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Les enseignants du Québec tournent en dérision le livre du ministre Proulx

Gros plan sur le livre du ministre québécois de l'Éducation Sébastien Proulx, intitulé « Un Québec libre est un Québec qui sait lire et écrire ».

Le nouveau livre du ministre québécois de l'Éducation Sébastien Proulx s'est attiré les foudres de la Fédération autonome de l’enseignement.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

« Monsieur le Ministre, les profs n'ont pas le temps de lire votre livre. » La réplique, cinglante, n'a pas tardé. Quelques heures seulement après le dévoilement du livre du ministre québécois de l'Éducation Sébastien Proulx, où il livre ses réflexions sur le milieu, la Fédération autonome de l'enseignement (FAE) ainsi que la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ) ont tenu à remettre les pendules à l'heure.

Un texte de Vanessa Destiné

Dans un communiqué transmis aux médias la FAE, qui regroupe plus de 34 000 membres, s’en prend à la publication du ministre, intitulée Un Québec libre est un Québec qui sait lire et écrire.

Le syndicat dresse, en ironisant, une liste des raisons qui « empêcheront » ses membres de parcourir l’ouvrage.

« [Des profs] n’auront pas le temps de le lire, car ils seront en arrêt de travail, temporaire ou prolongé, pour épuisement professionnel », peut-on notamment lire dans le communiqué.

« Certains profs aussi n’auront pas le temps de le lire, car ils devront remplacer d’urgence des collègues absents, puisque les listes de rappel des commissions scolaires sont vides et que la pénurie d’enseignantes et d’enseignants au Québec est sans précédent », précise-t-on plus bas.

La FAE indique au ministre de l’Éducation que les enseignantes et enseignants qu’elle représente n’auront pas le temps de lire son livre. Les conditions dans lesquelles le ministre Proulx les fait travailler ne le leur permettront pas.

Extrait du communiqué de la Fédération autonome de l’enseignement

Le syndicat termine en reprochant au ministre ses promesses non tenues auprès des « enseignantes et [...] enseignants du Québec », en ajoutant que ses membres passeront leurs vacances « à [se] remettre de l’année éprouvante » et à planifier la rentrée plutôt qu’à lire ses réflexions.

Le contenu du livre a également fait bondir la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ), qui a réagi par voie de communiqué.

La présidente, Josée Scalabrini, soutient que le ministre Proulx est passé « à côté de l’essentiel » et regrette que les enseignants n’aient pas été consultés durant la rédaction de son ouvrage.

La FSE-CSQ juge que les idées soulevées par le ministre pour améliorer le système d’éducation « font preuve d'une grande méconnaissance de ce qui se passe réellement sur le terrain ».

Le ministre Proulx est issu d'un gouvernement qui a coupé un milliard en éducation. Il propose maintenant des solutions inutiles aux frais des enseignantes et enseignants. Ridicule.

La présidente de la FSE-CSQ, Josée Scalabrini

Josée Scalabrini invite le gouvernement à refaire ses devoirs et à se montrer plus à l’écoute du milieu. « Depuis 20 ans, les enseignants se font brasser par des changements à la pièce et mal planifiés. Il est temps de voir plus loin que les mesures populaires dans les sondages », avance-t-elle.

Un livre pour « laisser une trace »

Sébastien Proulx a lancé son livre, rédigé durant la période des Fêtes, pour « positionner une réflexion ».

Dans l’ouvrage, le ministre aborde entre autres les questions de l’alphabétisation et de la culture générale. Il se penche aussi sur les enjeux liés à la réforme pédagogique et à la formation du corps enseignant.

En entrevue à Radio-Canada, le ministre a expliqué qu’il ne cherchait pas à faire de vagues et qu’il ressentait surtout le besoin de « réaffirmer ce en quoi [il] croit profondément ».

Le ministre Proulx s'est tout de même permis une critique dans son livre sur ceux qu’il nomme « les gardiens du statu quo » – vraisemblablement une allusion aux syndicats – et a appelé à redéfinir « le rôle d’élu scolaire ».

« Force est de constater que notre société compte plus de gardiens du statu quo que d’accélérateurs de changement », écrit-il notamment.

Sans entrer dans les détails de ce passage, le ministre a indiqué en entrevue qu'il était convaincu que les syndicats avaient un rôle à jouer dans le système d'éducation, mais qu'ils devaient « s’inscrire dans une démarche d’amélioration ».

« Il faut juste aussi reconnaître que les temps ont changé », a-t-il ajouté.

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