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Le partage des pourboires ne fait pas l’unanimité

Une serveuse de restaurant récupère un pourboire.

Une serveuse de restaurant récupère un pourboire.

Photo : iStock

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le partage des pourboires entre les serveurs et les cuisiniers suscite un débat dans l'industrie de la restauration. D'un côté, l'Association des restaurateurs du Québec demande à Québec de permettre le partage des pourboires entre les serveurs et les cuisiniers, de l'autre, la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) croit que les pourboires appartiennent aux serveurs qui les reçoivent.

Un texte d’Isabelle Damphousse

La Loi sur les normes du travail prévoit qu'un employeur n'a pas le droit d'imposer un partage des pourboires, mais ce genre de système ne peut être implanté qu'avec le consentement des employés.

Selon le propriétaire du restaurant Yin Yan à Rimouski, Yan Hallé, la qualité du service est désormais l’affaire de tous. Autant les cuisiniers que les serveurs participent à l’expérience du repas. Que ce soit dans la présentation des plats ou dans le service.

Tableau démontrant que le salaire moyen d'un serveur au Québec est de 27 $ de l'heure, incluant le pourboire, tandis que le salaire moyen d'un cuisinier est de 16 $ de l'heure.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La différence entre le salaire moyen des serveurs et des cuisiniers au Québec

Photo : Radio-Canada

« Ça pourrait, des fois, améliorer la façon dont les plats sont servis parce que les cuisiniers sont payés à salaire fixe, mais le fait d’avoir une grosse soirée, qu’ils sont dans le rush, ça leur permettrait d‘avoir un boni. »

Aux yeux du propriétaire de la Maison du Spaghetti et du Bistro de la Forge à Rimouski, Tommy Cloutier, cette réforme de la loi est nécessaire. Les propriétaires de restaurants devraient avoir la possibilité de partager les pourboires entre leurs employés.

Il y a une souplesse à avoir au niveau de cette réglementation. Le domaine de la restauration a évolué.

Tommy Cloutier, propriétaire de la Maison du Spaghetti et du Bistro de la Forge

Les deux propriétaires de restaurant s’entendent cependant sur un fait : la distribution des pourboires entre les employés ne sera pas une tâche facile pour les gestionnaires de restaurants.

« Il a beaucoup de choses à prendre en considération. Dans les petits restaurants, ça peut fonctionner, si on parle des restaurants de 200 à 300 places, ça va prendre un système de gestion pour gérer ça », pense Yan Hallé, du restaurant Yin Yan à Rimouski.

De plus, selon eux, la nouvelle loi doit s’assurer que l’argent des pourboires est bel et bien versé aux employés.

Mise en garde du syndicat de la FTQ

« On va se partager la misère », dit le président de la FTQ, Daniel Boyer.

Le syndicat, qui représente autant des serveurs que des cuisiniers, fait une mise en garde aux restaurateurs qui espèrent contrer le problème de recrutement de main-d’œuvre en partageant les pourboires.

Quand on gagne 15, 20, 25 000 $ par année et que je suis obligé d’en passer à mon collègue de travail parce qu’on a un problème de rétention de la main-d’œuvre, écoutez, il y a quelque chose qui ne marche pas.

Daniel Boyer, président de la FTQ

Selon M. Boyer, l'amélioration des conditions de travail et l’augmentation des salaires demeurent la meilleure façon d'attirer des travailleurs.

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