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  • Archives
  • Le cidre du Québec : Un produit clandestin devenu signature

    Emballage de bouteilles dans une cidrerie, en 1971

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    Ces jours-ci, le Mondial des cidres célèbre le savoir-faire des cidriculteurs québécois. Saviez-vous que jusqu'en 1970, la vente du cidre était illégale au Québec? De nos archives, retracez la progression récente de cette industrie maintenant florissante.

    L’émission Les travaux et les jours du 17 octobre 1971 s’ouvre sur cette grande nouvelle pour les pomiculteurs. Pour une première année, une partie de leur récolte de pommes pourra être légalement dirigée vers la fabrication de cidre.

    Dans ce court extrait de l’émission, le journaliste Jean-Guy Roy explique que la loi 7 autorise désormais la fabrication et la vente du cidre québécois.

    Bien que maintenant légale, la fabrication de cidre n’est pas nouvelle au Québec. Les pomiculteurs en produisent de façon artisanale depuis des siècles.

    Pour Edmond Auclair, pomiculteur de Mont-Saint-Hilaire, c’est une tradition familiale qui remonte à trois générations. Il croit en la qualité de son cidre et a rempli officiellement une demande de permis afin de le commercialiser.

    Nous avons une grande clientèle à laquelle on sert du jus de pommes naturel. Je crois que ce n’est pas assez pour les garder en santé à l’année ronde. Ça prend quelque chose d’un peu plus fort!

    Edmond Auclair

    Une question se pose déjà : les artisans trouveront-ils leur place dans ce nouveau marché également investi par de grandes cidreries industrielles?

    La production industrielle du cidre

    La semaine verte, 27 novembre 1983

    Le 27 novembre 1983, ce reportage de La semaine verte dresse un portrait de la commercialisation du cidre, un peu plus de 10 ans après sa légalisation.

    Des 12 cidreries qui ont vu le jour avec cette loi, il n’est reste que trois. L’arrivée du cidre sur les tablettes a pourtant été accueillie avec enthousiasme par les Québécois. Dans les premières années, la progression des ventes a été impressionnante, atteignant un sommet de 5 millions de litres vendus en 1974. Puis est apparu le vin dans les épiceries, provoquant une chute de 50 % des ventes de cidre. En 1980, on parle de 1 million de litres de cidre vendus au Québec.

    Le cidre est associé à une boisson populaire, ce qui explique cette concurrence avec le vin d’épicerie. Les producteurs cherchent maintenant à se diversifier en développant des apéritifs, brandys et autres produits aromatisés. D’un cidre à haute teneur en alcool, une transition se fait aussi vers un cidre plus naturel, mais plus difficile à fabriquer.

    La semaine verte, 16 mai 1993

    Ce n’est pas parce qu’une région est propice à la pomiculture qu’on y fabriquera assurément du bon cidre.

    Yvon Leblanc

    À l’émission La Semaine verte du 16 mai 1993, l’animateur Yvon Leblanc fait un triste constat. Il considère que la fabrication commerciale du cidre a entraîné une désaffection des consommateurs pour ce produit, en plus de mener à la disparition du petit marché de la fabrication artisanale.

    Beaucoup d’espoir est fondé dans les cidriculteurs artisans pour redonner le goût « du bon cidre ». La journaliste Pascale Tremblay s’entretient avec le pomiculteur Michel Jodoin, qui fait partie de la dizaine d’artisans qui tentent de « refaire l’image du cidre ». Il s’est rendu en France pour apprendre les rudiments de la méthode champenoise qu’il applique à la fabrication de son cidre mousseux.

    Le salut du cidre de glace

    La cidriculture connaît un tournant à la fin des années 1990 alors qu’il se produit de plus en plus de cidres de grande qualité. C’est aussi au cours de cette période qu’est élaboré un produit qui deviendra une signature pour le Québec : le cidre de glace.

    La semaine verte, 7 mars 1999

    La fabrication du cidre de glace s’inspire des vins de glace européens. C’est toutefois le climat unique du Québec, avec son froid naturel, qui a permis son élaboration.

    Le cidre de glace étonne. Mis à part sa couleur ambrée et son goût liquoreux, il a certaines qualités bien à lui.

    Maxime Poiré

    À l’émission La semaine verte du 7 mars 1999, le journaliste Maxime Poiré s’intéresse à cette invention. Il suit Pierre Lafond, de la cidrerie Saint-Nicolas, qui a développé un procédé unique de pressage de la pomme avec des chercheurs de l’Université Laval.

    Quelques autres cidriculteurs se sont aussi penchés sur la fabrication de ce nouveau produit haut de gamme.

    Le journaliste se questionne : « Après des années pour le moins difficiles et malgré la lente reprise de la production cidricole au Québec, on peut se demander s’il y a un marché pour le cidre de glace ».

    On connaît la suite. L’engouement pour le cidre de glace a traversé les frontières, allant jusqu’à gagner de prestigieux prix à l’international.

    Il y a quelques années, des démarches ont aussi été entreprises pour protéger et certifier ce produit unique au terroir québécois. Le cidre de glace du Québec est à présent une appellation réservée avec la reconnaissance Indication géographique protégée (IGP).

    Que ce soit sous une déclinaison effervescente, tranquille ou de glace, on peut donc dire que le cidre québécois a aujourd’hui gagné ses lettres de noblesse.

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