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Baleines noires : aucun baleineau observé jusqu'ici cette saison

Une baleine noire de l'Atlantique Nord femelle et son baleineau dans l'océan Atlantique au large de la frontière entre la Floride et la Georgie, en février 2009.

Une baleine noire de l'Atlantique Nord femelle et son baleineau dans l'océan Atlantique au large de la frontière entre la Floride et la Georgie, en février 2009.

Photo : Associated Press / Aquarium de Nouvelle-Angleterre

Radio-Canada

Aucun baleineau n'a été aperçu dans les zones de reproduction des baleines noires de l'Atlantique Nord jusqu'ici cet hiver, ce qui renouvelle les inquiétudes quant à la survie de l'espèce, qui pourrait être complètement disparue dans une vingtaine d'années.

Clay George, un biologiste du département des Ressources naturelles de l’État de la Georgie, aux États-Unis, dit que les baleines noires ont tendance à mettre bas de décembre à mars dans les eaux au large de la Floride et de la Georgie.

Mais aucune mère et son baleineau n’ont été aperçus cette année, pas même durant la période plus importante d’activité dans ces zones, en janvier et février.

« À chaque jour qui passe, ça devient un peu plus inquiétant », avoue M. George. « Et c’est inquiétant surtout à cause du haut degré de mortalité observé dans la dernière année ».

Des secouristes sur un bateau à la poursuite d'une baleine qui traîne un filet de pêche et une bouée.

Une baleine noire de l'Atlantique nord prise dans un filet de pêche est secourue en décembre 2010 au large de Daytona Beach, en Floride.

Photo : Associated Press

Au moins 17 baleines noires de l’Atlantique Nord sont mortes dans les eaux canadiennes et américaines en 2017, dont 12 dans le golfe du Saint-Laurent. Les autopsies pratiquées sur sept d’entre elles ont démontré que quatre ont succombé à une collision avec un navire, alors que trois ont péri après avoir été retenues prisonnières d’un filet de pêche.

Il resterait environ 450 baleines noires dans le monde, dont une centaine de femelles.

Pêches et Océans Canada a annoncé plusieurs mesures pour venir en aide aux baleines noires de l'Atlantique Nord.

« Quand le nombre de morts commence à dépasser celui des naissances, la population se met à décliner. C’est ce qui semble être la situation avec les baleines noires en ce moment », dit M. George.

Philip Hamilton, chercheur au Anderson Cabot Center for Ocean Life, un organisme à but non lucratif en Nouvelle-Angleterre, pense que l’absence de baleineaux pourrait s’expliquer par plusieurs facteurs, dont le manque de nourriture.

M. Hamilton observe les baleines noires depuis 1986 et il dit n’avoir jamais vu d’année sans baleineau.

« C’est désolant », dit-il. Il est préoccupé à l’idée que la situation se prolonge, ou devienne permanente.

Il explique que les habitudes de migration des baleines noires de l’Atlantique Nord ont changé dans les 30 dernières années. Plusieurs prennent la direction du golfe du Saint-Laurent, de la baie de Fundy ou de la baie de Cape Cod au printemps et en été. L’hypothèse qui vient à l’esprit est qu’elles se dirigent vers les endroits où le zooplancton, leur principale source de nourriture, est plus abondant.

Les scientifiques suspectent que la nourriture, plus rare dans les dernières années, a changé les habitudes migratoires des baleines, affectant leur qualité de vie et faisant diminuer leur taux de mise bas. La fertilité des femelles pourrait être diminuée si elles sont sous-alimentées ou en mauvaise santé.

M. Hamilton se demande aussi si le risque élevé d’enchevêtrement dans les filets de pêche, ou le bruit causé en général par l’activité maritime ne rendraient pas les bêtes plus stressées, et les femelles moins fertiles.

Cette baleine noire femelle, âgée de deux ans, est morte empêtrée dans de l'équipement de pêche.

Cette baleine noire femelle, âgée de deux ans, est morte empêtrée dans de l'équipement de pêche.

Photo : Radio-Canada / CBC/Shane Fowler

Autrefois, explique-t-il, les baleines donnaient naissance chaque trois ans en moyenne. Aujourd’hui, ce ne serait qu’une fois aux sept ans.

Clay George indique que le taux de mise bas des baleines noires de l’Atlantique Nord a diminué fortement depuis 2011. Le nombre de baleineaux observés annuellement est passé d’une vingtaine à une douzaine durant cette période.

En revanche, il fait valoir que le nombre peut fluctuer grandement. Vers la fin des années 1990, il n’y avait eu qu’une seule naissance un certain hiver, puis 31 l’année suivante.

L’an passé, cinq baleineaux ont été observés. Il n’est donc pas impossible que 2018 s’avère au final qu’une anomalie, mais la tendance des dernières années n’est pas de bon augure pour la survie de l’espèce, qui est en voie de disparition.

Avec les informations de La Presse canadienne

Nouvelle-Écosse

Faune marine