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Le Conseil de sécurité réclame à l'unanimité un cessez-le-feu en Syrie

Le récit de de Julie Émond

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté samedi à l'unanimité une résolution réclamant « sans délai » un cessez-le-feu humanitaire d'un mois en Syrie, résolution qui n'a toutefois pas empêché les bombardements de se poursuivre.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), qui documente le conflit grâce à des informateurs sur place, a indiqué que l'aviation syrienne avait mené de nouveaux raids sur la région de la Ghouta orientale après l'adoption de la résolution. Les avions ont notamment pris pour cible la ville de Chifouniyeh.

Ce texte intervient alors que l'aviation syrienne pilonne sans interruption depuis une semaine cette zone rurale, située à l'est de la capitale Damas, tenue par les rebelles syriens.

D'abord prévu vendredi, le vote avait été repoussé à samedi pour laisser plus de temps aux négociations. La délégation russe a finalement adopté la résolution après 15 jours de tergiversation.

Aide humanitaire

Le texte adopté, maintes fois amendé, « réclame que toutes les parties cessent les hostilités sans délai pendant au moins 30 jours consécutifs en Syrie pour une pause humanitaire durable ». Cela inclut les régions de la Ghouta orientale, de Yarmouk, de Foua et de Kefraya.

L'objectif est « de permettre la livraison régulière d'aide humanitaire, de services, et l'évacuation médicale des malades et blessés les plus graves ».

La livraison d'une aide humanitaire urgente (médicaments et nourriture) devait quant à elle débuter 48 heures après le début du cessez-le-feu.

Le Conseil de sécurité a permis une seule exception au cessez-le-feu : les attaques contre les extrémistes du groupe armé État islamique et des organisations affiliées à Al-Qaida, comme le Front Al-Nosra, pourront se poursuivre.

Des civils de la ville de Saqba dans l'est du Ghouta tentent de fuir leur ville pendant une attaque aérienne du régime de Bachar Al-Assad.Des civils de la ville de Saqba dans l'est du Ghouta tentent de fuir leur ville pendant une attaque aérienne du régime de Bachar Al-Assad. Photo : Getty Images / ABDULMONAM EASSA

Moscou se rallie

La Russie, qui soutient de manière indéfectible le régime de Bachar Al-Assad, a approuvé ce texte après une série de négociations de dernière minute.

L'émissaire russe aux Nations unies a toutefois expliqué qu'un arrêt immédiat des violences n'était pas possible sans des « accords concrets » entre les parties en conflit.

Le gouvernement syrien et son allié russe disent ne viser par leurs bombardements que des combattants rebelles.

Ils expliquent vouloir faire cesser les attaques au mortier de ces rebelles sur la capitale toute proche et accusent les insurgés de se servir de la population comme d'un bouclier humain.

L'ambassadrice des États-Unis à l'ONU, Nikki Haley.L'ambassadrice des États-Unis à l'ONU, Nikki Haley Photo : Reuters / Brendan McDermid

Scepticisme américain

De leur côté, les États-Unis ont appelé à une mise en oeuvre immédiate de cette trêve et accusé la Russie de retarder l'action de l'ONU. L'ambassadrice américaine Nikki Haley s'est par ailleurs déclarée sceptique quant au respect de cette résolution par le régime de Bachar Al-Assad.

Mme Haley a vivement critiqué la Russie et le retard que ce pays a mis pour se joindre au consensus.

Nous répondons un peu tard, alors qu'une trêve aurait pu sauver des vies depuis plusieurs jours.

L'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley

L'adoption de la résolution « n'est qu'une toute petite étape », « une réponse minimale », et « le plus difficile reste à faire », a souligné le représentant français, François Delattre. Il faut utiliser la trêve « comme un levier » pour avoir un accord politique, a-t-il dit.

L'ambassadeur suédois à l'ONU, Olof Skoog, cosignataire du texte. L'ambassadeur suédois à l'ONU, Olof Skoog, cosignataire du texte Photo : The Associated Press / Richard Drew

Un exercice laborieux

La résolution « n'est pas un accord de paix sur la Syrie, le texte est purement humanitaire », a souligné de son côté l'ambassadeur suédois Olof Skoog, cosignataire du texte avec son homologue koweïtien.

La mise au point d'un texte par le Conseil de sécurité s'est révélée laborieuse, le Koweït et la Suède cherchant à éviter un nouveau veto russe.

Dans la négociation, les Occidentaux ont refusé une demande russe pour que tout convoi humanitaire reçoive un feu vert de Damas.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, avait appelé mercredi à un arrêt immédiat « des activités de guerre ».

Un long conflit

Depuis une semaine, plus de 500 civils, dont 123 enfants, ont perdu la vie à la suite des raids des troupes de Bachar Al-Assad dans le fief rebelle, selon l’OSDH.

Les affrontements ont aussi fait près de 2400 blessés.

Plus de 13,1 millions de Syriens ont actuellement besoin d'aide humanitaire, dont 6,1 millions de déplacés à l'intérieur du pays depuis le début de la guerre civile il y a sept ans.

Le conflit a fait plus de 340 000 morts, sans parler des blessés et des disparus.

Avec les informations de Reuters, Associated Press, et Agence France-Presse

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