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Il y a 20 ans, S.O.S. Monfort lançait un ultimatum au gouvernement Harris

Foule en liesse au grand rassemblement du 22 mars 1997 pour la survie de l'hôpital Montfort. (Archives)

Foule en liesse au grand rassemblement du 22 mars 1997 pour la survie de l'hôpital Montfort. (Archives)

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le 24 février 1997, le gouvernement ontarien annonce la fermeture du seul hôpital universitaire francophone dans la province, situé à Ottawa. Un an plus tard, il menace le gouvernement de faire appel aux tribunaux. En très peu de temps, la communauté franco-ontarienne se mobilise contre le gouvernement conservateur de Mike Harris et sa « Révolution du bon sens », et mène du coup ce qui deviendra l'une des plus importantes batailles de son histoire.

« C'était vraiment un traumatisme qu'on était en train de subir », se souvient Gérald Savoie, PDG de l'Hôpital Montfort.

À la suite de l'annonce de Mike Harris, qui s'était fait élire en promettant de faire un grand ménage dans les finances publiques, la résistance s'organise.

Un grand rassemblement a lieu le 22 mars 1997 au cours duquel 10 000 Franco-Ontariens font une démonstration de force. Ils s'emparent des rues de la capitale nationale pour manifester leur opposition à la fermeture. Le sénateur Jean-Robert Gauthier, ardent défenseur des Franco-Ontariens, alors très affaibli par la maladie, monte sur scène pour montrer son soutien aux manifestants.

Le 22 mars 1997, des milliers de Franco-Ontariens se sont rassemblés à Ottawa pour protester contre l'annonce de la fermeture de l'Hôpital Montfort.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le 22 mars 1997, des milliers de Franco-Ontariens se sont rassemblés à Ottawa pour protester contre l'annonce de la fermeture de l'Hôpital Montfort.

Photo : Getty images/AFP/Dave Chan

« On avait tellement peur qu'il n'y ait pas de monde, parce que là on aurait perdu la face devant le gouvernement », se rappelle Gisèle Lalonde, présidente du mouvement S.O.S. Montfort de 1997 à 2002.

Elle avait déclaré à l'époque : « Cette fermeture ne se concrétisera jamais. S'il faut sortir nos épingles à chapeaux, nous le ferons ».

Les « épingles à chapeaux » font référence à la bataille contre le Réglement XVII qui faisait de l'anglais, la langue d'enseignement dans les écoles élémentaires de l'Ontario. En 1916, des femmes francophones d'Ottawa avaient alors utilisé des épingles à chapeaux pour éloigner les inspecteurs venus faire respecter cette politique.

L'échec des négociations

En dépit du grand rassemblement, les politiciens et administrateurs estiment que ce genre de démonstration aura peu d'effet sur le sort de l'Hôpital Montfort. À la suite des pressions, on annonce que Monfort restera ouvert, mais perdra la moitié de son budget, son service d'urgence et le deuxtiers de ses lits.

La bataille pour sauver l'hôpital est loin d'être terminée.

Un an après l'annonce de la fermeture, le 26 février 1998, le groupe S.O.S. Montfort lance une nouvelle offensive, et donne un ultimatum : un mois pour reconnaître la mission d'enseignement de l'hôpital, sinon le dossier se retrouvera devant les tribunaux.

Les négociations échouent, l'avenir du centre hospitalier se jouera en Cour divisionnaire. L'équipe juridique de Montfort fait valoir que la constitution oblige les provinces à protéger les minorités linguistiques.

« J'étais rendue à un point où j'aurai pu mourir, ça ne me faisait rien, je voulais gagner », raconte Mme Lalonde.

La Cour divisionnaire de l'Ontario donne raison à l'Hôpital Montfort. Les droits des francophones sont enchâssés dans la Constitution canadienne. Mais la Commission de restructuration des soins de santé de l'Ontario annonce qu'elle interjette appel de cette décision.

Le 7 octobre 2001, la Cour d'appel confirme la décision de la Cour divisionnaire en faveur de l'Hôpital Montfort. Le tribunal affirme que l’établissement jouit d'une protection constitutionnelle et qu’il ne peut être démembré sans menacer la survie des francophones de l’Ontario.

Après cinq ans de luttes judiciaires, S.O.S. Montfort célèbre sa victoire, le 22 mars 2002. L’Hôpital Montfort reste ouvert et conserve sa vocation d’établissement francophone.

« Ça a été une victoire difficile, j'y ai laissé ma santé », concède Mme Lalonde. « Mais si c'était à refaire, je le referai ».

Avec les informations de Daniel Bouchard

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