évaluation du leadership de la PDG du CCNB en sept ans.

Il affirme également ne pas savoir s’il existe un mécanisme pour décider quelles conséquences découleront des résultats de l’enquête, mais mentionne qu’il ne devrait pas y avoir de « représailles contre les personnes qui ont fait les allégations », donc contre les signataires de la lettre.

La politique 5105 Dénonciation d'actes répréhensibles stipule à cet égard que :

Une personne qui a fait une divulgation protégée de bonne foi ne subira pas de représailles.

[...]

Toute personne qui exerce des représailles contre une personne qui a fait une divulgation protégée s'expose à des sanctions disciplinaires pouvant aller jusqu'au licenciement.

Radio-Canada a joint Liane Roy mardi matin. Elle a expliqué ne pas être en mesure de commenter cette affaire pour l'instant.

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