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L'industrie automobile, un secteur crucial dans la renégociation de l'ALENA

L'Aléna a fait croître l'industrie de la production automobile et des pièces d'auto au Mexique

Photo : getty images/istockphoto / RainerPlendl

Radio-Canada

La septième séance de négociations de l'Accord de libre-échange nord-américain a été marquée par le rappel inattendu à Washington du négociateur américain de l'automobile. Les constructeurs des États-Unis souhaitaient lui faire part de leurs préoccupations pour cette industrie qui génère d'importantes retombées économiques.

Ces entreprises produisent environ 12 millions de véhicules par année, par rapport à près de 2,5 millions au Canada et 3,6 millions au Mexique.

Or, la production et les emplois se déplacent de plus en plus au sud. Cette tendance est attribuable notamment aux salaires mexicains en moyenne cinq fois moins élevés que dans les deux autres pays signataires de l'entente.

Les États-Unis souhaitent que le contenu nord-américain passe de 62,5 % à 85 %. Ils réclament aussi 50 % de contenu américain dans chaque véhicule.

« Le Canada n'acceptera jamais ce genre de proposition, car ce serait la mort de son industrie exportatrice numéro un, c'est 80 milliards de dollars pour le Canada », affirme le président du syndicat Unifor, Jerry Dias.

Des coûts aux frontières

Le passage de ces véhicules et des pièces entre les frontières des trois pays se fait sans taxe, mais les formalités douanières sont coûteuses.

« La construction de 4500 automobiles entre le Canada et les États-Unis nécessite environ 27 000 traversées de frontières », explique Yan Cimon, professeur à la Faculté des sciences de l'administration de l'Université Laval.

Une importation par bateau peut nous amener en un seul passage de frontière 4500 véhicules, donc vous avez des effets tarifaires qui vont avantager les étrangers.

Yan Cimon

Ces dispositions favorisent les constructeurs asiatiques qui n’ont pas à traverser plusieurs frontières.

Les enjeux concernant l’intelligence artificielle, ainsi que ceux relatifs aux véhicules électriques, à l’hydrogène et autonomes, sont au cœur des préoccupations.

« Si on renégocie un ALENA 2.0 sans penser à tous ces facteurs, on se retrouve en position où l'on va avoir un excellent accord pour le 20e siècle, mais on sera très mal positionnés contre les géants asiatiques et les géants de la technologie », souligne M. Cimon.

Avec les informations de Jean-Michel Leprince

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