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Charlotte a du fun : le regard de Sophie Lorain sur la sexualité des adolescentes

Marguerite Bouchard sourit et regarde sur le côté dans une scène de <i>Charlotte a du fun</i>.
Marguerite Bouchard dans Charlotte a du fun Photo: LesFilms Christal
Radio-Canada

La comédie Charlotte a du fun, qui sort vendredi au Québec, devrait en étonner quelques-uns, et pas seulement parce que le film est en noir et blanc. Pour son deuxième long métrage, Sophie Lorain braque sa caméra sur la sexualité des adolescentes, décrite franchement, tout en se voulant porteuse d'espoir.

À l’origine, Sophie Lorain avait une autre idée de titre pour son film : « Salope (dans le bon sens du terme) », en référence à l’une des conversations du trio d’adolescentes dont Charlotte (Marguerite Bouchard) fait partie.

S’il a été décidé d’y aller moins directement pour ce qui est du titre, la réalisatrice n’a pas moins gardé la volonté de montrer la culpabilité que peut ressentir une fille de 17 ans en découvrant les joies du sexe avec différents partenaires, même si cela se fait de manière consentante et plaisante.

Charlotte « est bien bonne, comme la plupart des jeunes filles, et même les femmes d’autres générations, pour aller se punir elle-même, avant même que les autres y pensent », explique Sophie Lorain en entrevue.

La comédienne en entrevue à On n'est pas sorti de l'aubergeSophie Lorain Photo : Radio-Canada / Cécile Gladel

Marguerite Bouchard abonde dans son sens : « La personne qui juge le plus Charlotte, c’est elle-même ». Toutefois, les doutes de la jeune fille ne durent qu’un temps, comme l'indique l'actrice principale.

Le film ne victimise pas la fille. Au contraire, elle est forte dans ce qu’elle fait. Oui, elle va avoir des moments de questionnement et se dire qu’elle a tout foiré, mais elle a fait ce qu’elle voulait, pas parce que les autres filles le faisaient. C’est ça qui est rafraîchissant.

Marguerite Bouchard

De fait, Charlotte a du fun montre une évolution des mentalités, où les adolescentes parviennent à affirmer librement leur plaisir. De leur côté, les garçons se comportent comme des alliés, eux aussi débarrassés des préjugés machistes, bien que parfois pris au dépourvu par les initiatives de leurs comparses.

« On en est là depuis longtemps », assure Alex Godbout, qui joue l’un des jeunes garçons travaillant dans le magasin de jouets.

Certaines projections tests auprès de personnes âgées en ont perturbé plus d’un, de l’aveu même de Sophie Lorain. Les adolescents, en revanche, ont adoré le film et se sont reconnus dans un récit où l’on ne croise que des jeunes.

« Si on avait inclus des adultes, on aurait eu cette morale à deux sous dont je ne voulais pas », estime la réalisatrice.

– Avec les informations de Mélanye Boissonault

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