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Système de paye Phénix : « On ne voit pas la lumière au bout du tunnel »

Des syndiqués de la fonction publique manifestent.

Des syndiqués de la fonction publique manifestent leur mécontentement envers les ratés du système de paye Phénix, le 28 février 2018 à Moncton.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Des syndiqués de la fonction publique du Canada manifestent mercredi en Atlantique comme ailleurs au Canada pour demander au gouvernement Trudeau d'accélérer le pas afin de régler les problèmes du système de paye Phénix, qui subsistent depuis deux ans.

Mardi, lors du dévoilement du budget fédéral, le gouvernement a annoncé son intention de travailler à la mise en place d’un nouveau système de paye pour les employés fédéraux. La somme de 16 millions de dollars sur deux ans, à compter de 2018-2019, est annoncée pour financer un futur système de remplacement.

D’ici là, il injecte la somme de 431,4 millions de dollars sur six ans, dont l'effet rétroactif couvrira 2017-2018, pour régler les problèmes de Phénix. Des employés supplémentaires seront embauchés pour prêter main-forte à ceux qui travaillent au Centre des services de paye, à Miramichi, au Nouveau-Brunswick, et dans les bureaux satellites. Ottawa recrutera aussi des employés de la paye dans les ministères fédéraux, comme c'était le cas avant l'implantation ratée du système.

« [Ceux] qu’ils embauchent, ce sont des gens pour faire des entrées de données, et non des experts en la matière », dit Shanny Doucet, directrice des membres francophones à l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) pour la région de l’Atlantique.

« Ce qu’on voudrait, et ce qu’on demande, c’est d’avoir des conseillers en rémunération rétablis dans les départements de la fonction publique pour aider ces employés-là, qui ont de la difficulté à comprendre leur paye », dit-elle. Mme Doucet ne croit pas que c’est ce que prévoit le budget Morneau.

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Shanny Doucet, directrice des membres francophones à l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) pour la région de l’Atlantique.

Photo : Radio-Canada

L’annonce faite en douce mardi dans le budget du ministre des Finances Bill Morneau, au sujet du remplacement éventuel du système Phénix, ne règle guère les problèmes dans l’immédiat, soutient Mme Doucet.

« Ç'a pris plus de dix ans avant l’implémentation de Phénix, et encore aujourd’hui, on ne voit pas la lumière au bout du tunnel. S’ils parlent de faire un autre système pour nos payes, à ce moment-là on sait déjà que ça va prendre au moins dix ans », dit-elle.

Annoncé en 2009 par le gouvernement conservateur de l’ancien premier ministre Stephen Harper, le système fédéral de paye Phénix a été lancé il y a deux ans, sous le gouvernement libéral de Justin Trudeau.

Le budget présenté mardi fait grimper la facture totale du système Phénix à près de 1 milliard de dollars.

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Environ 200 personnes ont manifesté contre les ratés du système de paye Phénix devant le chantier naval d'Halifax le 28 février 2018.

Photo : CBC / Paul Palmeter

L’Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC) fait les demandes suivantes au premier ministre Justin Trudeau :

  • cesser immédiatement de forcer les fonctionnaires qui ont été trop payés à rembourser le montant brut, qui est plus élevé que ce qu’ils ont reçu;
  • augmenter le nombre de conseillères et conseillers en rémunération dans les ministères et au Centre des services de paye afin d’aider les membres à régler leurs problèmes de paye;
  • dédommager les personnes qui ont subi un grand stress en raison des ratés de Phénix et qui ont consacré beaucoup de temps à essayer de régler leurs problèmes de paye.
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Isabelle Forest, présidente du Conseil régional du Grand Moncton (Pêches et Océans) de l’AFPC.

Photo : Radio-Canada

« Il y a des femmes en congé de maternité qui ont passé 11 de leurs 12 mois de congé de maternité sans paye, à cause du problème de Phénix », affirme Isabelle Forest, présidente du Conseil régional du Grand Moncton (Pêches et Océans) de l’AFPC. « Avec un nouveau bébé à la maison, c’est extrêmement stressant de ne pas savoir si tu vas avoir une paye, ou bien d’être obligée de passer une grosse partie de ton temps au téléphone à essayer de parler à quelqu’un. »

Shanny Doucet juge que l'aide psychologique offerte gratuitement aux employés fédéraux n'est pas suffisante. « Ce qu’on demande, c’est un dédommagement monétaire pour aider ces gens-là. Ça fait deux ans, plus de deux ans, qu’ils ont des problèmes de paye et ils n’ont aucune solution dans le futur proche », dit-elle.

Avec les informations de Nicolas Pelletier et Pierre-Alexandre Bolduc

Avec les informations de La Presse canadienne

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