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  • Il y a 20 ans, la justice de la Nouvelle-Écosse faisait face à une affaire de « suicide assisté »

    Téléjournal, 7 mai 1997
    Radio-Canada

    Le 27 février 1998, la Dre Nancy Morrison était libérée d'une accusation de meurtre au premier degré. La pneumologue avait mis fin aux jours de Paul Mills, un patient atteint du cancer et en phase terminale. Retour sur les événements.

    Une première au Canada, c’est un médecin qui est accusé formellement d’avoir tué un de ses patients dont elle voulait abréger les souffrances.

    Le présentateur Bernard Derome

    C’est ainsi que l’animateur Bernard Derome présente les faits au Téléjournal du 7 mai 1997. La journaliste Solveig Miller, à Halifax, résume l’histoire.

    Paul Mills, 65 ans, atteint d'un cancer de l’œsophage, meurt le 10 novembre 1996 aux soins intensifs de l’hôpital général Victoria. Le malade avait subi de multiples traitements, mais aucun espoir de guérison ne subsistait. Le 6 mai 1997, la pneumologue en service le soir de la mort de Paul Mills est arrêtée.

    Nancy Morrison, 42 ans, est formellement accusée de meurtre au premier degré. Au Nouveau-Brunswick, la famille de Paul Mills est sous le choc. Elle avait demandé qu’on abrège les souffrances du malade à l’agonie.

    Selon des sources citées par certains médias locaux, la pneumologue aurait débranché le patient du respirateur artificiel. Comme il ne mourait pas, elle lui aurait injecté une substance fatale. On apprendra plus tard que le médicament contenait du chlorure de potassium.

    Nancy Morrison libérée

    Le 27 février 1998, après l’enquête préliminaire, la cour rejette finalement l’accusation de meurtre au premier degré portée contre Nancy Morrison. La Couronne n’aurait pas présenté de preuves suffisantes. La journaliste Solveig Miller relate les faits au Téléjournal animé par Michèle Viroly.

    L’accusée accueille avec soulagement la décision du juge. La famille du patient décédé, qui avait demandé qu’il ne soit pas maintenu en vie artificiellement, se montre rassurée. « Je n’ai jamais cru que Dre Morrison avait volontairement tué mon frère », affirme Calixe Mills.

    En entrevue, le professeur d’éthique médicale Daniel Weinstock explique que le juge s'est heurté à un vide juridique. On ne pouvait pas comparer le geste de Nancy Morrison à un meurtre crapuleux. Rien dans le droit criminel ne s’appliquerait de manière claire à ce genre de cas.

    La Couronne entend cependant revenir à la charge sous l’accusation d’homicide involontaire.

    La fin d’une saga judiciaire

    Cette affaire se termine « après deux ans d’acharnement », comme le rapporte la journaliste Danielle Savoie au bulletin de nouvelles Ce soir du 11 décembre 1998. Le Service des poursuites publiques de la Nouvelle-Écosse abandonne toute procédure judiciaire contre Nancy Morrison. Le premier jugement serait satisfaisant.

    Une décision qu’accepte la Couronne. Mais, selon le procureur Craig Botterill, il faudrait clarifier les lois concernant les patients en phase terminale.

    L’avocat de l’accusée, Joel Pink, est soulagé de la tournure des événements.

    Ce n’était pas le cas d’un suicide assisté ou d’euthanasie, c’est le cas d’un docteur qui a fait preuve de compassion envers son patient mourant.

    L’avocat Joel Pink

    Malgré tout, cette affaire ravivera les débats sur l’acharnement thérapeutique et le suicide assisté.

    Quant à Nancy Morrison, elle s’en sort avec une tache au dossier. En mars 1999, le Collège des médecins de la Nouvelle-Écosse lui reproche d’avoir outrepassé les limites de sa pratique en administrant plusieurs doses de drogue à Paul Mills.

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