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Écrire sur soi : 5 choses à savoir avant de se lancer

Un enfant écrit
Photo: iStockphoto

Écrire sur soi peut être une catharsis, mais raconter son histoire est aussi un exercice d'humilité : après tout, on se met à nu devant un lecteur inconnu. Nous avons posé la question suivante aux finalistes et à la lauréate du Prix du récit Radio-Canada 2017 : « Quand on raconte une histoire vécue, où doit-on tracer la frontière entre quoi dire et quoi taire? » Voici le verdict!

On se plaint quelquefois des écrivains qui disent "moi". "Parlez-nous de nous", leur crie-t-on. Hélas! Quand je vous parle de moi, je vous parle de vous. Comment ne le sentez-vous pas? Ah! Insensé, qui crois que je ne suis pas toi!

Victor Hugo, préface des Contemplations

1. L’autobiographie est mon style préféré. J’aime voir ma vie comme celle de Hunter S. Thompson. J’aime les textes crus et vrais, et qui relèvent de la confession. (Mathieu Vincelette)

3. Si l'on a trop de pudeur ou que l'on craint de blesser son entourage, on peut tout simplement ne pas publier le fruit de son travail, le conserver pour soi. C'est ce que j'ai fait pendant longtemps. (Joan Sénéchal)

2. Le défi est venu quand je me suis demandé si j’étais prête à mettre une partie si intime de moi « sous les feux de la rampe ». J’ai fini par prendre mon courage à deux mains. Et voilà! Mais je ne mentionne pas de noms et quand je parle de quelque chose qui pourrait être considéré comme intime par les personnes qui m’entourent ou m’ont entourée, c’est toujours avec une immense tendresse. Je pense, j'espère que ça se sent. (Thérèse Yelle)

4. Je suis une éponge émotionnelle et factuelle. J'absorbe ce qui se passe autour de moi, chez des proches ou dans l'actualité. Puis, à force de méandres et de plissements, de chimie, de contacts transversaux, de fertilisations croisées, organiquement, des objets hybrides finissent par émerger, des idées, qui n'attendent que d'être saisies, taillées, polies et serties. (Christine Gonthier)

5. J’ai une bonne mémoire : au moment d’écrire, je me rappelais les informations factuelles. Il s’agissait surtout de tisser les fils ensemble et de les tendre, puis d’ignorer la colère sourde que je ressentais encore. (Sarah Walou)


Gros plan de l'auteure Sarah Walou, qui porte un piercing à la lèvreSarah Walou, lauréate du Prix du récit Radio-Canada 2017, écoute des comédiens lire un extrait de ses écrits. Photo : Radio-Canada / Christian Côté

Sarah Walou est originaire de Montréal et vit à New York, où elle termine un doctorat sur les représentations de la Scandinavie au Québec et sur l'identité québécoise à l'international. En 2017, elle a remporté le Prix du récit Radio-Canada pour son texte inédit Deux villages, qui raconte ses réactions face à l’attentat survenu à la mosquée de Québec en janvier 2017, et ses questionnements familiaux après le choc de la nouvelle.

L'auteure Christine GonthierL'auteure Christine Gonthier Photo : Karine Gonthier-Hyndman

Christine Gonthier est née à Rabat, au Maroc. Avec ses parents d'origines italienne, sicilienne, française et espagnole, et ses deux sœurs, elle a souvent changé de maison, de ville, de pays et d'école. En 2017, elle a été finaliste du Prix du récit Radio-Canada pour son texte inédit L'ogre, dans lequel une simple question en anglais mal comprise déclenche, chez une jeune immigrée francophone, un petit séisme intérieur, qui ébranle son identité et ses repères.

L'auteur Joan SénéchalL'auteur Joan Sénéchal Photo : Mathilde Manon

D'origine franco-hispano-catalano-corse, Joan Sénéchal a grandi à Toulouse, dans le sud de la France, et enseigne aujourd'hui la philosophie au Québec. En 2017, il a été finaliste du Prix du récit Radio-Canada pour son texte inédit Au bar de l'hôtel, l'autre voyageur, l'authentique (et comique) confession d'un globe-trotteur mégalomane rencontré dans un bar.

L'auteur Mathieu VinceletteL'auteur Mathieu Vincelette Photo : Mélanie Tellier

Mathieu Vincelette est originaire de Montréal, mais vit désormais à plus de 600 km au nord du cercle polaire et y travaille dans une mine. En 2017, il a été finaliste du Prix du récit Radio-Canada pour son texte inédit Porcelaine inuite, tiré de son expérience gastronomique sur l’île de Baffin, au Nunavut, parmi les aurores boréales et les ombles de l’Arctique.

L'auteure Thérèse YelleL'auteure Thérèse Yelle Photo : Émilie Caron

Thérèse Yelle est née en France, elle a grandi au Liban, qu'elle a dû fuir à cause de la guerre, et vit aujourd'hui entre Montréal et Victoriaville, entre études et famille. En 2017, elle a été finaliste du Prix du récit Radio-Canada pour son texte inédit Chroniques d'une odyssée enfantine, dans lequel deux amies, dans le printemps méditerranéen, combattent les forces du mal à grands coups d’imagination.


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