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Le Centre antipoison demande le retrait des boissons Four Loko de la circulation

Des canettes de Four Loko dans un dépanneur.
Des canettes de Four Loko dans un dépanneur Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Le Centre antipoison du Québec appelle à un retrait de la boisson alcoolisée sucrée Four Loko du marché, tout comme la boisson FCKD UP, dont la production a été arrêtée à la suite du décès de l'adolescente Athena Gervais, la semaine dernière.

« Le message, c'est vraiment de limiter l’accès [aux boissons alcoolisées sucrées]. Je crois que le propriétaire de FCKD UP a pris une bonne décision de retirer son produit du marché et, selon moi, Four Loko devrait faire la même chose », affirme la directrice médicale du Centre antipoison du Québec, Maude St-Onge.

Une canette de Four Loko de 568 ml coûte environ 3,50 $ et sa teneur en alcool est de 11,9 %.

Mme St-Onge déplore que de tels produits, vendus dans des dépanneurs, soient facilement accessibles pour les jeunes.

« Si on part sur un coup de tête et qu’on a juste besoin de traverser la rue pour aller l'acheter au dépanneur, avec des fausses cartes ou peu importe, c’est beaucoup plus facile de passer à l’acte », dit-elle.

Nouvelles restrictions

La ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois, souhaiterait voir disparaître des tablettes les boissons sucrées alcoolisées. Elle souhaite que Santé Canada agisse dans ce dossier.

« J’interpelle vraiment Santé Canada pour qu’ils puissent changer la norme à ce niveau-là, et faire en sorte que ce ne soit plus possible de produire des choses comme ça », indique-t-elle.

J’ai le goût de demander aux détaillants de retirer de leurs tablettes [les boissons alcoolisées sucrées], ceux qui ne l’ont pas déjà fait, de penser à la sécurité de nos jeunes dans la société.

Lucie Charlebois, ministre déléguée à la Santé publique

Le sénateur André Pratte a d’ailleurs demandé dimanche l’intervention de la ministre fédérale de la Santé concernant la vente de boissons énergisantes alcoolisées.

Il évoquait l'imposition de nouvelles restrictions, notamment sur le format de la cannette, sur la composition du produit, et sur les limites de concentration d’alcool.

On sait qu’il y a une demande très forte pour ce genre de produit là, en particulier venant des jeunes, des mineurs de moins de 18 ans.

André Pratte, sénateur

En entrevue sur ICI RADIO-CANADA PREMIÈRE, il rappelle que plusieurs gestes ont été posés dans les dernières années concernant les boissons énergisantes, mais qu’il faudrait voir quelles nouvelles restrictions peuvent être ajoutées.

« Je pense qu’il faut revoir le travail qu’on a fait en 2011, et voir s’il n’y a pas d’autres restrictions qu’on devrait apporter », dit-il.

Intoxiqués à l'alcool

Le Centre antipoison a recensé sept appels dans les derniers mois pour des cas d'intoxication liés spécifiquement à la consommation de ces alcools sucrés.

« Les gens vont vraiment nous appeler quand il y a des problèmes », mentionne la Dre St-Onge.

En 2016, le Centre a reçu 2417 appels pour des intoxications liées à l’alcool, dont 119 pour des jeunes de 6 à 15 ans.

Le cas des boissons sucrées ajoute au risque pour les jeunes qui ont moins de tolérance à l'alcool, rappelle Maude St-Onge.

« C’est vraiment une altération de l’état de conscience, un état semi-comateux. Comme les boissons sont très sucrées, ça va encourager les jeunes à en boire plus rapidement et évidemment, les effets vont se produire malheureusement plus tard. Et lorsque les effets arrivent, il est déjà un peu trop tard. »

Un emballage contient des canettes colorées.Des canettes de FCKD UP Photo : Radio-Canada

Sensibiliser

Il faut intervenir à différents niveaux en plus de limiter l'accès, insiste Maude St-Onge. Le dialogue entre les parents et leurs enfants pour les sensibiliser est essentiel.

« Si ça fait une semaine qu’on ne leur a pas parlé, il y a quand même de bonnes chances qu’on manque plusieurs aspects de leur vie. Ça commence à un très très jeune âge de développer de bonnes habitudes de vie, développer comment avoir confiance en soi, gérer son stress sans avoir recours à des substances quelconques. »

Le message de sensibilisation que le Centre antipoison lance pour les boissons alcoolisées sucrées vaut également pour d'autres substances, croit Maude St-Onge, notamment le cannabis.

« Ce n’est pas parce que c’est légal que ce n’est pas néfaste, et ça, on a la démonstration avec l’alcool, le tabac et je crois malheureusement qu’on risque d’avoir la démonstration avec le cannabis aussi. »

Rappelons que selon des informations recueillies auprès de témoins, mais non confirmées par la police, la jeune Athena Gervais, dont le corps a été retrouvé dans un ruisseau derrière une école, à Laval, avait consommé une boisson alcoolisée du genre de FCKD UP à l'heure du dîner, avant ou après son départ de l'école.

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