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  • Il y a 20 ans : Mary Ellen Turpel-Lafond, première femme juge autochtone en Saskatchewan

    Ce soir, 5 mars 1998
    Radio-Canada

    Le 5 mars 1998, Mary Ellen Turpel-Lafond est nommée juge à la cour provinciale de Saskatchewan. C'est une première pour une femme autochtone. Retour en archives sur le parcours de cette battante, qui s'est aussi démarquée comme représentante des enfants et de la jeunesse en Colombie-Britannique.

    L’annonce de cette nomination est soulignée en Saskatchewan au bulletin de nouvelles Ce soir, du 5 mars 1998. Le journaliste Marc Genuist dresse le portrait de la carrière de Mary Ellen Turpel-Lafond. La nouvelle juge a déjà un CV bien garni, dont un doctorat de l’Université Harvard. Il s'agit d'une autre première à la cour provinciale de Saskatchewan.

    Entre autres, la juge Mary Ellen Turpel-Lafond souhaite améliorer les relations entre Autochtones et non-Autochtones. Sa cérémonie publique d’entrée en fonction aura d’ailleurs lieu à Wanuskewin, un parc patrimonial de la culture crie.

    À la cour saskatchewanaise, la juge se fera connaître par sa lutte pour améliorer l’accès à la justice et mieux répondre aux besoins des jeunes. Le grand dossier qui marquera son mandat est celui du traitement des contrevenants atteint du syndrome de l’alcoolisme fœtal.

    C’est de ce dossier qu'il est question dans ce reportage de l’émission Ça vaut le détour!, du 20 novembre 2004. Mary Ellen Turpel-Lafond souhaite alors entreprendre une réforme judiciaire. Elle avance que les jeunes qui souffrent de troubles causés par l’alcoolisation fœtale ne devraient pas être jugés au même niveau que d’autres criminels. Elle propose plutôt d’instaurer un tribunal thérapeutique, accompagné de programmes de réhabilitation. Sa vision bouscule l’approche traditionnelle.

    En 2006, Mary Ellen Turpel-Lafond obtient un congé sans solde du barreau de Saskatchewan pour relever un autre défi. Elle est nommée représentante de l’enfance et de la jeunesse de la Colombie-Britannique. La province vient alors de recevoir un rapport sévère du juge Ted Hugues, soulevant de nombreux dysfonctionnements dans les services à l’enfance.

    La nouvelle représentante de l’enfance et de la jeunesse de la Colombie-Britannique rencontre les médias le 4 décembre 2006. Au Téléjournal Colombie-Britannique, la journaliste Sophie Rousseau fait le compte-rendu de cette conférence de presse au présentateur Pierre-Philippe Bibeau.

    Mary Ellen Turpel-Lafond a déjà la réputation d’être franche. D’entrée de jeu, elle exige une pleine collaboration du gouvernement. Elle voit les recommandations du juge Ted Hughes comme un plan d’action qu’elle compte bien appliquer. Elle est aussi tout à fait consciente que cela implique un changement de culture profond au sein de l’administration britanno-colombienne.

    Son rôle lui donne une pleine autonomie et indépendance par rapport au gouvernement. Au cours de ses 10 années en poste, Mary Ellen Turpel-Lafond ne manquera d’ailleurs pas de le critiquer. Elle dénonce notamment plusieurs cas qui auraient pu être évités, soulignant la lenteur et la désorganisation du système en place.

    À l’automne 2016, Mary Ellen Turpel-Lafond termine son mandat comme représentante de l’enfance et de la jeunesse de la Colombie-Britannique. Parmi ses réussites, elle peut compter la diminution du nombre d’enfants sous la garde de l’État.

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