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Des attaques font au moins 8 morts à Ouagadougou

Une colonne de fumée noire est visible dans le ciel de Ouagadougou, après qu'une explosion se soit produite dans un quartier où se trouve notamment le quartier général de l'armée.

Photo : Getty Images / AHMED OUOBA

Radio-Canada

Au moins huit membres des forces de sécurité ont été tués vendredi à Ouagadougou dans des attentats, qui ont visé l'état-major militaire burkinabé et l'ambassade de France. Les attaques non encore revendiquées ont également fait quelque 80 blessés.

Plusieurs sources font état d’une trentaine de morts et d’au moins 85 blessés, dont 12 très graves.

L'explosion d’une voiture piégée près de l'état-major général des armées visait « peut-être » une réunion du G5 Sahel, selon le ministre burkinabé de la Sécurité, Clément Sawadogo.

« Le véhicule était bourré d'explosifs, la charge était énorme » et a occasionné « d'énormes dégâts », a déclaré le ministre lors d'un point presse. Il a aussi indiqué que huit assaillants avaient été abattus.

Si la réunion s'était tenue dans la salle initialement désignée, il y aurait eu une situation extrêmement grave et dramatique, parce que beaucoup de nos officiers devaient se retrouver avec le chef d'état-major pour cette réunion.

Clément Sawadogo, ministre burkinabé de la Sécurité

L’attaque a été lancée vers 10 h, heure locale, dans un quartier de la capitale qui abrite aussi les bureaux du premier ministre burkinabé et d'autres ambassades étrangères.

Dans un message publié sur Facebook, la police nationale a confirmé que l'état-major général des armées, l'ambassade de France et l'Institut français « ont été touchés » et que « des incendies ont été signalés sur certains sites touchés ».

« Un poste médical avancé est mis en place au niveau du stade municipal de Ouagadougou pour la prise en charge des blessés du côté de la population et de celui des forces de défense et de sécurité », avait-elle précisé avant qu'un premier bilan ne soit avancé par les autorités.

Le ministre burkinabé des Communications, Rémy Danjuinou, et le directeur de la police nationale, Jean Bosco Kienou, soutiennent tous deux qu'il s'agit d'une attaque terroriste imputable à des djihadistes. De tels groupes ont revendiqué de violentes attaques contre des symboles de l'État ou des Occidentaux au cours des derniers mois.

Le Burkina Faso fait partie de la coalition de cinq pays sahéliens (avec le Niger, le Mali, la Mauritanie et le Tchad) qui ont lancé une force militaire commune, le G5 Sahel, pour combattre les groupes islamistes armés dans la région. Cette force sera composée à terme de 5000 hommes et devra être pleinement opérationnelle à la fin du mois de mars.

Un homme longe le mur extérieur du quartier général de l'armée, un autre s'est réfugié sur un échafaudage.

Deux hommes tentent de s'échapper du quartier général de l'armée du Burkina Faso, à Ouagadougou.

Photo : Reuters / Pigiste

Cinq hommes armés devant l'ambassade française

Des témoins rapportent avoir vu cinq hommes armés sortir d'une voiture et crier « Allah Akbar » [Dieu est le plus grand, NDLR] et ouvrir le feu sur des passants avant de se diriger vers l'ambassade de France.

Une source de l'Agence France Presse à l'intérieur de l'ambassade de France a aussi rapporté que cinq hommes armés avaient essayé en vain de pénétrer dans l'ambassade.

Les assaillants auraient alors tiré sur le bâtiment avant de se diriger vers l'état-major des Forces armées burkinabés. D'autres témoignages ont fait état d'une explosion à ce deuxième endroit.

Deux messages publiés par l'ambassade française sur Facebook ont témoigné de la confusion engendrée par l'attaque. Un premier message a évoqué une « attaque en cours à l’ambassade de France et à l’Institut français », tandis qu'un second disait qu'il n'y avait « pas de certitude à ce stade sur les lieux visés ».

La présidence française a fait savoir qu'Emmanuel Macron suivait très attentivement les événements à Ouagadougou. « Il est tenu informé en direct par ses équipes de l'évolution de la situation », a fait savoir l'Élysée. « Les ressortissants français présents à Ouagadougou doivent suivre les instructions de l'ambassade. »

M. Macron s'était rendu à Ouagadougou à la fin du mois de novembre pour prononcer un grand discours portant sur les relations entre la France et l'Afrique, dans lequel il avait notamment été question de la lutte contre les organisations djihadistes.

Le parquet de Paris a déjà fait savoir qu'il avait ouvert une enquête pour « tentative d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs terroriste criminelle », dans cette affaire. Le parquet a la compétence pour enquêter, puisque l'attaque a visé des ressortissants et des intérêts français.

La France a également annoncé qu'elle renforçait la sécurité autour de ses différentes ambassades à travers la région.

Un soldat circule dans les rues de Ouagadougou.

L'explosion d’une voiture piégée près de l'état-major général des armées visait «peut-être» une réunion du G5 Sahel, selon le ministre burkinabè de la Sécurité Clément Sawadogo.

Photo : The Associated Press / Ludivine Laniepce

Un pays attaqué à plusieurs reprises

Depuis le début de 2015, des groupes djihadistes mènent des attaques contre des représentants de l'État dans le nord du Burkina Faso, près de la frontière avec le Mali. Selon un bilan officiel, 80 attaques ont fait 133 morts. Quelques attentats ont aussi ciblé des sites fréquentés par des Occidentaux depuis deux ans.

Le 13 août dernier, deux assaillants ont ouvert le feu sur un café situé sur l'avenue principale de Ouagadougou, faisant 19 morts, dont 2 Canadiens, et 21 blessés. Cette attaque n'a pas été revendiquée.

Le 15 janvier 2016, 30 personnes, dont 6 Canadiens et 5 Européens, ont été tuées dans un attentat contre l'hôtel Splendid et le restaurant Cappuccino, dans le centre de la capitale. Cette attaque, qui avait duré une douzaine d'heures, a été revendiquée par Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) qui l'a attribuée au groupe djihadiste Al-Mourabitoune.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé à un « effort urgent et concerté » de la communauté internationale pour tenter de mettre un terme aux violences dans la région.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et Associated Press

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