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Boissons énergisantes alcoolisées : Éduc’alcool exige une réglementation plus serrée

Hubert Sacy, directeur général d’Éduc'alcool
Selon Hubert Sacy, directeur général d’Éduc'alcool, ces boissons devraient peut-être se retrouver seulement dans les Sociétés des alcools du Québec (SAQ) et non dans les épiceries et dépanneurs. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

La mort accidentelle d'une adolescente de 14 ans à Laval relance le débat sur la consommation des boissons énergisantes sucrées et fortement alcoolisées. Éduc'alcool interpelle Santé Canada et exhorte le gouvernement fédéral de mieux encadrer ces produits.

Hubert Sacy, directeur général de l'organisme, suggère notamment de diminuer leur teneur en alcool et de rendre leur emballage moins attrayant. Selon lui, ces boissons devraient peut-être se retrouver seulement dans les Sociétés des alcools du Québec (SAQ) et non dans les épiceries et dépanneurs.

Il suffit d'aller dans les urgences des hôpitaux les fins de semaine pour constater que ce n'est pas un produit inoffensif.

Hubert Sacy, directeur général, Éduc'alcool

M. Sacy attire également l’attention sur l’aspect du marketing de ces produits. « C’est absurde, dit-il, le verre d’alcool revient à moins de 75 ¢. »

Dre Catherine Paradis, analyste principale, recherche et politique, du Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substancesDre Catherine Paradis, analyste principale, recherche et politique, du Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances Photo : Radio-Canada

Les médecins soulignent le danger de ces boissons énergisantes, dont la grande quantité de sucre masque le taux d'alcool élevé.

Deux canettes de ces produits, c’est l’équivalent d’une bouteille et demie de vin, c’est l’équivalent de huit bières, c’est l’équivalent de huit shooters. C’est énorme, surtout pour des jeunes de cet âge-là.

Dre Catherine Paradis, analyste principale, recherche et politique, Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances

« Une personne qui consomme les deux substances en même temps peut par exemple croire que sa coordination ou ses réflexes sont intacts. Toutefois, ce n'est pas le cas, car les effets de l'alcool restent les mêmes lorsqu'il est mélangé à une boisson énergisante », indique le site web de Santé Canada.

Rappelant que la commercialisation des boissons alcoolisées et les restrictions au point de vente relèvent généralement de la compétence des provinces et des territoires, Santé Canada dit « travailler déjà avec le gouvernement du Québec afin de se pencher sur la question ».

Même si les résultats des analyses toxicologiques sur le corps d'Athena Gervais n'ont pas encore été dévoilés, certains témoignages recueillis par la police de Laval affirment que la jeune fille et ses amis auraient volé des canettes de la boisson sucrée alcoolisée FCKD UP dans un dépanneur près de l'école à l'heure du dîner lundi et en auraient bu.

Le producteur Geloso, critiqué pour ses publicités qui ciblent les jeunes, a décidé de retirer ses panneaux publicitaires faisant la promotion de ses produits à la grandeur du Québec.

Dans une déclaration écrite, le groupe se dit « prêt à jouer un rôle de leader pour agir en faveur de la mise en œuvre de nouveau mécanisme de contrôle sur le territoire québécois, allant jusqu’à considérer […] le retrait de ce type de produite ». Le groupe Geloso ajoute qu’il va procéder à « une refonte complète du marketing qui concerne ce produit en particulier ».

Alimentation Couche-Tard a annoncé dès vendredi soir le retrait immédiat de cette boisson FCKD UP de tous ses magasins. Dans un communiqué, le géant du commerce d'accommodation a indiqué qu'il avait pris la décision de « volontairement retirer de ses tablettes » ce produit, et ce, même si sa vente est légalement permise.

Avec les informations de La Presse canadienne

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