•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

D'importants détaillants d'armes, dont Walmart, se rendent aux arguments des élèves de Parkland

Les élèves de l'école secondaire Marjory Stoneman Douglas ont été accueillis par un fort contingent de policiers lors de leur retour en classe, mercredi. Photo: La Presse canadienne / AP/Mike Stocker
Radio-Canada

Walmart, un des plus importants vendeurs d'armes aux États-Unis, et le détaillant d'articles de sport Dick's Sporting Goods, ne vendront plus d'armes aux Américains de moins de 21 ans. Dick's Sporting Good retire aussi toutes les armes semi-automatiques et tous les chargeurs de grande capacité de ses 675 magasins.

Walmart a pour sa part ajouté qu'il retirait de son site Web les articles qui ressemblent à des fusils d'assaut, y compris les fusils jouets. En 2015, Walmart a cessé de vendre des fusils d’assaut, dont les fusils semi-automatiques AR-15.

Les deux compagnies ont fait leur annonce mercredi, jour de retour en classe des 3000 élèves de l’école secondaire Marjory Stoneman Douglas de Parkland, en Floride, qui ont été éprouvés par la fusillade ayant coûté la vie à 17 élèves et employés le 14 février et qui militent depuis pour un meilleur contrôle des armes à feu.

Dans un communiqué publié en début de journée, le président et chef de la direction de la compagnie Dick's Sporting Goods, Edward Stack, dit avoir été « profondément troublé et attristé » par cette tuerie et avoir décidé d’agir en conséquence, malgré les récriminations attendues du puissant lobby américain des armes à feu.

Des pensées et des prières ne suffisent pas. Nous avons le plus grand respect et la plus grande admiration pour les élèves qui s’organisent et font entendre leur voix au sujet de la violence par les armes à feu dans les écoles et ailleurs au pays. Nous vous avons entendus. Le pays vous a entendus.

Edward Stack, patron de Dick's Sporting Goods

Dick’s Sporting Goods « soutient et respecte » le deuxième amendement de la Constitution américaine, qui consacre le droit des Américains de porter des armes, écrit M. Stack, mais il n’en faut pas moins « résoudre » cette « épidémie » d'actes violents commis avec des armes à feu, qui coûtent la vie à « trop de gens ».

Il révèle par ailleurs que l’auteur de la tuerie de Parkland, Nikolas Cruz, a acheté un fusil dans un de ses magasins en novembre. « Ce n’était ni l’arme ni le type d’arme qui a été utilisé par le tireur. Mais cela aurait pu être le cas », écrit M. Stack. La police croit que le jeune homme de 19 ans, un ancien élève de l’école, a commis son carnage avec un fusil semi-automatique AR-15.

Un magasin de la chaîne Dick's Sporting Goods à Miami, en Floride. Un magasin de la chaîne Dick's Sporting Goods à Miami, en Floride. Photo : La Presse canadienne / AP/Alan Diaz

Le patron de Dick’s Sporting Goods « implore » en outre les élus américains d’utiliser leur pouvoir législatif pour que les mesures qu’il a prises soient inscrites dans la loi. Il les presse également de renforcer les vérifications de sécurité de tous les acheteurs d’armes à feu et de constituer un registre des personnes qui n’ont pas le droit d’en acheter.

Certains diront que ces mesures ne peuvent garantir que des tragédies comme celle de Parkland ne se reproduiront pas. Ils ont peut-être raison. Mais si une réforme de bon sens entre en vigueur et qu’une seule vie est sauvée, ça aura valu la peine.

Edward Stack, patron de Dick's Sporting Goods

« Nous espérons que d’autres se joindront à nous dans cet effort pour que nos enfants sachent que leurs plaidoyers sont pris au sérieux », ajoute M. Stack. « Nous croyons profondément que nos enfants sont les cadeaux les plus importants de ce pays. Ils sont notre avenir. Nous devons les garder en sécurité. »

Dick’s Sporting Goods avait déjà arrêté de vendre des armes semi-automatiques dans les magasins arborant l'enseigne de sa compagnie après la tuerie à l’école primaire Sandy Hook, au Connecticut, en 2012. La décision de ce matin étend cette mesure aux 35 commerces portant l'enseigne Field and Streams.

Malgré les demandes insistantes des élèves de l’école secondaire de Parkland, la National Rifle Association (NRA), puissant lobby américain des armes à feu, s’oppose fermement à ce que l’âge permis pour se procurer des armes soit supérieur à 18 ans. Cela contrevient au deuxième amendement de la Constitution, argue-t-elle.

Un homme de dos porte un t-shirt sur lequel on peut lire les noms des 17 victimes de la tuerie. À l'instar de nombreux élèves, des résidents de Parkdale portaient des vêtements commémorant les 17 victimes de la tuerie. Photo : Reuters / Mary Koeth

Des policiers qui ne rassurent qu'à moitié

Les élèves de l’école secondaire Marjory Stoneman Douglas sont pour leur part retournés en classe mercredi, sous l’œil attentif d’une cinquantaine de policiers armés déployés pour l’occasion.

L’idée était d’offrir un sentiment de sécurité aux élèves toujours traumatisés par la tuerie du 14 février, mais certains d’entre eux ont souligné que cette présence était elle-même troublante.

« Cela montre que l’éducation se fait dans la peur dans ce pays », a commenté David Hogg, l’un des meneurs du mouvement Never Again, créé par des élèves pour exiger un meilleur contrôle des armes à feu aux États-Unis.

La NRA veut plus d’armes comme ça […] pour effrayer plus de gens et vendre plus d’armes. Je sais que l’une de ces balles pourrait me déchiqueter si j’étais mal identifié comme un tireur.

David Hogg

« Je me dis qu'on est mieux protégé que n'importe quelle autre école, mais cela fait une drôle d'impression de revoir tout le monde sur place et tous ces policiers », a aussi convenu Sean Cummings.

Ce jeune homme de 16 ans ne cache pas que même si la situation lui apparaît « bizarre », il n’est pas fâché de ce retour en classe. « C’est super que tout le monde soit là. Je pense que ça va être super de revoir tous mes profs. Ça va faire du bien de revenir », a-t-il admis.

D’autres, comme Casey Sherman, une jeune femme de 17 ans arrivée sur place en tenant son compagnon par la main, ont voulu profiter de l’occasion pour transmettre un message de courage à leurs camarades.

Nous avons traversé une tragédie. Cela a été épouvantable. Mais si vous laissez cela vous arrêter… [Ce qui compte] ce n’est pas la façon dont vous tombez, c’est la façon dont vous vous relevez.

Casey Sherman

Des intervenants sociaux pouvant aider les étudiants à vivre leur deuil sont aussi à pied d’œuvre sur le campus. Des animaux ont également été transportés sur place à des fins de zoothérapie.

Plusieurs élèves se sont présentés avec des vêtements aux couleurs de l’école, ou à la mémoire des victimes de la tuerie. Ils n’ont toutefois pas pu amener leur sac d’école, interdit par la direction pour l’occasion.

L’immeuble de l’école où s’est produite la tuerie demeure scellé jusqu’à nouvel ordre, et il n’est pas prévu que les élèves y retournent un jour. Des élus de la Floride souhaitent qu’il soit rasé et remplacé par un mémorial.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et Associated Press

Politique américaine

International