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Des sinistrés des inondations à bout de souffle face à la lenteur du processus d'aide

La maison de Benoît Guérette dans le quartier Pointe-Gatineau sera démolie le 7 mai prochain.
La maison de Benoît Guérette (à gauche) dans le quartier Pointe-Gatineau sera démolie le 7 mai prochain. Photo: Radio-Canada / Manon Globensky
Radio-Canada

Gatineau a obtenu une dérogation pour permettre la reconstruction de maisons très endommagées en zones inondables, mais les autorités reconnaissent que cette mesure n'a pas été efficace pour les sinistrés.

D'après un reportage de Manon Globensky, à l'émission L'heure du monde

La Ville a tenté de convaincre de nombreux propriétaires de ne pas démolir leur demeure même si les dommages excédaient 50 % de sa valeur. Elle souhaitait notamment éviter de se retrouver avec des quartiers morcelés par des terrains vides.

Or, la dérogation a été accordée en novembre et de nombreux propriétaires avaient déjà choisi d'aller vivre ailleurs. D’autres attendent toujours de savoir s'ils vont quitter leur maison ou la rebâtir.

C’est le cas de Benoît Guérette qui possède une maison divisée en trois logements sur la rue Jacques-Cartier, en bordure de la rivière Gatineau, et dont les deux appartements du bas sont condamnés.

Dans son quartier, plusieurs rues sont en partie abandonnées puisque les bâtiments ont déjà été démolis et que les propriétaires ont dû déménager.

« Je ne sais pas qui va entretenir ces terrains-là, mais mon défi, c'est de trouver une façon de m'en sortir sans trop perdre d'argent », déplore M. Guérette.

Il dit avoir songé à reconstruire, mais il s'est mis à douter lorsqu'on lui a demandé de nombreuses soumissions.

Je me demande si le gouvernement fait exprès pour mettre du sable dans l'engrenage pour nous avoir à l'usure. Ça va faire 11 mois et la maison est pareille qu'au lendemain du retrait des eaux, je suis tanné.

Benoît Guérette, sinistré des inondations

« Le 7 mai prochain, je démolis, je n'ai pas le choix, par l'usure, par la force des choses, je ne suis plus capable », se désole-t-il.

Sa voisine Ginette Lafleur vit dans sa maison sinistrée même si elle a dû en arracher tous les tapis du rez-de-chaussée. Elle attend toujours le rapport du ministère de la Sécurité publique qui va lui dire si elle doit reconstruire ou démolir.

« C’est difficile, j'appelle la Sécurité publique assez souvent et c'est assez rare que j’ai des réponses […], c’est long, ça n’a pas de sens », s’insurge-t-elle.

Une réflexion s’impose, dit le maire de Gatineau

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, refuse de laisser les quartiers en zones inondables se vider sans qu'il n'y ait de réflexion.

« Pour moi, il faut faire des choix, il faut regarder chaque bout de quartier [pour voir] comment on fait pour les protéger à long terme. Si on n'est pas capable ou si ça coûte trop cher, il faut le dire et s'assumer », croit-il.

Pour écoutez le reportage complet diffusé à l'émission L'heure du monde, cliquez ici.

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