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L'Université de l'Ontario français aura un départ difficile, selon un ex-président d'université

Un édifice avec des étudiants sur la pelouse.
Le campus de l'University of Ontario Institute of Technology, dans le nord d'Oshawa. Photo: University of Ontario Institute of Technology

L'Université de l'Ontario français doit accueillir sa première cohorte d'étudiants d'ici un peu plus de deux ans. Le défi peut sembler immense, mais il a déjà été relevé en 2003, lorsque l'University of Ontario Institute of Technology (UOIT) a ouvert ses portes à Oshawa. Nous avons interrogé son président de l'époque, Gary Polonsky.

Un texte d'Annie Poulin

Q. Est-ce que vous croyez que c'est réaliste d'ouvrir l'Université de l'Ontario français d'ici 2020?

R. Oui, mais l'équipe de mise sur pied va devoir travailler à toute heure de la journée. Avec UOIT, ça nous a pris deux ans pour débuter. C'est un peu un miracle, parce que tout le monde nous disait que ça allait prendre cinq ou six ans. Mais j'avais promis au premier ministre [de l'époque] qu'on ouvrirait en deux ans. Je pense que l'objectif de 2020 sera difficile à atteindre, mais c'est faisable. S'ils embauchent des gens qui ont de la passion et de l'énergie, ils vont réussir.

Q. Combien de temps ça prend avant qu'une nouvelle université ait de la notoriété auprès des étudiants et des employeurs?

R. Si l'université a un départ rapide, elle peut déjà rayonner en trois à cinq ans. Certains établissements prennent plus de temps et d'autres n'atteignent jamais une réputation enviable. C'est pourtant important parce que les étudiants veulent une université qui a bonne réputation pour que leur diplôme soit respecté.

Portrait de Gary PolonskyAgrandir l’imageGary Polonsky a présidé University of Ontario Institute of Technology de son ouverture en 2003 jusqu'à 2006. Photo : University of Ontario Institute of Technology

Q. Comment un nouvel établissement peut-il établir sa réputation?

R. La meilleure chose à faire, c'est d'embaucher des superstars. Il faut que le recteur soit une superstar, que le vice-recteur à l'enseignement et à la recherche soit une grande vedette et que les doyens des facultés soient aussi des vedettes. On va ensuite se mettre à vous comparer aux grandes universités comme Princeton ou l'Université de Toronto. C'est vraiment ça, la clé. Les gens vont ainsi comprendre que vous prenez la qualité au sérieux et les étudiants vont s'inscrire.

Q. Est-ce que c'est difficile d'entrer dans les palmarès sur les meilleures universités?

R. Au Canada, le principal palmarès est celui du magazine Maclean's. Aussitôt que vous êtes dans le club, vous commencez à être évalué. Maclean's va examiner votre établissement minutieusement dès le départ. Si vous êtes capable de partir en force, ça donne vraiment un bon coup de pouce.

Q. Combien d'étudiants une nouvelle université doit-elle accueillir à ses débuts pour espérer faire sa place?

R. Plusieurs milliers. Il faut que l'université ait une masse critique d'étudiants. Toutefois, pas besoin d'être un géant comme l'Université de Toronto ou l'Université de la Colombie-Britannique. Pas besoin non plus d'atteindre 1000 étudiants dès la toute première cohorte. À UOIT, il n'y avait que 947 étudiants à l'ouverture. J'imagine que l'Université de l'Ontario français a au moins un objectif à moyen terme de 2000 ou 3000 étudiants. Si vous avez 3000 étudiants, c'est comme certaines universités dans les maritimes. La quantité n'est pas le facteur clé, c'est la qualité qui est importante.

Le grand débat sur l'Université de l'Ontario français

Ce soir, Radio-Canada organise Le grand débat sur la mise en oeuvre de l’Université de l’Ontario français. Joignez-vous à la conversation sur place, sur le web, ou sur votre mobile, ou sur ICI PREMIÈRE en Ontario, et ICI TÉLÉ dans plusieurs régions. Plus de détails ici.

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