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Cannabis : le secteur des transports veut pouvoir faire passer des tests aléatoires

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Un homme en tenue de pilote de l’aviation civile tient une casquette sous le bras.

Le nombre de vols commerciaux et de passagers double tous les 15 ans, mais la main-d’œuvre disponible pour ce secteur se contracte, selon l’OACI.

Photo : Reuters / Benoit Tessier

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

À quelques mois de la légalisation du cannabis, d'importants employeurs du domaine des transports reviennent à la charge et réclament plus d'outils pour prévenir les accidents. Ils demandent à Ottawa de faciliter le recours au dépistage aléatoire en milieu de travail. Un débat épineux entre sécurité et vie privée.

Un texte de Louis Blouin, correspondant parlementaire à Ottawa

Ils sont pilotes d'avion, conducteurs de locomotive et chauffeurs d'autobus. La moindre faute d'inattention derrière les commandes peut être tragique. « On veut s'assurer que la légalisation du cannabis n'aura pas d'impact sur la sécurité ferroviaire », affirme le président par intérim de l'Association des chemins de fer du Canada, Gérald Gauthier.

Un autre regroupement d'employeurs, FETCO, s'inquiète des effets du projet de loi libéral. Son directeur général, Derrick Hynes, craint que plus d'employés se présentent sous l'effet de la drogue au travail. Son regroupement représente notamment VIA Rail, Air Canada et Sunwing.

Les risques de blessures pour les employés et le public en général sont considérables.

Derrick Hynes, directeur général, FETCO

Les deux associations auraient aimé que le projet de loi du gouvernement Trudeau fixe des balises pour aider les employeurs à contrer la consommation en milieu de travail. « Pour nous, le milieu de travail, c'est souvent à bord de la locomotive », rappelle Gérald Gauthier.

Selon ces associations, Ottawa pourrait établir une limite d'intoxication en milieu de travail et recommander des appareils de détection approuvés. Surtout, elles voudraient un cadre pour permettre l'usage des tests aléatoires en milieu de travail et ainsi décourager la consommation de drogue et d'alcool.

« Il n'y a pas au Canada de loi ou de règlement qui traite des tests de dépistage aléatoires, contrairement aux États-Unis, où de telles mesures obligatoires existent. Ça s'est avéré très positif dans la réduction de la consommation », explique M. Gauthier.

Même le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) a suggéré d'instaurer un programme de dépistage aléatoire pour les pilotes au pays.

Cette recommandation a été faite après l'écrasement mortel d'un appareil de l'entreprise Carson Air en 2015 en Colombie-Britannique. Le commandant de bord avait consommé une grande quantité d'alcool et son taux d'alcoolémie était de 0,24 %.

L'exemple de Toronto

Un tramway circule sur la rue Spadina à Toronto.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un des nouveaux tramways à Toronto.

Photo : CBC / David Donnelly

La Commission de transport de Toronto (CTT) a pris les grands moyens après des accidents liés à la drogue. Depuis le printemps dernier, conducteurs, mécaniciens, gestionnaires ou toute personne qui a un rôle sur le plan de la sécurité peuvent subir un test aléatoire de dépistage de drogue ou d'alcool. En tout, 10 000 employés sont sujets à cette nouvelle politique, la première du genre au Canada.

C'est dans l'intérêt public de savoir si vous êtes apte au travail.

Brad Ross, porte-parole de la Commission de transport de Toronto

La CTT a dû défendre sa politique de tests aléatoires en cour et prouver qu'il y avait un problème de consommation existant dans son milieu de travail. La mesure fait toujours l'objet d'arbitrage avec le syndicat. Après quelques mois seulement, elle a donné des résultats.

Échecs à des tests de dépistage à la CTT (depuis mai 2017)

- Drogue : 25 (16 liés au cannabis )
- Alcool : 5
- Refus : 3

Source : Commission de transport de Toronto

Et la vie privée?

Ceux qui militent pour des mesures plus sévères se heurtent à la protection de la vie privée. Eugene Oscapella, avocat et professeur au Département de criminologie de l'Université d'Ottawa, croit que les vérifications aléatoires doivent demeurer exceptionnelles.

[Prélever] un échantillon de salive ou de sang, c'est intrusif. On doit avoir de très bonnes raisons pour le faire.

Eugene Oscapella, professeur de criminologie à l'Université d'Ottawa

Le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, croit que les interdictions et les remparts actuels sont suffisants. Il cite l'exemple de l'autosurveillance dans le milieu de l'aviation. « Par exemple, pour les pilotes ou les autres membres d'équipage, ça fait partie de leur travail de s'assurer que tous les membres de l'équipe sont aptes à faire leur travail », explique-t-il.

Le gouvernement Trudeau n'a pas l'intention pour l'instant de s'aventurer dans cet épineux débat.

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