•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’interférence russe et le silence de Donald Trump

Plan moyen du président américain, Donald Trump, à l'extérieur de la Maison-Blanche.

La justice américaine a inculpé 13 Russes et trois entités de Russie pour ingérence dans le processus politique américain et les élections remportées par Donald Trump en novembre 2016.

Photo : Reuters / Leah Millis

Christian Latreille

ANALYSE - Les Russes semblent bel et bien avoir tenté d’influencer l’élection présidentielle de novembre 2016. Les accusations portées par le FBI, vendredi, contre 13 individus et trois entités en Russie laissent très peu de place au doute.

Là où le doute persiste, c’est sur les intentions du président Trump d’éviter que de telles attaques se reproduisent. Donald Trump a pourtant la réputation de répliquer lorsqu’il est frappé.

Mais le bouillant président ne montre, pour l’instant, aucun désir de protéger sa démocratie contre de futures attaques même si les Américains viennent d’encaisser un dur coup.

Il semble également incapable de critiquer la Russie de Vladimir Poutine pour son interférence dans le système électoral américain.

Comment expliquer ce lourd silence du chef de la Maison-Blanche? Son premier commentaire, vendredi, a été de se féliciter de ne pas avoir été blâmé par l’enquête de Robert Mueller. Le président aurait tort de se réjouir trop vite. L’enquête n’est pas terminée.

Un silence qui soulève des questions

Depuis son entrée en politique, l’attitude complaisante du président Trump envers les Russes demeure une énigme. Certaines questions s’imposent.

Est-ce que Donald Trump refuse de blâmer publiquement la Russie parce qu’il sent qu’il lui doit sa victoire?

Le président s’empêche-t-il de répliquer aux Russes parce que ces derniers détiennent des informations compromettantes à son sujet?

Est-ce qu’admettre que la Russie a réussi un coup fumant viendrait diminuer son ascension à la présidence?

Chose certaine, le silence du président des États-Unis en inquiète plusieurs. Au premier chef, la communauté du renseignement américain dont le grand responsable, Daniel Coats, rappelait, récemment, que les Russes sont prêts à frapper à nouveau.

Les élections de mi-mandat, en novembre prochain, seraient leur prochaine cible. En l’absence de leadership du président Trump, la Maison-Blanche est divisée sur les mesures à prendre.

Certains blâment le président Obama de ne pas lui-même être intervenu dès 2014 alors que les Russes préparaient déjà leurs attaques contre la démocratie américaine.

Le Sénat, habituellement divisé, a adopté à 98 contre 2 des sanctions pour faire payer la Russie, mais l’administration Trump hésite encore à appliquer la punition.

Une étonnante timidité

L’acte d’accusation du procureur spécial Robert Mueller révèle le niveau de sophistication et la détermination des Russes à faire déraper la campagne d’Hillary Clinton.

Les États-Unis devraient en principe être sur un pied de guerre. Et en mode solution pour éviter ce type de sabotage.

Mais, le président fait preuve d’une étonnante timidité face à une puissance étrangère qui a réussi à contourner la CIA, le FBI et la NSA pour s’inviter dans la campagne présidentielle.

Si le président Trump est convaincu que lui et son équipe n’ont jamais aidé ni utilisé les Russes, il a à tout le moins, selon plusieurs, le devoir de protéger le système électoral américain. La réalité est que les États-Unis sont toujours vulnérables à une attaque.

L’absence d’une réplique ferme suggère que le commandant en chef des États-Unis semble plus préoccupé par son absolution que par son obligation à défendre le fonctionnement de la démocratie.

Politique américaine

International