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Faute d’amour, le nouveau bijou d’Andrei Zvyagintsev

Un enfant blond, sa tête posées dans ses mains, les coudes sur son bureau, regarde au loin, dans une scène du film <i>Faute d'amour</i>.

Une scène du film Faute d'amour.

Photo : Métropole Films Distribution

Radio-Canada

Après Leviathan en 2015, Andrei Zvyagintsev voit un de ses longs métrages prétendre à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère. Faute d'amour (Nelyubov en russe, Loveless en anglais), sorti vendredi au Québec, jette un regard dur sur la recherche de satisfaction personnelle de deux parents aux dépens leur jeune fils, qui paie le prix de leur indifférence.

« C’est un chef-d’œuvre », s’est enthousiasmé Georges Privet vendredi à l’émission Médium large. « Sa force, comme les grands films de Bergman », est d’être basé sur une situation banale, ajoute le critique.

La séparation d’un couple vivant dans la banlieue de Moscou et ensuite la fugue du fils sont utilisées par Zvyagintsev pour montrer comment l’égoïsme et l’égocentrisme ont pris le dessus dans la société. « L’enfant commence à exister pour ses parents le jour où il disparaît », raconte George Privet.

Ci-dessous la bande-annonce française de Faute d'amour

Le réalisateur a choisi de ne pas braquer sa caméra sur l’adolescent en fuite, mais sur sa mère et son père.

Ça devient un thriller, on voit la vie qu’ils mènent, la vie qu’ils essaient de se refaire, et l'on comprend pourquoi cet enfant a disparu. […] On se demande même si l'on veut vraiment qu’il soit retrouvé.

Georges Privet

Ainsi, Andrei Zvyagintsev dresse un portrait terrible de la Russie du 21e siècle. Dans une entrevue accordée à l’Associated Press, le réalisateur, connu des cinéphiles pour Elena (2011), et surtout, Leviathan (2014), semble ne pas vouloir pour autant du costume d’ambassadeur culturel de la Russie.

Faute d’amour « illustre un malaise moderne, non pas quelque chose qui ne concerne que la Russie. C’est plus un problème pour toute l’humanité », estime l’artiste de 54 ans.

Celui-ci concède que les relations difficiles entre Moscou et Washington ont sans doute permis à son film d’obtenir plus d’attention médiatique, d’autant que Faute d’amour a été financé de manière indépendante, se voyant ainsi libéré de toutes les contraintes potentiellement imposées par les hommes de Vladimir Poutine. Le président russe et sa mainmise sur le pays ne sont d’ailleurs pas absents du film.

Alors que Leviathan avait raté l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en 2015, Faute d’amour aura également fort à faire dans une catégorie particulièrement relevée cette année. The Square, Palme d’or à Cannes, part favori pour la cérémonie du 4 mars, alors qu’Une femme fantastique, L’insulte et Corps et âme ont aussi leurs partisans.

Avec les informations de Associated Press

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