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Stéphanie Vallée ne sera pas candidate aux prochaines élections

La ministre québécoise de la Justice, Stéphanie Vallée

La ministre québécoise de la Justice, Stéphanie Vallée

Photo : The Canadian Press / Jacques Boissinot

Radio-Canada

La ministre de la Justice Stéphanie Vallée a choisi de ne pas se porter candidate au scrutin du 1er octobre, évoquant le désir de consacrer plus de temps à sa famille. Elle précise toutefois qu'elle quitte la politique active, mais pas la politique.

« Je serai transparente avec vous : je n'ai pas envie de vous dire que je suis en réflexion. »

Le message était donc clair en point de presse, mercredi matin, pour la ministre de la Justice. Si elle précise qu'« elle ne lance pas l'éponge », pas question de réclamer un nouveau mandat aux électeurs de la circonscription de Gatineau.

Selon Mme Vallée, il s'agit d'une décision « mûrie depuis longtemps » qui daterait même d'avant le dernier scrutin.

« La vie politique est un engagement à temps plus que plein. Mes deux enfants, qui sont maintenant grands, ont passé la majorité de leur vie avec une mère peu présente », a ajouté la ministre, en disant vouloir se « réapproprier [sa] vie personnelle et familiale ».

Je ne voyais pas comment je pouvais continuer après [l'actuel mandat].

La ministre de la Justice Stéphanie Vallée

Mme Vallée a aussi ajouté que le premier ministre avait été informé de sa décision il y a déjà quelques semaines.

Dossiers difficiles

Faut-il imputer sa décision aux difficultés des dernières années, notamment la gestion des longs délais dans l'administration de la justice, à la suite de l'arrêt Jordan, ainsi qu'à l'adoption laborieuse du controversé projet de loi 62 sur la prestation de services à visage découvert?

Aucunement, répond la principale intéressée.

« L'arrêt Jordan, ce n'est pas de ma faute! », a même lancé Mme Vallée, avant de soutenir que son ministère a investi 175 millions $ pour faciliter le traitement des dossiers juridiques et l'accès à la justice. « C'est du jamais vu depuis des décennies », a-t-elle martelé.

Quant à la loi sur la prestation de services à visage découvert, mieux connue sous son ancien nom, le projet de loi no 62, la future ex-ministre estime avoir manoeuvré du mieux possible au sein de ce « dossier délicat ».

« C'est un débat de société qui polarise, qui a peut-être malheureusement été collectivement abordé de la mauvaise façon », poursuit Mme Vallée.

Si cette dernière se dit toujours « extrêmement fière de faire partie de l'équipe libérale », elle souligne que la vie politique n'est pas toujours rose.

Je vous avoue que c'est parfois un petit peu difficile de répondre aux médias, de faire face à l'opposition.

Stéphanie Vallée

Mme Vallée avait dû aussi, le printemps dernier, composer avec une fronde dans sa propre circonscription de l'Outaouais. Des libéraux mécontents de son travail de députée menaçaient de lui opposer un autre candidat à l'investiture libérale dans Gatineau aux prochaines élections.

Contacté par La Presse canadienne, le cabinet de la ministre n'a pas voulu faire de commentaire.

Appui du premier ministre

Dans le cadre d'une visite en entreprise, le premier ministre Philippe Couillard a réitéré son appui à sa ministre de la Justice.

La pression familiale est très, très forte sur les élus; c'est une réalité qui est très dure. Il faut respecter l'engagement politique des gens de tous les partis.

Le premier ministre Philippe Couillard

Pas question non plus, pour M. Couillard, d'imputer le départ de Mme Vallée à la controverse entourant la loi sur les services à visage découvert.

« Mme Vallée a défendu le projet de façon très éloquente et très énergique. »

« Elle a rempli exactement le mandat qu'on lui avait confié », a-t-il ajouté.

À ce jour, c'est la seule membre du cabinet Couillard, qui compte 30 ministres, à avoir indiqué son intention de quitter la vie politique au terme du présent mandat. Mais quelques-uns de ses collègues pourraient lui emboîter le pas, ayant entrepris eux aussi une réflexion sur leur avenir politique.

Malgré des sondages qui annoncent une possible défaite des libéraux au profit de la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault, il appert que la grande majorité des députés et ministres comptent tenter leur chance de se faire élire une fois de plus.

À moins d'une surprise, on n'assistera donc pas à un renouvellement majeur de l'équipe libérale en place.

