•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les youtubeuses virtuelles, vedettes émergentes sur Internet

Kizuna AI est une youtubeuse virtuelle très populaire.

Un nouveau genre de vedette émerge de la plateforme YouTube : des personnages animés.

Photo : A.I.Channel / YouTube

Radio-Canada

De nouvelles vedettes font leur apparition sur YouTube et accumulent des millions de visionnements. Comment? En discutant de leur vie, en jouant à des jeux vidéo et en racontant des blagues. Mais ces jeunes femmes n'existent pas réellement : elles sont complètement virtuelles.

Un texte d'Alix Villeneuve, avec Le Monde

Ces nouvelles célébrités, presque toutes des femmes, sont en réalité des personnages animés japonais. Leurs expressions, mouvements et paroles sont animés et scénarisés par une actrice pour ensuite être reproduits par un avatar virtuel.

« On dit virtuel, mais au niveau de la production, ça reste un corps réel », explique la chargée de cours à l'Université du Québec à Montréal (UQAM) Sachiyo Kanzaki, qui s'intéresse à la culture japonaise.

Elles semblent bien avoir fait mouche auprès d’un public puisque leurs vidéos attirent de plus en plus de curieux – et, surtout, d'annonceurs. Leur charisme et leur popularité sont en partie puisés dans leur côté délicat. Leurs longs cheveux, leurs expressions enfantines et leur image d’adolescente sont typiques de la mode « moe », soit le mignon dans l'univers des animés japonais.

« D'abord, oui, ce sont de jeunes filles, mais de manière générale, l’apparence des Japonais apparaît très jeune aux yeux des Occidentaux. [Dans les animés], les enfants apparaissent aussi plus jeunes », souligne Sachiyo Kanzaki.

Comptant plus d’un million d’abonnés, la plus populaire de ces youtubeuses émergentes s'appelle Kizuna AI. Elle publie des vidéos presque tous les jours. Des sous-titres sont aussi disponibles en plusieurs langues, ce qui contribue à sa renommée internationale.

Dans cette vidéo, on peut la voir à l'œuvre en train de jouer à un jeu vidéo.

Parmi les autres vedettes virtuelles, mentionnons Mirai Akari (plus de 450 000 abonnés) ou Luna Kaguya, qui compte 500 000 fidèles et qui se distingue par ses oreilles de chat.

Ces étoiles virtuelles ne sont pas seulement cantonnées sur YouTube : certaines sont de véritables chanteuses. L'une d'entre elles, Hatsune Miku, se produit même en spectacle sur une vraie scène grâce à une production en imagerie 3D.

Bien qu'ils soient d’origine japonaise, ces personnages ne ciblent pas nécessairement un public nippon. Au pays du Soleil-Levant, elles ne sont pas toujours connues du grand public, fait remarquer Mme Kanzaki.

 Ce qui arrive souvent, ces temps-ci, c’est que quelqu’un devient connu à l’extérieur du Japon grâce à YouTube, [et ensuite] les médias japonais commencent à en parler. 

Sachiyo Kanzaki, chargée de cours à l'UQAM

Qui se cache derrière ces vidéos?

Si les personnages sont virtuels, les revenus, eux, sont bien réels. Comme c'est le cas pour chaque autre chaîne YouTube, des bénéfices sont générés grâce aux publicités en amont des vidéos. Parfois, des jeux vidéo ou d’autres produits sont testés en échange d’une rémunération. Cependant, avec l’anonymat derrière ces avatars virtuels, il est difficile de savoir non seulement qui produit ces vidéos, mais qui en retire des bénéfices.

Ce côté inconnu contribue aussi à donner une aura à ces célébrités virtuelles. Bien que tout le monde sache qu'il y a une actrice, la révéler détruirait la « magie » derrière ces personnages. « C’est comme de dire aux enfants que le père Noël n’existe pas! » compare Sachiyo Kanzaki.

Leurs revenus sont aussi durs à chiffrer. Le site Internet SocialBlade compile des statistiques de visionnement de différentes chaînes YouTube et tente ensuite d'en déterminer les revenus publicitaires. Il estime qu’avec sa popularité, la chaîne de Kizuna AI peut atteindre des gains de 3000 $ par jour.

Internet

Techno