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  • Il y a 25 ans, les francophones du Manitoba criaient victoire

    Téléjournal, 4 mars 1993
    Radio-Canada

    Le 4 mars 1993, les Franco-Manitobains se réjouissent. La Cour suprême du Canada statue que les francophones de la province pourront désormais gérer entièrement leurs écoles. Un grand pas pour cette minorité linguistique qui lutte depuis longtemps pour une éducation en français.

    « Les francophones du Manitoba jubilent », affirme le présentateur Bernard Derome au Téléjournal du 4 mars 1993. À Winnipeg, le journaliste Marc-André Masson explique la portée de cette importante décision.

    Selon la Cour suprême, le nombre d’élèves francophones au Manitoba justifie la création d’un conseil scolaire autonome. Le tribunal demande au gouvernement provincial de mettre en place rapidement un système qui permettra à la minorité linguistique d’exercer ses droits.

    Le jour même, le journaliste Jean-François Lépine part à la rencontre de Michel Bastarache, l’avocat qui a défendu cette cause. Au Point, le spécialiste des droits linguistiques explique que ce jugement élimine le litige entre le gouvernement manitobain et les parents francophones. Ceux-ci réclamaient le droit de gestion de leurs écoles et l’établissement de commissions scolaires de langue française.

    À la base de cette décision, l’idée que les services aux francophones devraient être gérés par ces derniers, lorsque leur nombre le justifie.

    Le sort de l’éducation francophone du Manitoba

    Les Franco-Manitobains se battent pour un système scolaire en français depuis longtemps. Le 10 mars 1916, le gouvernement libéral de Tobias Norris fait adopter la loi Thornton qui impose l’anglais comme langue officielle d’enseignement. Elle abolit du même coup l’éducation du français dans la province. Un geste qui déclenche la colère dans la communauté francophone.

    Fondée en réaction à la loi Thornton, l’Association d’éducation des Canadiens français du Manitoba sert de ministère de l’Éducation parallèle pour les francophones. Pendant des décennies, des personnes dévouées luttent pour la survie du français. Certains enseignants acceptent même de travailler dans l’illégalité, loin du regard des inspecteurs.

    À l’émission Aujourd’hui du 13 octobre 1965, le journaliste Paul-Émile Tremblay donne la parole à des Franco-Manitobains travaillant dans le milieu de l’éducation. Ils affirment que le manque de soutien du gouvernement menace la survie de leur langue.

    Notre langue et notre culture française sont destinées à disparaître […] s’il n’y a pas un changement dans cette structure de l’enseignement.

    Le frère Bruns, préfet des études au Collège Saint-Boniface

    À la fin des années 1960, le gouvernement Roblin permet l’enseignement en français dans les écoles la moitié du temps. Le premier ministre Ed Schreyer rétablit le français comme langue d’enseignement, au même titre que l’anglais, en 1970.

    En 1974, le Bureau de l’éducation française (BEF) est mis sur pied pour encourager la création d’écoles et de programmes d’immersion française.

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