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Le phénomène japonais Yayoi Kusama débarque à Toronto

Yayoi Kusama, Infinity Mirrors

Yayoi Kusama, « Infinity Mirrors »

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui/CBC News

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'exposition Infinity Mirrors est une première canadienne. Le Musée des beaux-arts de l'Ontario (AGO) s'attend déjà à un déferlement de visiteurs dès le 3 mars.

Un texte de Camille Feireisen

Pour entrer dans l'univers de l'artiste japonaise Yayoi Kusama, il faut se tenir prêt à pénétrer dans des sphères inconnues, où les frontières sont poreuses. Car ses oeuvres ne se regardent pas seulement, elles se vivent à travers des installations immersives.

Pour Yayoi Kusama, le corps est lui-même un objet d'art. C'est donc aussi une expérience sensorielle qu'elle souhaite partager avec les visiteurs qui sont invités à interagir avec ses compositions.

Yayoi Kusama, exposition « Infinity Mirrors », oeuvre « Obliteration of Eternity »Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Yayoi Kusama, exposition Infinity Mirrors « Obliteration of Eternity »

Photo : Evan Mitsui/CBC News

Une renommée internationale

Les expositions de Yayoi Kusama font d'ailleurs salle comble partout dans le monde.

Celle au Musée des beaux-arts de l'Ontario n'y échappe pas. Dès la première ronde de vente, environ 100 000 billets ont été vendus. Depuis, certains profitent des sites de revente en ligne pour vendre les leurs à prix d'or.

Ce succès s'explique notamment par le fait qu'il s'agisse d'une primeur au Canada. L'AGO sera le seul musée canadien à accueillir l'exposition.

L'aspect visuel spectaculaire contribue grandement au succès de l'artiste. Les photos voyagent et se partagent. Mais même si Yayoi Kusama joue avec la tendance des égoportraits, Instagram et autres réseaux sociaux, elle a commencé à produire les oeuvres de cette exposition en 1965.

« C'est unique parce que c'est une expérience qui, même si elle circule facilement comme image, se vit comme une expérience. Il faut être présent et le vivre en personne », considère pour sa part la conservatrice adjointe en art contemporain de l'AGO, Adelina Vlas.

Une guide de l'AGO, Lauren Spring, abonde dans le même sens.

C'est une exposition qui demande de la présence. Des gens disent qu'il s'agit d'une exposition pour la génération d'Instagram. C'est vrai qu'il va y avoir beaucoup de like dans les salles des miroirs infinis, mais aucune photo ne peut capturer vraiment l'expérience d'être là, de vivre ce sentiment d'infini.

Lauren Spring, guide à l'AGO

Le parcours propose six salles, appelées les infinity rooms. Elles sont des environnements kaléidoscopiques créés avec des miroirs afin de flouter nos repères et rompre les frontières entre le réel et l'infini.

Il n'est d'ailleurs pas possible de rester plus de 20 à 30 secondes dans chaque pièce, où un nombre limité de visiteurs peut entrer à la fois.

boules roses avec gros pois noirs dans une salle infini de l'exposition de Kusuma Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une des six salles où s'expérimente l'infini

Photo : Radio-Canada

Une avant-gardiste

Yayoi Kusama est considérée par la critique comme un phénomène de l'art contemporain. À bientôt 89 ans, elle continue de fasciner.

L'artiste a acquis sa notoriété aux États-Unis dans les années 1960 en fréquentant Andy Warhol. Ses célèbres pois s'inspirent d'ailleurs du mouvement pop-art.

De retour au Japon dans les années 1970, elle s'est installée dans un hôpital psychiatrique de Tokyo, d'où sont nées ses oeuvres dites « psychosomatiques ». Selon Adelina Vlas, son oeuvre entière agit comme une thérapie pour l'artiste qui a souffert de névroses.

Quand elle a commencé à faire de l'art, c'était à cause des hallucinations qu'elle a expérimentées quand elle était très petite. Pour elle, ça a toujours été question de rendre ses visions visibles pour nous autres.

Adelina Vlas, conservatrice adjointe en art contemporain, AGO
une reconstitution de salle tout blanc avec des autocollants en point de toutes les couleursAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Dans cette pièce les visiteurs pourront ajouter leur touche personnelle en collant des points multicolores à leur tour.

Photo : Radio-Canada

Selon Lauren Spring, Yayoi Kusama a fait certes partie du mouvement avant-gardiste des années 1960, mais elle propose aujourd'hui une oeuvre plus immersive que ses contemporains.

« L'échelle [des oeuvres conceptuelles] est fascinante, entre des petits atomes et des boules gigantesques. C'est quasiment philosophique, selon moi : on est tous constitués d'atomes microscopiques, mais dans un univers beaucoup plus grand et vaste, avec les étoiles, etc. », explique-t-elle.

boules roses gigantesques avec pois noirs dessus dans une salle du musée des beaux-arts de l'Ontario à Toronto et une femme qui prend une photo devantAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'artiste joue avec les formes et les couleurs, ainsi que l'espace.

Photo : Radio-Canada


Yayoi Kusama, exposition « Infinity Mirrors », la salle appelée « Pumpkins »Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Yayoi Kusama, exposition Infinity Mirrors, la salle appelée « Pumpkins »

Photo : Evan Mitsui/CBC News

Lors des premiers jours de l'exposition, le Musée verra comment gérer l'achalandage. Le public est attendu en grand nombre.

Une deuxième ronde de ventes de billets est prévue pour le 6 mars pour le public et le 20 mars pour les membres de l'AGO.

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