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Retour des malaises d’En audition avec Simon

Simon Olivier Fecteau et Étienne de Passillé regardent droit devant eux avec scepticisme.

Simon Olivier Fecteau et Étienne de Passillé reprennent du service, sept ans après avoir lancé la troisième saison En audition avec Simon

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une fois de plus, Simon Olivier Fecteau repousse les limites du malaise dans une quatrième saison d'En audition avec Simon après sept ans d'absence, à l'ère de Trump et du #MoiAussi. Deux capsules sont lancées mardi sur ICI Tou.tv.

Un texte de Pascale Fontaine

« En 2017, la société a changé avec les gros mouvements [de dénonciation] et il y a des blagues qui ne se font plus », dit d'entrée de jeu le concepteur de la série web. « Cela n'enlève pas le potentiel humoristique [des capsules]. Au contraire, ça en ajoute. Tout est plus délicat, ça donne une belle trame de fond pour créer des malaises vraiment forts. »

Pas question donc que son personnage politiquement incorrect s'adoucisse, même si les trolls font rage et que les discours se sont polarisés.

« Il est pire [qu'avant]! lance Simon Olivier Fecteau. Il est très authentique. On a tous un frein, mais lui, il n'en a plus, de filtres. » Bêtise humaine, arrière-pensées, préjugés, jalousie : tous les mauvais sentiments sont réunis en un seul être.

« Je me sens vraiment confortable [dans le personnage de Simon], c'est ça qui est épeurant. »

— Une citation de  Simon Olivier Fecteau, concepteur et réalisateur de la série

En contrepoint de Simon, on retrouve Étienne de Passillé dans la peau de l’assistant plus souvent dépassé qu’excédé par les manipulations de son patron.

« Comme à la fin de la troisième saison, je lui dis plus ma façon de penser, mais ça reste encore une relation où c’est lui le boss et moi l’exécutant, explique Étienne de Passillé Si je ne dis rien, c’est ça aussi qui est drôle. Des réactions ou l’absence de réactions, ça veut tout dire également. »

Chasse aux tabous

Avec ce duo improbable, plusieurs sujets intouchables passeront dans le tordeur de l’humour, à commencer par le mouvement #MoiAussi et la réputation de Magalie Lépine-Blondeau dès le premier sketch. La vedette de District 31 découvre avec horreur qu’elle tient le rôle d’une agresseuse... de marionnettes!

« Il y a quelque chose de libérateur à dire le contraire de ce qu’on est supposé dire », fait remarquer Simon Olivier Fecteau, bien heureux de jouer les fous du roi. « En ce moment, le droit de parole est un peu brimé par les extrêmes, que ce soit la gauche comme la droite. Il faut faire attention à nos mots parce qu’on peut faire fâcher quelqu’un quelque part qui va partir une pétition. »

Qui dit direction opposée dit aussi contre-emploi pour de nombreux artistes invités, comme Charlotte Cardin, Marie-Pier Morin, Guylaine Tremblay, Marina Bastarache ou même Jérémy Gabriel.

« J’aime prendre des comédiens qui ne sont pas du tout reconnus pour être drôles. Antoine-Olivier Pilon n’a pas fait de blagues dans sa vie. Je le trouve bon et je le respecte; mais de le maltraiter, de le faire sortir de ses gonds, je trouve ça l’fun », s’amuse le réalisateur qui s’est éclaté à mitrailler tous les préjugés qui peuvent exister sur la chanteuse Charlotte Cardin.

« J’aime les zones dangereuses. C’est là que ça devient intéressant à regarder. »

— Une citation de  Simon Olivier Fecteau

Les invités s’attendent aussi à ce que l’exercice les mette en danger, à faire des trucs qu’ils ne pourraient pas se permettre autrement. Au point où Étienne de Passillé, pour une première fois en 65 capsules, s’est étonné de ce qui était demandé à Guylaine Tremblay. « Pis, t’as accepté ça? » lui aurait-il dit durant le tournage.

« J’ai l’impression que chaque comédien a quelque chose à régler avec les auditions. Ce n’est pas agréable pour personne. En audition avec Simon, c’est comme s’ils faisaient un gros [doigt d’honneur au processus] », estime le concepteur, qui trouve le tournage de la websérie rafraîchissant après les efforts titanesques exigés par le Bye bye.

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