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Rendement de 9,3 % en 2017 pour la Caisse de dépôt et placement du Québec

Michael Sabia, président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

La Presse canadienne

Bien qu'elle ait réalisé sa meilleure performance en quatre ans grâce à un rendement de 9,3 %, la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) estime que les marchés sont plus fragiles, ce qui ouvre la porte à une correction.

Selon son président et chef de la direction, Michael Sabia, les gains boursiers des dernières années sont davantage attribuables aux prévisions plutôt qu'aux résultats concrets des entreprises, ce qui peut rendre les marchés plus vulnérables à une hausse inattendue des taux d'intérêt ou des risques géopolitiques.

Néanmoins, celui-ci estime que le portefeuille plus résilient de la Caisse ainsi que sa stratégie axée sur les résultats à long terme permettraient au bas de laine des Québécois de tirer profit d'une éventuelle correction boursière.

« Advenant une correction, et Dieu seul est capable de la prévoir, nous serons prêts », a-t-il expliqué, mercredi, au cours d'une conférence de presse visant à faire le point sur la performance de la CDPQ en 2017.

Contrairement à la crise financière de 2008, le gestionnaire de régimes de retraite a désormais de la flexibilité et les liquidités nécessaires pour profiter d'un repositionnement du marché, a fait valoir son grand patron.

M. Sabia a souligné le risque d'une augmentation plus accélérée des taux d'intérêt aux États-Unis afin d'atténuer les pressions inflationnistes.

De plus, estime-t-il, le Canada doit éviter une réaction impulsive à la baisse du taux d'imposition des sociétés américaines et continuer à agir raisonnablement dans le cadre des litiges commerciaux en vigueur avec son voisin du sud.

Je ne crois pas qu'il est urgent d'apporter des modifications au système fiscal canadien.

Michael Sabia, président de la CDPQ

Entrevue avec Michael Sabia, pdg de la Caisse de dépôt

Performance satisfaisante

Malgré des « marchés en transition » découlant d'une croissance mondiale synchronisée et des inquiétudes liées au resserrement des politiques monétaires en raison de craintes liées aux pressions inflationnistes, M. Sabia s'est montré satisfait du rendement de la dernière année, qui a dépassé d'un dixième de point de pourcentage l'indice de référence de 9,2 %.

Pour 2017, le portefeuille a réagi presque exactement comme prévu.

Michael Sabia

Sur un horizon de cinq ans, le rendement annualisé de l'institution s'est élevé à 10,2 %, ce qui, d'après M. Sabia, permet à l'institution d'atteindre ses objectifs à long terme.

En date du 31 décembre, l'actif net de la Caisse atteignait 298,5 milliards $, ce qui constitue une progression de 27,5 milliards $ sur un an.

Au total, deux des trois principales catégories d'actifs du gestionnaire de régimes de retraite ont dépassé leur indice de référence.

Le secteur des actions a progressé de 13,6 %, avec un résultat d'environ 17,6 milliards $, alors que l'indice de référence était de 13,3 %. Du côté du revenu fixe, la performance a été de 3,5 %, ou 3,1 milliards $, soit 0,7 % de plus que l'indice de référence.

En ce qui a trait au rendement des actifs réels – comme les immeubles et les infrastructures –, le rendement s'est établi à presque 4 milliards $, ou 8,7 %. Toutefois, l'indice de référence était fixé à 9 %.

Pour 2017, les rendements des déposants de la CDPQ, comme la Régie des rentes, les employés du secteur public et la Société de l'assurance automobile du Québec, ont oscillé entre 8 % et 10,9 %.

La Caisse dit avoir poursuivi sa diversification à l'international au cours des cinq dernières années grâce à de nouveaux investissements totalisant 105 milliards $. Au total, 190 milliards $ de son actif sont déployés à l'étranger.

Résultats financiers par secteur en 2017 : une progression de 3,5 % des revenus fixes, de 8,7 % des actifs réels, et de 13,6 % des actions.

Certains résultats de l'année 2017 de la CDPQ.

Photo : Radio-Canada

Croissance québécoise

Quant à sa présence au Québec, l'institution dit avoir procédé à des investissements de 6,7 milliards $ l'an dernier, pour faire passer à 63,4 milliards $ son empreinte sur l'économie de la province.

« Depuis trois ou quatre ans, nous avons complètement restructuré notre stratégie avec l'objectif de mettre un accent sur le secteur privé, a dit M. Sabia. Selon nous, c'est le moteur du développement économique et de la croissance. »

Environ deux milliards $ ont été investis par l'entremise de placements privés, dont 395 millions $ dans Cogeco Communications, 350 millions $ dans Alimentation Couche-Tard et 350 millions $ dans Osisko.

Par ailleurs, le premier vice-président Québec, Christian Dubé, a confirmé que la Caisse était en train d'évaluer ce qu'il adviendrait de sa participation dans la cimenterie de Ciment McInnis, inaugurée en septembre dernier et dont la facture a dépassé 1,5 milliard $.

« Il y a une douzaine de partenaires qui ont signé une entente de confidentialité », a-t-il dit, en réponse à une question.

M. Dubé a rappelé que l'objectif de la CDPQ n'était pas d'être l'exploitant d'une cimenterie.

Avant de prendre une décision, l'institution souhaite compléter la construction d'un terminal de distribution situé dans le Bronx, à New York, ce qui devrait être fait en juin.

Rendement annuel de la CDPQ :

  • 2017 : 9,3 %
  • 2016: 7,6 %
  • 2015: 9,1 %
  • 2014: 12 %
  • 2013: 13,1 %

Rendement sur cinq ans: 10,2 %

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