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L'art à l'ère des robots : réfléchir aux enjeux de la création artificielle

Dans une image aux teintes de bleu et de noir se tient un regroupement de personnes souriantes.

Cette image applique un filtre développé par une intelligence artificielle.

Photo : Twitter / Element AI

Radio-Canada

Acceptera-t-on un jour que la musique, la poésie et la danse soient créées par des machines? Si un robot crée une toile, qui en détiendra les droits? L'arrivée de l'intelligence articifielle (AI) dans l'art soulève plusieurs enjeux éthiques nouveaux. En marge du colloque I.A.rt, qui se tenait jeudi à Montréal, artistes et chercheurs en AI souhaitent lancer une discussion sur le sujet.

Un texte d'Alix Villeneuve

L’arrivée de l’IA remet en question quelques fondements de l’art qui durent depuis des années, affirme la directrice de la programmation pour le partenariat du Quartier des spectacles, Pascale Daigle. La création artistique n'est plus seulement l'apanage des humains. À preuve cette toile peinte par une machine, qui a su reproduire le style des oeuvres du 16e et 19e siècle.

« On sait qu’essentiellement de l’art, c’est fait par des humains parce qu’il y a une dimension émotive. Comment une machine va-t-elle intégrer ça? (...) On sent qu’il y a tout un champ qui s’ouvre. À quelle condition, comment ça évolue, quelles sont les "bonnes pratiques" quand on utilise une intelligence artificielle? », lance-t-elle en guise de piste de réflexion.

Le Quartier des spectacles et Element AI, qui chapeautent le projet, invitent plusieurs acteurs artistiques, gouvernementaux, universitaires et entrepreneuriaux à se joindre au groupe de réflexion.

Effectuer des échanges directs entre artistes et développeurs permettra de mieux comprendre qu’est-ce que c’est que l’IA et de mieux définir les enjeux potentiels qui peuvent en découler, affirme pour sa part la directrice du groupe de recherche d’Element AI, Valérie Bécaert.

 En ce moment, le milieu artistique n’est peut-être pas au fait de c’est quoi, l’intelligence artificielle, on s’imagine des choses. Ce n'est que le tout début [de la réflexion.] 

Valérie Bécaert, directrice du groupe de recherche d’Element AI

Le groupe espère profiter de ces discussions afin d’ajouter les enjeux artistiques à la Déclaration de Montréal pour un développement responsable de l’intelligence artificielle.

L’IA dans l’art, une ressource infinie

Le colloque I.A.rt a aussi été l'occasion de présenter diverses innovations dans l'utilisation artistique de l'intelligence artificielle. Justement, l’image en couverture de cet article a été conçue à l’aide d’une IA.

Elle représente un regroupement de personnes venues observer leur image après l'application d'un filtre artistique. Le programme qui permet une telle chose est intitulé « Mur.Ai » et a été développé par les équipes d’Element AI à Montréal.

Pour faire la photo, leur programme s'est inspiré de l'oeuvre « Quai des arts », du collectif artistique « En Masse ».

Une peinture murale a déterminé le filtre appliqué par le programme d'Element AI.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Pour appliquer le style de l'artiste, l'intelligence artificielle a étudié un échantillon de l'oeuvre (à droite).

Photo : Element AI

Une fois qu’elle a assimilé le style, le programme est capable de l’appliquer en direct aux images captées par une caméra. Cette technique, dont l’idée a émergé dans un Hackathon, permet de générer une quantité industrielle d’œuvres différentes.

On a donné une image [à une intelligence artificielle], et on lui a donné quelques heures pour apprendre à peinturer comme le style de l’artiste

Katy Yam, directrice des communications d’Element IA

Une machine à bienveillance

Les algorithmes peuvent aussi être mis au service de l’art lorsque des artistes conçoivent une idée qui les exploite. C’est justement le cas de Marianne Prairie et Jonathan Bélisle, qui ont eu l’idée de recourir aux intelligences artificielles utilisées afin d’assurer la sécurité dans les aéroports.

« C’était utilisé pour détecter des gens mal intentionnés. Nous, on a essayé de trouver dans l’algorithme tout ce qu’il ne dit pas » explique Jonathan Bélisle. « On est alors capable d’y trouver la bienveillance », renchérit sa collègue.

Avec leur équipe Ensemble Ensemble, ils ont créé une « machine à bienveillance ». En acceptant de se faire analyser par des caméras, des utilisateurs pouvaient voir leur score de « gentillesse » apparaître à l’écran.

Une grosse caméra ainsi qu'un écran sont soutenus par une structure rose de forme pyramidale.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Pour se faire mesurer son taux de bienveillance, les passants devaient s'arrêter à cette structure de forme pyramidale.

Photo : Ensemble Ensemble

« [Les gens se demandaient] : "Heille la machine, elle me voit comment? Les gens autour de moi me voient comment?" », explique la conceptrice.

L’œuvre a été exposée cet été à la station de métro Saint-Laurent. Ses concepteurs n’excluent pas de l’exposer de nouveau à différents endroits.

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