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Valérie Plante plaide pour la tarification sociale du transport collectif à la CMM

Valérie Plante devant un lutrin
La mairesse de Montréal, Valérie Plante, prononce son premier discours à la Communauté métropolitaine de Montréal. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Valérie Plante souhaite introduire à la grandeur de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) le principe de tarification sociale du transport en commun, soit la modulation des tarifs en fonction du revenu des usagers.

Un texte de Bernard Barbeau

La mairesse de Montréal a prononcé jeudi matin son tout premier discours à titre de présidente de la CMM, exposant des priorités qui n'avaient rien de surprenant : mobilité, habitation, développement économique et environnement.

Valérie Plante a appelé ses collègues de la CMM à « réaliser un changement de paradigme dans la planification du transport à l’échelle métropolitaine », la priorité sur laquelle elle a le plus insisté.

Elle a plaidé en faveur de la tarification sociale et a annoncé que la commission du transport de la CMM se lancerait sous peu dans une consultation à ce sujet.

La chef de Projet Montréal avait évoqué en campagne électorale, l'automne dernier, la possibilité d'offrir un rabais aux usagers à faible revenu, aux personnes retraitées et aux enfants. Mais elle n'a pas mentionné jeudi de quelle manière elle désirait adapter les tarifs.

Elle a aussi évoqué l'opposition apparente des préférences des différentes administrations, comme celles touchant le métro de Montréal : Longueuil demande le prolongement de la ligne jaune et Laval, celui de la ligne orange, tandis que les administrations de l'île désirent des prolongements vers l'est ou l'ouest ou encore l'avènement de la ligne rose.

J’entends les attentes qui s’expriment partout dans la région, que ce soit à Laval, dans la couronne nord, à Longueuil ou dans la couronne sud ou encore à Montréal. Nos besoins ne sont pas en opposition, ils sont complémentaires.

Valérie Plante, présidente de la CMM

Mme Plante a dit souhaiter faire passer la part modale du transport en commun en période de pointe du matin de 25 % à 35 % d’ici 2031. Elle entend donc militer en faveur de l’accélération des investissements en transport collectif.

Le président de la commission du transport de la CMM, le maire de Vaudreuil-Dorion Guy Pilon, est impatient de voir des projets importants se réaliser. Sa commission a déjà soumis en 2012 et en 2013 des rapports priorisant différents projets pour la CMM.

« C’est tombé pendant une période où il y a eu, je pense, quatre maires à Montréal et autant de maires à Laval. Et comme c’était le président et le vice-président [de la CMM], il n’y a rien qui a bougé. Là, on va recommencer à siéger, avec une variante dans le mandat, mais la base de tout ça, c’est de s’assurer qu’il y ait du concret qui sorte de ça. Sinon, les citoyens vont perdre confiance », a-t-il averti en entrevue.

« On est juste rendu 15 ans ou 16 ans en retard, tout simplement, sur d’autres régions en Amérique du Nord et même au Canada », a laissé tomber M. Pilon.

Valérie Plante s'est par ailleurs engagée devant la CMM :

  • à travailler pour assurer un partage équitable du financement de l’habitation sociale et abordable à l’échelle métropolitaine,
  • à poursuivre la mise en œuvre du Plan métropolitain de développement économique, qui vise une croissance annuelle moyenne de 2,3 % du PIB et un taux de chômage de 5,5 % (ce qui correspond au plein emploi) d’ici 2030,
  • à poursuivre la mise en œuvre du Plan métropolitain d’aménagement et de développement et ainsi de « contribuer à faire du Grand Montréal une région qui offre des milieux de vie durables ».

Bien que je sois consciente de la spécificité de chacun des territoires que nous représentons, nous devons travailler conjointement pour harmoniser nos réglementations environnementales afin d’assurer le même niveau de protection à nos concitoyens.

Valérie Plante, présidente de la CMM
Installations actuelles du Port de Montréal à Contrecoeur.Installations actuelles du Port de Montréal à Contrecoeur. Photo : Logistec

Expansion du Port de Montréal

Mme Plante a néanmoins appuyé le plan d'expansion du Port de Montréal : « Le projet de terminal à Contrecoeur permettra au Port [...] d'accroître ses activités et de rivaliser avec les grands ports américains. »

« Bien entendu, ce type de développement doit se faire dans le respect de l'environnement », a-t-elle souligné.

Le projet évalué à 750 millions de dollars prévoit la construction d'un quai de 675 mètres, d'une cour à conteneurs, d'une gare de triage et de huit grues.

L'agrandissement du site de Contrecoeur aura toutefois des coûts importants en matière environnementale : érosion des berges, destruction de milieux humides et impacts significatifs sur certains animaux, dont la rainette faux-grillon (une grenouille) et le chevalier cuivré (un poisson).

Une rainette faux-grillon, qu'une personne tient dans sa main.La rainette faux-grillon a la taille d'une pièce de 1 $ (2,5 centimètres). Photo : Radio-Canada / Courtoisie

4 millions de personnes

En étant élue mairesse de Montréal, Mme Plante est automatiquement devenue présidente de la CMM. Et en tant que maire de Laval et mairesse de Longueuil, Marc Demers et Sylvie Parent sont devenus ses vice-présidents – un poste que M. Demers occupait déjà.

Le territoire de la CMM compte 4 millions de personnes, soit près de la moitié de la population du Québec.

La CMM, qui réunit 82 municipalités, est un organisme de gestion régionale des services à la population dont la portée est cependant plus large que celle du conseil d'agglomération de Montréal, qui comprend les élus de Montréal et ceux des 15 villes défusionnées de l’île.

Valérie Plante fait déjà face à la grogne des maires de ces 15 villes, qui se sont tournés vers le ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, pour modifier les règles de gouvernance de l'agglomération. Ces élus se sentent impuissants, puisqu'ils disposent d'un poids politique très inférieur à celui de la Ville de Montréal, dont la population représente plus de 80 % de celle de l'île.

Ils sont sortis publiquement pour exprimer leur frustration, fin janvier, au lendemain de l'adoption du budget 2018 de la Ville de Montréal par le conseil municipal. Le budget, qui prévoit une hausse moyenne des quotes-parts de 5,3 % des villes défusionnées, a ensuite été approuvé par le conseil d'agglomération, même si les maires de ces 15 villes ont voté contre.

À cette occasion, Mme Plante s'est engagée à mieux collaborer à l'avenir avec ses collègues des villes voisines.

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