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Les 10 meilleurs coups des Éditions du remue-ménage

La biographie de Simonne Monet-Chartrand, la couverture du hors-série de la vie en rose et le premier livre Môman travaille pas, a trop d'ouvrage!

Trois publications des Éditions remue-ménage

Photo : Les Éditions remue-ménage

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Pionnières de la littérature féministe au Québec, les Éditions du remue-ménage ont réussi à survivre depuis leur création, en 1975, et voient l'avenir en rose, même si le livre papier a connu de meilleurs jours.

Un texte de Cécile Gladel

Après les difficiles années 1980 et 1990, le début des années 2000 a été sous le signe du renouveau pour la maison d’édition. « C’est clair qu’il y a un regain d’intérêt. Moi qui ai connu des vagues et des ressacs, je vois beaucoup ce regain dans la production, dans l’affirmation des femmes, dans la réaction des jeunes femmes », reconnaît l’une des éditrices, Rachel Bédard, qui y travaille depuis le début des années 1980.

C'est un exploit, surtout en maintenant le cap sur une politique éditoriale qui n’était pas évidente. Mais on réussit, car notre mission est claire. On se renouvelle, mais notre place est faite, on continue de creuser notre sillon.

Rachel Bédard

Si le féminisme a retrouvé ses lettres de noblesse, c’est maintenant la situation du livre papier qui est inquiétante. « Les gens ont toujours envie de lire. On nous a fait peur, mais il faut rester vigilante. Il faut aller chercher notre public. Ces jours-ci je suis très optimiste, beaucoup plus que dans les années 1980 et 1990 », ajoute l’éditrice.

Les Éditions du Remue-ménage sont parmi les huit finalistes du Grand Prix 2018 du Conseil des arts de Montréal.

En cette Journée internationale du droit des femmes, voici les 10 meilleurs coups des Éditions du remue-ménage


1. Môman travaille pas, a trop d’ouvrage! (Nouvelle fenêtre), une pièce écrite par le Théâtre des Cuisines en 1976

Trois femmes et un enfant posent pour la photo en noir et blancAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La page couverture du premier livre publié par les éditions du remue-ménage

Photo : Les éditions du remue-ménage

Cette pièce raconte l’histoire de trois femmes de milieux modestes ressentant au quotidien l'essoufflement de la vie de ménagère et de travailleuse : répétition à l'infini des tâches domestiques, course effrénée, difficile éducation des enfants, etc. Un beau matin, épuisées par ce tourbillon, elles décident de s'arrêter et de faire la grève. Leur geste, bientôt imité par des centaines de femmes, secoue non seulement les maris, mais aussi les employeurs et même le pouvoir politique.

C’est le premier livre publié par la maison d’édition. Ce thème est toujours d’actualité avec des discussions ces dernières années sur la conciliation travail et famille et la charge mentale des femmes. « Les questions du travail invisible des femmes nous préoccupent encore. Pourquoi ce travail n’est pas considéré? », souligne Rachel Bédard.


2. L'agenda des femmes du Remue-ménage, qui a 40 ans cette année

La page couverture est le dessin d'une femme tenant un tamponAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'Agenda des femmes 2018

Photo : Les éditions du remue-ménage

Le premier de la série est L’agenda des femmes 1978 : notes sur l’histoire des femmes au Québec.

« Ça a marqué la maison, c’est notre éditorial à nous. On choisit un thème annuel et les auteures des textes. D’ailleurs, c’est souvent un tremplin pour de nouvelles plumes. Même avec l’avènement de l’agenda électronique, on y tient », affirme Rachel Bédard.


3. Ma vie comme rivière, les quatre tomes de la biographie de la syndicaliste et activiste Simonne Monet-Chartrand, décédée en 1993 (publiés de 1981 à 1992)

Cette biographie en quatre parties est l’une des grandes fiertés et un beau souvenir de Rachel Bédard. C’était l’un de ses premiers projets à ses débuts comme éditrice.

« On a travaillé ce récit avec elle pendant presque 10 ans. Les maisons d’édition au Québec la courtisaient et elle nous a choisis. L’engagement de cette femme était grandiose. Ce fut une leçon d’histoire et une belle rencontre, elle avait plein d'anecdotes à raconter », dit-elle.

L’éditrice se souvient en particulier des salons du livre avec Simonne Monet-Chartrand, qui était très douée pour les séances de signature. « C’était épatant de la voir quand les gens venaient la rencontrer. Elle essayait toujours de savoir où elle les avait connus. Une vraie communicatrice. »

Simonne Monet-Chartrand apparaît en hiver, vêtue d'un bonnet.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Simonne Monet-Chartrand dans une scène du film Une vie comme une rivière, de Diane Cailhier et Alain Chartrand.

Photo : ONF.ca


4. Anthologie de la poésie des femmes au Québec, sous la direction de Nicole Brossard et Lisette Girouard, (1991, réédition 2003)

La photo du corps d'une femme en grisAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La page couverture de « Anthologie de la poésie des femmes au Québec »

Photo : Les Éditions du remue-ménage

La réédition de cette anthologie réunit plus de 500 poèmes de 138 poètes du Québec. Elles y sont présentées en ordre chronologique selon leur année de naissance.

