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Hollywood tarde à refléter la diversité alors que Black Panther triomphe

Image promotionnelle du film « Black Panther »

Danai Gurira et Florence Kasumba (à gauche) dans une scène du film « Black Panther »

Photo : Marvel Studios

Radio-Canada

Alors que Black Panther enfile les records aux guichets mondiaux, une nouvelle étude indique que les cinéphiles issus de la diversité contribuent au succès des superproductions et des téléséries les plus populaires. Pourtant, à l'aube des Oscars, qui auront lieu dimanche, encore trop peu de personnes de couleur et de femmes sont représentées à Hollywood.

Le Bunche Center de l'Université de Californie à Los Angeles (UCLA) a réalisé sa cinquième étude annuelle sur la diversité dans l’industrie du divertissement mardi. Celle-ci porte sur les 200 principaux films parus en 2016 et les 1251 émissions de télévision de la saison 2015-2016.

L’étude démontre que même si « le public préfère les films et émissions de télé avec des acteurs de diverses origines ethniques, l'industrie du film est lente à corriger ses disparités raciales et de genre ».

Une diversité friande de cinéma

Pourtant, un résultat saute aux yeux : les minorités achètent la majorité des billets de 5 des 10 films en tête des palmarès, et la moitié d’entre elles se sont procuré des billets pour les deux films les plus populaires parmi les 10 premiers.

Les Latino-Américains et les Afro-Américains fréquentent davantage les salles de cinéma. Selon la Motion Picture Association of America (MPAA), les Latino-Américains comptent pour 18 % de la population, mais représentent 23 % des cinéphiles les plus assidus. Constituant 12 % de la population, les Afro-Américains représentent 15 % des cinéphiles.

De plus, les chercheurs de UCLA ont découvert que les films avec des distributions composées de 21 à 30 % de minorités ont régulièrement de meilleurs résultats aux guichets que les productions avec des distributions plus homogènes sur le plan racial et ethnique.

Le récent succès des films Moonlight, Les figures de l’ombre et Fences le prouvent. Celui de Black Panther, avec 700 millions de dollars américains de recettes récoltées partout dans le monde en deux semaines, est éloquent. Leur réussite démontre la logique économique liée à la production de films et de téléséries qui n’ignorent pas la moitié de leur public potentiel.

Le film « Moonlight », de Barry Jenkins

Le film « Moonlight », de Barry Jenkins

Photo : AP / David Bornfriend/A24

Cependant, Darnell Hunt, coauteur de l’étude et directeur du Bunche Center de UCLA, déplore que l’industrie du cinéma et de la télévision soit encore dirigée par des hommes blancs. « Elle n’a pas encore compris comment intégrer des femmes et d’autres décideurs issus des minorités dans le processus », précise le chercheur.

Hollywood toujours trop blanc et trop masculin

Bien que certaines productions illustrant bien la diversité aient triomphé aux guichets, les chercheurs ont découvert que les minorités demeurent sous-représentées parmi les rôles principaux au cinéma (13,9 %), les réalisateurs (12,6 %), les scénaristes (8,1 %), les rôles principaux à la télé (18,7 %), à la télévision câblée (20,2 %) et à la télévision numérique (12,9 %).

La présence des femmes à Hollywood a quant à elle connu des améliorations au cours de la dernière année, mais elle s’est toutefois détériorée dans certains domaines, dont en réalisation. Seulement 6,9 % des réalisatrices sont des femmes, comparativement 7,7 % l'an dernier. Le nombre de femmes dans des rôles principaux a aussi reculé. Par contre, celles-ci jouent 45 % des rôles principaux dans les téléséries câblées.

Ava DuVernay

Ava DuVernay

Photo : Invision / Willy Sanjuan

Si 4 Américains sur 10 sont issus de la diversité, ils sont deux fois moins nombreux dans les rôles principaux à la télévision, et cinq fois moins parmi les créateurs de séries télé. Seuls les acteurs noirs s’en sortent mieux en décrochant 14 % des rôles au cinéma et à la télévision, alors qu’ils constituent 12 % de la population américaine.

Des progrès ont toutefois été réalisés, notamment dans les rôles principaux à la télévision. En cinq ans, les minorités ont progressé de 5,1 à 15,7 %. Mais d’autres secteurs, dont celui de la cinématographie, n’ont connu aucune ou peu d’amélioration.

« Nous avons recueilli assez de données qui indiquent que la diversité est payante », affirme Darnell Hunt.

Avec les informations de Associated Press, et Agence France-Presse

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