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Des parents d'enfants assassinés réclament l'aide de Québec

Véronique Hivon devant un lutrin de l'Assemblée nationale.
La porte-parole du PQ en matière de Famille et de Justice, Véronique Hivon, entourée de parents de personnes assassinées ou disparues. Photo: Radio-Canada

Entourée de parents d'enfants assassinés, la porte-parole du Parti québécois (PQ) en matière de Famille et de Justice, Véronique Hivon, réclame un assouplissement des règles d'accessibilité au régime d'indemnisation des victimes d'actes criminels (IVAC).

Un texte de Yanick Cyr

« C’est une question de justice, de dignité et de compassion d’accompagner correctement ces gens-là », a déclaré Mme Hivon au cours d’une conférence de presse dans l’enceinte de l’Assemblée nationale à Québec. « Ces gens doivent se battre auprès de l’IVAC pour obtenir le soutien auquel ils devraient avoir droit. »

La directrice générale de l’Association de parents de personnes assassinées ou disparues, Nancy Roy, déplore que les parents de victimes ne soient pas considérés comme des victimes.

« Malheureusement, on leur dit qu’ils ne sont pas des victimes, qu’ils doivent prendre leurs économies pour assister au procès qui dure plusieurs semaines et se battre avec les assurances collectives, lorsqu’ils en ont », explique-t-elle.

J’ai vu des parents dormir dans leur voiture, d’autres se voir refuser le restaurant du palais de justice parce qu’ils avaient une boîte à lunch.

Nancy Roy

Mme Roy souligne que les « présumés assassins » ont pourtant droit à de l’aide psychologique et financière de même qu’à de la réinsertion sociale et professionnelle.

Les parents de victimes demandent à la ministre de la Justice Stéphanie Vallée :

  • Une aide financière aux familles lors des procès;
  • La reconnaissance du statut de victimes pour les familles afin qu’elles reçoivent de l’aide psychologique aussi longtemps qu’elles en ont besoin;
  • L’inclusion des familles de personnes assassinées hors des frontières québécoises dans la couverture de l'IVAC.

La mère d’Audrey Carey, assassinée à San Francisco le 3 octobre 2015, n’est pas reconnue comme une victime parce que sa fille a été tuée aux États-Unis.

« Je suis toujours sur une liste d’attente pour recevoir des services adéquats pour ce deuil traumatique », dénonce Isabelle Tremblay.

Ces parents n’ont pas demandé ce qui leur arrive. Ils ont perdu leur enfant par assassinat. Ils ne seront plus jamais les mêmes.

Nancy Roy

Des membres de la famille d’Éric Boudreau - le père de Daphnée Huard-Boudreau assassinée par son ex petit ami l’an dernier - ont dû vendre leur maison pour lui permettre de survivre. « On s’appauvrit de jour en jour », témoigne-t-il.

Les solutions existent

Les parents de personnes assassinées estiment que les 30 séances avec un psychologue offertes par l’IVAC sont insuffisantes.

« On nous dit qu’on est guéri et qu’on peut retourner au travail, mais on ne l’est pas, explique le père de Clémence Beaulieu-Patry, Luc Patry. « Ça prendrait plus que ça. En me levant le matin, je pense à ma fille qui ne sera plus jamais là. »

La mère de Gabrielle Dufresne-Hélie, assassinée le 7 juin 2014, a dû dépenser beaucoup d’argent pour assister au procès du présumé assassin de sa fille qui a duré près de 10 semaines. Elle devra revivre le même cauchemar puisque le jury n’a pas réussi à s’entendre sur un verdict.

Véronique Hivon soutient que le tout peut se régler très rapidement et pratiquement sans frais. La ministre n’a qu’à modifier les directives transmises à l’IVAC et retirer la mention du territoire québécois dans la loi pour inclure la famille endeuillée.

Elle souligne en outre que 40 millions de dollars dorment dans les coffres de l’IVAC alors que les mesures réclamées coûteraient un maximum trois millions de dollars.

On a amplement les moyens, au Québec, de répondre à cette demande-là.

Véronique Hivon

« Ces gens-là nous permettent d’avancer dans la reconnaissance des droits des victimes », a poursuivi Mme Hivon. « C’est avec des histoires aussi terribles que celles-là et des combats comme ceux qu’ils mènent qu’on réussit à sensibiliser les gouvernements. »

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