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Budget fédéral 2018 : le gouvernement amorce la transition pour remplacer Phénix

Des manifestants avec des pancartes devant un immeuble gouvernemental.

Des employés du gouvernement fédéral ont manifesté le 31 octobre 2017, à Montréal, contre les problèmes du système de paye Phénix.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Radio-Canada

Le budget présenté mardi par le gouvernement Trudeau fait grimper la facture totale du système Phénix à près d'un milliard de dollars. Par ces investissements supplémentaires de 453 millions, le gouvernement Trudeau s'engage à prendre toutes les mesures requises pour améliorer le système, y compris celle de remplacer Phénix par un nouveau système de paye.

Un texte d’Angie Bonenfant et de Catherine Lanthier

Le gouvernement investira ainsi 16 millions de dollars supplémentaires sur 2 ans à compter de la prochaine année financière pour trouver une solution.

Il entreprend ainsi « l'élaboration de la prochaine génération du système de paye du gouvernement fédéral qui correspond davantage à la complexité de la structure salariale ».

Le gouvernement compte travailler de concert avec les experts, les syndicats et des fournisseurs de technologies sur les prochaines étapes de la mise en place d'un nouveau système de paye.

Cette ouverture est bien appréciée des deux plus gros syndicats de fonctionnaires fédéraux. L'Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC) et l'Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC) disent tous deux que cela fait des mois qu'ils réclament un autre système de paye.

« J'aurais préféré que cela vienne plus tôt, mais je suis contente de voir des engagements concrets et de l'argent pour un nouveau système », a indiqué la présidente de l'IPFPC, Debi Daviau.

La femme est interviewé dans le foyer de la Chambre des communes.

La présidente de l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada. Debi Daviau

Photo : Radio-Canada

L'Institut promet de travailler avec le gouvernement afin d'accélérer la mise en place du nouveau système. Mme Daviau, qui a toujours demandé à ce que le gouvernement fasse appel à ses fonctionnaires informaticiens, fait maintenant marche arrière. « Il faut être réaliste », dit-elle.

Pour que nos gens soient payés correctement et rapidement, cela peut vouloir dire qu'il faudra faire appel au secteur privé.

Debi Daviau, présidente IPFPC

Pour le porte-parole de l'Alliance de la Fonction publique du Canada, Riccardo Filippone, la déclaration du gouvernement montre que les syndicats sont enfin écoutés.

Ça fait presque deux ans qu’ils ne nous écoutent pas et c’est pour ça qu’on est rendus dans ce désastre.

Riccardo Filippone, porte-parole, AFPC

Or, selon l'économiste Jean-Pierre Aubry, le gouvernement tente, par cette annonce, de soigner son image.

Je pense que c'est une stratégie de communication.

Jean-Pierre Aubry, économiste

« Dans les faits, au point de vue opérationnel, le présent système va être stabilisé et on va le garder en opération encore plusieurs années », redoute l'économiste.

Un retour des employés de la paye dans les ministères

Entre-temps, le gouvernement continuera ses démarches de stabilisation du système, pour aider les fonctionnaires aux prises avec ces problèmes.

Plus de 430 millions de dollars, répartis sur 6 ans, seront investis pour embaucher des employés supplémentaires. Ces derniers prêteront main-forte à ceux et celles qui travaillent au Centre des services de paye, à Miramichi, au Nouveau-Brunswick, et dans les bureaux satellites.

Si le centre de Miramichi est là pour rester, ces sommes serviront également à recruter des employés de la paye dans les ministères fédéraux, comme c'était le cas avant l'implantation ratée du système de paye Phénix.

Tel que l'a révélé une enquête de Radio-Canada, l'État du Queensland, en Australie, a réglé des problèmes semblables en quelques mois seulement, en décentralisant ses services de paye.

En réintégrant des employés de la paye dans les ministères, le gouvernement du Canada fait en partie marche arrière, et admet qu'une centralisation complète des services de paye n'est pas suffisante pour résoudre la crise qui perdure depuis maintenant deux ans.

Remboursement des montants bruts... après la déclaration de revenus

Une somme de 5,5 millions de dollars sera également investie pour aider les fonctionnaires obligés de rembourser à leur employeur un montant d’argent payé en trop à cause de Phénix.

Selon les nouvelles dispositions prévues dans le budget, ces fonctionnaires n’auront pas à rembourser ce montant payé en trop avant que l’Agence du revenu du Canada traite leur déclaration de revenus et ne leur rembourse la retenue d’impôt excédentaire.

Stress psychologique : pas d'indemnisation

Tout comme le réclamait le Nouveau Parti démocratique (NPD) dans sa motion présentée à la Chambre des communes, lundi, l'AFPC s'attendait à ce que le budget fédéral prévoie des sommes pour indemniser les fonctionnaires fédéraux quant au stress psychologique causé par les ratés de Phénix.

Or, aucune somme n'y est consacrée. Le plus gros syndicat de fonctionnaires s'insurge et jure que les choses vont changer.

C'est inacceptable! Actuellement il n'y a pas un individu [fonctionnaire] qui ne vit pas un stress à chaque période de paye, de savoir si je vais avoir un dépôt dans mon compte de banque?

Magali Picard, vice-présidente, AFPC, Québec

Le gouvernement dit avoir lancé des discussions avec les différents syndicats afin de traiter les nombreux griefs déposés et actions en justice entreprises en raison de Phénix.

Tous ces investissements portent la facture engendrée par les problèmes liés au système de paye Phénix à 912 millions de dollars.

Ottawa-Gatineau

Politique fédérale