•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’opposition de Scott Moe à la taxe carbone est symbolique, dit un expert

Le premier ministre saskatchewanais, Scott Moe, devant des microphones.
À quelques heures de la date limite fixée par Ottawa pour adhérer à la taxe carbone, le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, s'y oppose toujours. Photo: La Presse canadienne / Caitlin Taylor

Le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, a beau s'opposer dur comme fer au plan pancanadien sur la tarification du carbone, en bout de ligne, c'est Ottawa qui aura le dernier mot, avance un expert.

Bien que symbolique, cette opposition a tout de même des visées politiques, soutient Daniel Béland, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en politique publique à l'École Johnson Shoyama.

« C’est essentiellement du théâtre politique. On s’oppose à une chose en sachant qu’elle va survenir pour simplement montrer que l’on s’oppose. Mais je pense que le gouvernement Moe répond aux pressions de sa base politique [formée] notamment d’agriculteurs et de gens du secteur de l’énergie », explique-t-il.

Selon lui, Scott Moe ne fait que suivre la position de son prédécesseur, Brad Wall, en s’opposant au projet des libéraux, qui de toute façon, explique M. Béland, « ne sont pas très populaires en Saskatchewan ».

Dissensions idéologiques

Daniel Béland croit par ailleurs qu’il y a des enjeux idéologiques qui motivent le premier ministre saskatchewanais à s’opposer si fortement à la taxe carbone. Selon lui, la Saskatchewan priorise la croissance économique à court terme, alors qu’Ottawa favorise une adaptation de l’économie à des réalités changeantes, et ce, à plus long terme.

C’est une guerre assez difficile à gagner surtout que la Saskatchewan est une province assez isolée, parce que toutes les autres provinces ont adhéré au plan fédéral sur la taxe carbone.

Daniel Béland, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en politique publique à l'École Johnson Shoyama

Selon M. Béland, le seul espoir du premier ministre Scott Moe est de sortir de son isolement et de se trouver un allié. « L’espoir du Parti saskatchewanais, du gouvernement Moe, c’est que le Parti conservateur uni l’emporte l’an prochain en Alberta lors des élections provinciales. À ce moment-là, la Saskatchewan ne serait plus seule à s’opposer à Ottawa », explique-t-il.

Dire adieu aux retombées économiques

Maintenant que la date limite pour adhérer au plan pancanadien est sur le point d’être dépassée, la Saskatchewan devra probablement se passer des 62 millions de dollars qui y étaient attachés.

En refusant de créer son propre système de taxation, comme l’a notamment fait le Manitoba, la Saskatchewan risque de se voir imposer par Ottawa, une taxe de 10 $ la tonne de carbone. Le cas échéant, le gouvernement Moe n’aurait plus aucun contrôle sur la taxation du carbone ni sur les revenus engendrés par l’imposition d’une telle taxe.

Ces revenus reviendraient entièrement à celui qui gère la taxe, soit Ottawa. Ce serait alors au gouvernement fédéral de décider de la façon dont ces sommes seraient distribuées à la province.

Lors d'un point de presse organisé mardi, le premier ministre de la Saskatchewan a répété qu'il n'hésiterait pas à avoir recours aux tribunaux si Ottawa allait de l'avant avec l'imposition d'une taxe sur le carbone.

Saskatchewan

Changements climatiques