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Les voitures AZUR au coeur d'une tentative de sauver des emplois chez Bombardier à La Pocatière

Des employés de l'usine Bombardier de La Pocatière à l'oeuvre sur voitures AZUR

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Mis à jour le 

Le premier ministre du Québec a trouvé une solution pour sauver les emplois à l'usine de Bombardier de La Pocatière, qui pourrait mettre à pied de 300 à 600 employés à l'automne, faute de travail. Il souhaite avancer les commandes des nouvelles voitures AZUR pour le métro de Montréal.

D’après les informations de Radio-Canada, le gouvernement souhaiterait donc que la STM avance sa commande de voitures de métro repoussée il y a quatre ans à 2036, parce qu'elle était jugée trop coûteuse.

« C’est une hypothèse fort intéressante. J’en ai d’ailleurs parlé à la mairesse [de Montréal, Valérie] Plante parce que l’usine de La Pocatière est faite pour ça. Donc, le temps de transition serait minimisé », a expliqué le premier ministre Philippe Couillard, de passage à Washington pour parler de libre-échange.

Le contrat permettrait de remplacer les voitures de métro MR-73, mises en service à la fin des années 70, et d’assurer des emplois à l'usine de La Pocatière, qui s'apprête à achever à l’automne son contrat pour le remplacement des véhicules datant des années 60.

La STM confirme avoir récemment reçu une demande du gouvernement quant à la possibilité d’intégrer de nouvelles voitures AZUR, mais elle ajoute qu'elle en est toujours à l'analyse de cette demande.

La société de transport a déjà reçu 36 des 52 trains prévus à son contrat avec Bombardier. Elle en recevra deux supplémentaires en raison de retards dans la production. Le dernier des 54 trains devrait être livré à la fin de 2018.

Il est à noter que 75 % du contrat des voitures AZUR est payé par le ministère des Transports du Québec et le reste par l’agglomération de Montréal.

« On pense aux travailleurs et à leurs familles »

Cette stratégie fait suite à une annonce du premier ministre Couillard au moment du dévoilement du consortium ayant remporté l’appel d’offres pour le Réseau express métropolitain de Montréal (REM). Il avait voulu se faire rassurant en disant qu’il y aurait d’autres occasions pour Bombardier et La Pocatière.

Cependant, il est impossible pour le moment de confirmer qu’une annonce officielle sera faite. Nos informations confirment toutefois que des pourparlers sont en cours et que les libéraux souhaiteraient en faire l'annonce le plus rapidement possible.

Mais le gouvernement doit d'abord s’entendre avec ses divers partenaires dans ce dossier : la STM, bien sûr, en plus de la Ville de Montréal et de Bombardier.

« On a hâte que M. Couillard vienne nous faire l’annonce officiellement ici à l’usine. Présentement, c’est sûr que c’est un projet. C’est une intention. Mais lorsque ce sera approuvé, annoncé en grand pompe, oui, ce sera un soulagement pour nos travailleurs », a commenté Mario Guignard, président du syndicat des employés de l’usine de Bombardier à La Pocatière.

Il espère que cette annonce sera faite le plus vite possible, car il rappelle que l'important sera de s’assurer que les fournisseurs seront en mesure de recommander la matière première pour relancer la production.

La réaction du gouvernement surprend un peu François Pepin, président de Trajectoire Québec, une ONG qui intervient dans la promotion et les droits des citoyens en matière de transports collectifs au Québec. En entrevue à l'émission Midi info, vendredi, M. Pepin a dit croire que l’intervention « arbitraire » de Philippe Couillard pourrait coûter cher au gouvernement si celui-ci ne suivait pas les processus légaux.

« Il faut prendre le temps de faire les choses comme il faut », rappelle M. Pepin, pour éviter les poursuites.

Renégocier le contrat du REM

Pendant ce temps, la Coalition avenir Québec et le Parti québécois se font la guerre sur la question du contrat accordé pour le REM.

De passage dans le Bas-St-Laurent cette semaine, le chef de la CAQ, François Legault, s'est engagé à rouvrir le contrat donné par la Caisse de dépôt et placement du Québec à Alstom, s’il était porté au pouvoir le 1er octobre prochain.

Il considère que le gouvernement libéral aurait dû exiger un contenu québécois d’au moins 25 % lors de l’appel d’offres.

Dans une lettre adressée à M. Legault, dont La Presse canadienne a obtenu copie, le chef du PQ, Jean-François Lisée, reproche à la CAQ d’avoir laissé tomber les employés de Bombardier à La Pocatière au moment où il fallait agir pour sauver leurs emplois.

Il fait remarquer que les élus péquistes ont tenté de modifier, sans succès, les deux lois du gouvernement Couillard qui ont permis de mettre en place le REM pour ajouter un seuil minimal de contenu local de 25 %. Mais, à l’époque, la formation de M. Legault avait voté au côté des libéraux.

C’est finalement Alstom qui a reçu le contrat, sans aucune garantie minimale de contenu local québécois.

Avec des informations de Véronique Prince

Avec les informations de La Presse canadienne

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