Pourquoi? « C’est un projet très ambitieux qu’on a entrepris. Un livre dont on est très fières. Douze ans plus tard, on a fait une deuxième édition, car les voies se sont multipliées. »


5. (Nouvelle fenêtre) La Vie en rose : Hors série 2005, sous la direction de Sylvie Dupont, Ariane Émond, Françoise Guénette et Lise Moisan

La photo d'une femme avec une burka bleue debout sur une bouche de métro qui souffle de l'air et montre les jambes de la femmeAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La page couverture du hors série publié en 2005

Photo : Les éditions du remue-ménage

La publication de ce numéro spécial célébrant les 25 ans de la revue féministe publiée entre mars 1980 et mai 1987 a beaucoup fait parler, en particulier à cause de la photo de la page couverture, dont tout le monde se souvient. Réalisée par Suzanne Langevin, elle montre une femme en talons, couverte d’une burka bleue, debout sur une bouche de métro qui dévoile ses jambes dénudées.

« Une vraie bombe, la sortie de ce numéro hors série. Ç’a été l’occasion de parler de féminisme dans les médias, et l’image de la couverture a marqué », reconnaît Rachel Bédard.

L’équipe a vécu un véritable marathon pour produire ce numéro qui a été très populaire, au point qu'on a dû en faire un deuxième tirage. « Un tel succès populaire donne un coup de pouce et de la visibilité. »

L’écrivaine Hélène Pedneault, décédée en 2008, était une collaboratrice régulière de la revue. Elle a été l’une des porte-parole de ce numéro spécial.


6. Ulysse et Alice, d’Ariane Bertouille, illustrations de Marie-Claude Favreau. (2006, réédition en 2015)

Un petit garçon passe l'aspirateurAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La page couverture de « Ulysse et Alice »

Photo : Les Éditions du remue-ménage

Cet album pour enfants qui raconte l’histoire d’un petit garçon qui vit avec deux mères est le premier du genre. « C'est un livre qu’on a commandé, car ces enfants ne se retrouvent pas dans les livres jeunesse. Ça permet aussi aux autres enfants de comprendre une réalité différente. »


7. Le féminisme québécois raconté à Camille, de Micheline Dumont (2008)

L’historienne raconte une histoire longue de plus de 100 ans à sa petite-fille Camille, qui a alors 15 ans.

« À force de faire des conférences, Micheline Dumont avait envie d’écrire un livre pour expliquer l’histoire du mouvement pour un plus large public. Ce sont des livres de référence. Il n’est pas collé à l’actualité, donc pas périmé », souligne Rachel Bédard.

Julie Payette a son bras sur l'épaule de Micheline Dumont, qui vient de recevoir le Prix du Gouverneur général.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le 19 octobre 2017, Julie Payette remet le Prix du gouverneur général à l'historienne Micheline Dumont

Photo : La Presse canadienne / Fred Chartrand


8. La dot de Sara, de Marie-Célie Agnant (2011)

La couverture de « La dot de Sara »Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

« La dot de Sara », de Marie-Célie Agnant

Photo : Les éditions du remue-ménage

Résumé : À la demande de sa fille qui va avoir un enfant, Marianna quitte son pays pour Montréal. Venue passer quatre mois, elle finit par s’y établir. Entre les souvenirs qui sans cesse la ramènent chez elle aux Mombins et la complicité qui la lie chaque jour davantage à Sara, sa petite-fille, Marianna tente de vivre dans deux mondes, celui de son enfance et celui de sa vieillesse.

Ce roman d’une auteure d’origine haïtienne intéressait le Remue-ménage, car ça permettait de comprendre la vie d’une femme haïtienne âgée qui a changé de vie pour aider sa fille.

Marie-Célie Agnant avait écrit un texte pour L’agenda avant ce roman. « C'est un livre qui est lu par les jeunes. C’est une belle découverte », souligne Rachel Bédard.


9. Les filles en série : des Barbies aux Pussy Riot, de Martine Delvaux (2013)

Cet essai marquant de la professeure de littérature des femmes et de théories féministes au Département d’études littéraires de l’Université du Québec à Montréal a initié certaines lectrices du Remue-ménage au féminisme.

« Ce livre nous fait voir le monde autour de nous d’une autre façon. C’est une littéraire, un esprit critique, il est intéressant de voir comment sa pensée se nourrit. On a envie de lire tous ses livres. C’est une invitation à poursuivre nos observations », remarque l’éditrice.

Ce livre a été traduit en anglais.

L'auteure Martine DelvauxAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'auteure Martine Delvaux

Photo : Toma Iczkovits


10. La programmation 2017 du Remue-ménage

Trois titres en particulier :

  • L’amour et l’argent : guide de survie en 60 questions, d’Hélène Belleau et Delphine Lobet
  • La Coalition de la Robe, de Marie-Claude Garneau, Marie-Ève Milot et Marie-Claude St-Laurent
  • Les angles morts : perspectives sur le Québec actuel, d’Alexa Conradi

Pour Rachel Bédard, l’année 2017 a été vécue comme un couronnement et les livres publiés reflètent cet état d’esprit. « On vit une belle période », conclut-elle.

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