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Ce que vous ne trouverez pas dans le budget Morneau

Le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, est interviewé dans le foyer de la Chambre des communes à la suite de la présentation de son troisième budget, le 27 février 2018.

Le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, est interviewé dans le foyer de la Chambre des communes à la suite de la présentation de son troisième budget, le 27 février 2018.

Photo : Reuters / Blair Gable

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Pour une troisième année de suite, Bill Morneau a conservé les mots « classe moyenne » dans le titre de son budget, présentant un document de continuité avec peu de nouvelles mesures phares. Mais bien que la brique déposée par le ministre des Finances compte 433 pages, certains éléments clés ont été occultés. Voici ce qui a été balayé sous le tapis.

Une analyse de Fannie Olivier

Pas de réponse aux politiques de Donald Trump

Le gouvernement de Justin Trudeau répète depuis des mois qu’il concocte un plan B advenant l’échec de la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). Ceux qui espéraient avoir un aperçu des grandes lignes de ce plan dans le budget 2018 ont été déçus.

Si le ministre Morneau admet que « l’incertitude » sur le sort de l’ALENA « pourrait peser sur les perspectives de croissance canadienne », il ne révèle pas comment il entend faire face au défi, et il ne prévoit pas de coussin de sécurité supplémentaire si l’administration Trump signait l’arrêt de mort de l’accord commercial.

Bill Morneau ne révèle pas non plus s’il entend réagir à la baisse du taux d’imposition des entreprises au sud de la frontière, alors que certains économistes craignent que des compagnies décident de déménager leurs pénates aux États-Unis afin de profiter de taux plus avantageux.

Il faut fouiller dans l’annexe 1, à la page 346, pour trouver une référence à cette réforme fiscale américaine. M. Morneau écrit que son ministère réalisera dans les mois à venir « une analyse détaillée » pour évaluer les répercussions possibles des changements sur le Canada. Ceux qui espèrent une réponse rapide devront prendre leur mal en patience.

Pas de coup de barre pour la réduction des GES

Les investissements consacrés à la protection de la nature, les parcs et les aires sauvages sont considérables, avec une enveloppe de 1,3 milliard de dollars sur cinq ans. Cependant, la section du budget consacrée à l’environnement contient à peine une dizaine de pages.

Le ministre Morneau ne souffle pas un mot sur les subventions à la production d’énergie fossile, que le Canada s’est pourtant engagé à éliminer il y a près de 10 ans. Même s’il semble de moins en moins probable que le Canada atteigne ses cibles de réduction de gaz à effets de serre, les libéraux ne sentent pas le besoin de donner un coup de barre à ce chapitre.

Pas de nouvelles mesures musclées contre les paradis fiscaux

Le gouvernement Trudeau affirme toujours espérer récupérer 25 milliards de dollars en luttant contre les paradis fiscaux, mais l’objectif qu’il se fixe dans le budget est beaucoup moins ambitieux. Il estime en effet que l’incidence prévue sur les revenus fédéraux découlant de ses interventions contre l’évasion et l’évitement fiscaux s’élèvera à 354 millions de dollars sur cinq ans.

La pression du public s’accentue pour qu’Ottawa serre la vis à ceux qui contournent les règles, mais le gouvernement Trudeau semble d’avis que les investissements promis lors des années précédentes pour s’attaquer au problème sont suffisants.

Pas de retour prévu à l’équilibre budgétaire

Justin Trudeau ne s’en vante plus, mais il avait bel et bien promis le retour à l’équilibre budgétaire avant la fin d’un premier mandat. Cet engagement paraît mort et enterré, avec un déficit prévu de 18,1 milliards de dollars cette année, et de 17,5 milliards l’an prochain.

Bill Morneau mise désormais sur un changement de culture et essaie de convaincre l’électorat que l’équilibre budgétaire n’est plus l’indicateur par excellence de la santé des finances publiques, mais bien le ratio dette-PIB.

Les conservateurs d’Andrew Scheer ne l’entendent pas de cette façon.

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