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La vérificatrice générale du Québec perd 70 employés en peu de temps; l'opposition s'inquiète

 Guylaine Leclerc, la vérificatrice générale du Québec.

La vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc, réclame plus de flexibilité financière pour éviter un exode de ses employés.

Photo : La Presse canadienne / Clement Allard

Radio-Canada

Une importante vague de départs au sein du personnel du Bureau du vérificateur général fait craindre que l'organisme du gouvernement du Québec ne soit plus en mesure de remplir son mandat, faute d'effectifs suffisants. La situation est dénoncée par le Parti québécois, mais aussi par la vérificatrice générale elle-même.

« Oui, la situation est préoccupante », estime d'emblée le député péquiste Nicolas Marceau, porte-parole de l'opposition officielle en matière de finances.

La semaine dernière, la vérificatrice générale (VG) Guylaine Leclerc a indiqué en commission parlementaire que depuis 2016, ce sont plus de 70 employés de son service qui ont quitté leur poste.

De ce nombre, seulement une poignée d'entre eux est partie à la retraite; les autres ont retrouvé du travail ailleurs au sein de l'appareil administratif québécois, ou sont plutôt passés au secteur privé.

« On est au seuil minimum pour réaliser nos mandats », a déclaré Mme Leclerc.

Mme Leclerc a toutefois ajouté qu'un sondage de satisfaction professionnelle effectué auprès des employés de son service avait permis d'obtenir la mention « Employeur remarquable ».

Au micro de Midi info, Nicolas Marceau a rappelé que le mandat du VG est « fondamental », soit celui de « jeter un éclairage objectif et non partisan sur l'état des finances publiques, sur différents projets qui sont menés à l'intérieur du gouvernement, et sur l'efficacité des actions gouvernementales ».

Pour le député péquiste, le Québec « n'a pas les moyens de se priver d'une expertise comme celle-là ». D'autant plus, dit-il, que des élections générales auront lieu le 1er octobre, et que le VG doit notamment brosser un portrait des finances publiques avant que les Québécois ne soient appelés aux urnes.

Selon M. Marceau, mais aussi selon Mme Leclerc, c'est la question de la rémunération qui représente la principale pierre d'achoppement lorsque vient le temps d'assurer la rétention des employés plus expérimentés.

« Ce ne serait pas nécessairement une question de dollars », a précisé M. Marceau, qui évoque plutôt une certaine « rigidité » dans le processus et dans la « capacité de rémunérer certaines catégories d'emplois ».

Le député plaide ainsi pour que la vérificatrice générale obtienne cette marge de manoeuvre, histoire d'amoindrir l'ampleur des problèmes, voire de les résoudre complètement.

Pas une question de compétence

Nicolas Marceau est formel : il ne s'agit pas de remettre en question les compétences du Bureau du vérificateur général. De fait, dit-il, le problème se retrouve aussi ailleurs au sein de la fonction publique québécoise.

Ingénieurs, comptables « très, très expérimentés »... autant d'exemples de professions, affirme M. Marceau, au sein desquelles il est difficile de recruter du personnel ou d'effectuer de la rétention d'employés à l'échelle de l'ensemble du gouvernement.

« Si la rémunération ou les conditions de travail du secteur privé » sont plus avantageuses, poursuit le député péquiste, « on n'arrivera pas à résoudre le problème ».

Ces problèmes de rémunération des employés très compétents et très expérimentés au sein de la fonction publique québécoise existent depuis de nombreuses années, ajoute le député péquiste.

« Le problème est exacerbé par la pénurie de main-d'oeuvre généralisée » que traverse actuellement la province, selon lui.

Quelle est la solution? En ce qui concerne la vérificatrice générale, Nicolas Marceau est d'avis qu'il faut accorder la flexibilité réclamée par Mme Leclerc en matière de rémunération.

« Il va falloir qu'on se pose des questions plus générales sur la rémunération au sein de l'État. »

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