Ministres en réflexion

Selon les informations obtenues de plusieurs sources, au moins trois autres ministres sont en réflexion, soit Jean-Marc Fournier (Saint-Laurent), Laurent Lessard (Lotbinière-Frontenac) et Geoffrey Kelley (Jacques-Cartier). Ils hésitent entre le oui et le non devant la perspective de réclamer un mandat additionnel à leurs électeurs.

La ministre Lise Thériault a hésité elle aussi, car elle a connu son lot de difficultés, d'abord à la Sécurité publique, puis à la Condition féminine. Mais elle a décidé de plonger une fois de plus.

Dans les rangs libéraux, même si ce n'est pas encore officiel, on tient pour acquis que le président de l'Assemblée nationale, Jacques Chagnon, député depuis 1985, ne portera pas les couleurs du PLQ dans Westmount-Saint-Louis, ce qui libère cette forteresse libérale, éventuellement pour la ministre Hélène David.

Députée d'Outremont depuis 2014, cette dernière doit se trouver une nouvelle piste d'atterrissage à Montréal, en raison du redécoupage de la carte électorale, qui résulte en une fusion de son fief avec celui du ministre Pierre Arcand, dans Mont-Royal.

Parmi les 69 députés qui forment le caucus libéral, cinq ont déjà annoncé qu'ils ne solliciteraient pas un autre mandat : Norbert Morin (Côte-du-Sud), Guy Hardy (Saint-François), Karine Vallières (Richmond), Pierre Reid (Orford) et André Drolet (Jean-Lesage). Il semble que Ghislain Bolduc (Mégantic) sera aussi du nombre.

Quatre autres députés libéraux poursuivent leur réflexion et pourraient bien annoncer sous peu qu'ils prendront leur retraite de la politique. Il s'agit de Raymond Bernier (Montmorency), Michel Matte (Portneuf), Germain Chevarie (Îles-de-la-Madeleine) et Serge Simard (Dubuc).

Cas problèmes

Il existe par ailleurs quelques cas problèmes, dont celui de Guy Ouellette (Chomedey), qui a affiché son intention d'être candidat, même si des accusations pourraient être portées contre lui en pleine campagne électorale, plaçant le PLQ dans une position inconfortable.

Soupçonné d'être à l'origine de fuites dans les médias reliées à une enquête policière, M. Ouellette avait été arrêté par l'UPAC en octobre dernier, mais n'a fait l'objet d'aucune accusation jusqu'à maintenant. Des sources émanant du caucus indiquent que sa situation crée un embarras certain au sein des troupes.

Le cas de Brome-Missisquoi, fief de l'ex-ministre Pierre Paradis depuis 1980, est encore plus délicat. Ce dernier, chassé du conseil des ministres et du caucus libéral en raison d'allégations d'inconduite sexuelle, est en congé de maladie depuis plus d'un an. Il n'a jamais exprimé ses intentions pour l'avenir, sauf pour signifier par personne interposée qu'il aimerait revenir dans le caucus et reprendre ses activités.

Chose certaine, même s'il a été blanchi, le député devenu indépendant qui aura 68 ans en juillet ne fait plus partie des plans des libéraux.

Même constat dans Laurier-Dorion, la circonscription de l'ex-député libéral devenu indépendant à la suite d'allégations d'inconduite sexuelle, Gerry Sklavounos. Le PLQ croit avoir déjà trouvé, toujours dans la communauté grecque, celui qui pourrait garder ce comté montréalais dans le giron libéral. M. Sklavounos a bien tenté ces derniers mois de revenir au bercail, mais en vain.

En Mauricie, une région très convoitée par la CAQ, convaincue de ses chances de faire bonne figure le 1er octobre, le député libéral Pierre Giguère (Saint-Maurice) a été forcé de tirer sa révérence en raison du redécoupage de la carte électorale et de la fusion entre Saint-Maurice et Laviolette, représentée par la ministre Julie Boulet. Entre les deux, le premier ministre Philippe Couillard a dû trancher et a choisi de favoriser la réélection de Julie Boulet.

L'équipe du PLQ en bref

Le caucus libéral compte 69 députés, incluant 30 ministres.

  • Nombre de ministres ayant choisi de quitter la politique au terme du mandat : 1 (Stéphanie Vallée)
  • Nombre de ministres en réflexion : 3 (Jean-Marc Fournier, Geoffrey Kelley, Laurent Lessard)
  • Nombre de députés ayant choisi de quitter la politique au terme du mandat : 5 (Karine Vallières, Norbert Morin, Pierre Reed, André Drolet, Guy Hardy)
  • Nombre de députés en réflexion : 6 (Jacques Chagnon, Ghislain Bolduc, Raymond Bernier, Michel Matte, Germain Chevarie et Serge Simard).
Avec les informations de La Presse canadienne

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