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Au moins 35 ans de détention pour le caïd Benjamin Hudon-Barbeau

Benjamin Hudon Barbeau subit son procès pour deux meurtres prémédités et deux tentatives de meurtres.

Photo : Fournie par la Cour

Radio-Canada

Un ex-sympathisant des Hells Angels reconnu coupable de deux meurtres et de deux tentatives de meurtre a écopé de la plus longue peine consécutive jamais imposée par un tribunal québécois : Benjamin Hudon-Barbeau devra purger au moins 35 ans de détention avant d'être admissible à la libération conditionnelle.

Un texte de Geneviève Garon

« Bravo, vous faites une belle job. Trente-cinq ans! Vous allez passer dans les annales judiciaires. Bonne journée, pauvre madame », a lancé Benjamin Hudon-Barbeau, 41 ans, visiblement en colère, après que la juge France Charbonneau eut prononcé sa peine, mercredi, au palais de justice de Saint-Jérôme.

L’ancien sympathisant des Hells Angels est le neuvième meurtrier au Canada à recevoir des peines consécutives et le premier au Québec.

Cet automne, un jury l’avait reconnu coupable du meurtre prémédité de Pierre-Paul Fortier en 2012, en lien avec le monde des stupéfiants, du meurtre au deuxième degré de Frédérick Murdoch et de deux tentatives de meurtre, liés à une dispute d’argent.

Lors du procès, la poursuite s'était efforcée de prouver que M. Hudon-Barbeau s'était servi d'un complice pour commettre les crimes, sans appuyer sur la gâchette.

« Il a soit aidé, encouragé ou conseillé Ryan Wolfson dans la commission des attentats », avait expliqué le procureur aux poursuites criminelles et pénales Steve Baribeau, en décrivant Wolfson comme « l'arme de l'accusé ».

La juge France Charbonneau conclut dans sa décision de 51 pages que les chances de réhabilitation de Benjamin Hudon-Barbeau sont pratiquement inexistantes.

« Sa personnalité décrite aux limites de la psychopathie, son caractère extrêmement manipulateur, violent et narcissique jumelé à son absence de reconnaissance de responsabilité, sa tendance répétée à reporter sur les autres la responsabilité de ses actes, son absence d’introspection et de sens moral, font qu’il est actuellement très dangereux pour la société », a-t-elle écrit.

Benjamin Hudon-Barbeau a automatiquement écopé de l’emprisonnement à vie pour meurtre non prémédité et le tribunal lui impose une période d’inadmissibilité à la libération conditionnelle de 10 ans. Cela s’ajoute aux 25 ans durant lesquels il devra attendre avant de demander une libération, en raison de sa condamnation pour meurtre prémédité.

Cette longue peine est possible depuis 2011, puisque le Parlement a ajouté l'article 745.51 au Code criminel, qui permet aux juges d'imposer des peines consécutives à un délinquant reconnu coupable de plusieurs meurtres.

C'est la quinzième fois qu'un tribunal canadien rend une décision portant sur l'article 745.51 du Code criminel. En tout, la cour a imposé des peines consécutives à neuf meurtriers et a refusé de le faire pour six autres.

Des précédents

Ainsi, Justin Bourque, qui a tué trois policiers de la Gendarmerie royale du Canada en 2014 à Moncton, a écopé d'une peine de 75 ans de détention.

Idem pour Douglas Garland, en Alberta, qui ne pourra pas demander de libération conditionnelle avant 75 ans pour le meurtre d'un couple et de son petit-fils commis en 2014.

Déjà détenu pour 16 ans

Des agents en uniformes discutent au milieu de plusieurs voitures de police.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'évasion avait entraîné tout un branle-bas de combat, le 17 mars 2013.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Lacombe

La Cour supérieure a condamné Benjamin Hudon-Barbeau, en décembre dernier, à une peine de 16 ans de détention pour avoir été l'instigateur d'une retentissante évasion de la prison de Saint-Jérôme en mars 2013. Il avait planifié son départ en hélicoptère avec des complices en liberté.

En janvier 2016, Hudon-Barbeau avait plaidé coupable à des accusations de détournement d'aéronef, d'évasion d'une prison et d'introduction par effraction dans une maison d'habitation pour y voler et y endommager le bien d'autrui.

Dans sa décision sur la peine, le juge Marc David avait pris en considération les conditions de détention difficiles imposées à Benjamin Hudon-Barbeau en isolement, alors qu’il souffre de problèmes de santé mentale.

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